Accord sur le financement des transports en Île-de-France, le passe Navigo n'augmentera pas

Accord sur le financement des transports en Île-de-France, le passe Navigo n'augmentera pas
Une bouche de métro à Paris, le 15 avril 2020.

, publié le mercredi 09 septembre 2020 à 08h10

La présidente d'Île-de-France Mobilités Valérie Pécresse a annoncé mardi à l'AFP avoir signé un accord avec le gouvernement pour compenser les pertes de recettes liées au Covid-19. 




"C'est un moment historique. Le plan de sauvetage des transports a été signé entre Île-de-France Mobilités (IDFM) et l'Etat", s'est félicité mardi 8 septembre Valérie Pécresse, la présidente de l'autorité qui gère les transports en région parisienne.

"On a frôlé la catastrophe, donc c'est un immense soulagement", a-t-elle précisé auprès de l'AFP, rappelant que les négociations avaient été âpres avec l'exécutif.

Mme Pécresse, également présidente (ex-LR) de la région Île-de-France, qui évalue à 2,6 milliards d'euros le trou creusé par la pandémie de Covid-19 dans le budget des transports en commun de la région, apellait l'Etat à l'aide depuis le printemps, qui proposait de compenser seulement de 425 millions d'euros. Une somme insuffisante, à laquelle Valérie Pécresse avait répondu en arrêtant de payer la SNCF et la RATP et une menace d'augmenter fortement le prix du passe Navigo. 

"Les voyageurs ne seront pas appelés à payer le prix de la crise Covid, et nous ne freineront aucun des nombreux projets d'investissement que nous avons dans les transports. (...) Nous ne baisserons pas non plus l'offre de transport", a-t-elle souligné mardi soir. 

La crise gérée, place à la relance

"On a signé un accord de compensation intégrale des pertes de recettes"
, a insisté l'élue. L'Etat versera à l'autorité régionale des transports une subvention pour couvrir entre 80 et 100% les pertes du "versement mobilité" (une taxe sur la masse salariale des entreprises de plus de 11 personnes), estimées à 1 milliard d'euros. Pour le gros des 1,6 milliard d'euros de pertes de recettes voyageurs, soit 1,44 milliard hors TVA, et un éventuel reliquat du manque à gagner pour le "versement mobilité", le gouvernement accordera une avance remboursable de 1,1 à 1,4 milliard. 

"On a obtenu qu'elle soit à taux zéro, et elle sera remboursée sur 16 ans et de matière progressive. On a calculé les échéances de remboursement en fonction de nos prévisions de reconstitution de nos recettes", a détaillé Mme Pécresse. RATP et SNCF prendront aussi en charge 10% de ces pertes dans le cadre du contrat qui les lie à IDFM, a-t-elle ajouté. Cet accord va permettre à l'autorité régionale de reprendre les paiements aux deux opérateurs qui avaient été suspendus début juillet, a remarqué l'élue (Libres!).

Compte tenu des incertitudes sur le front sanitaire, l'Etat et IDFM ont prévu "une clause de revoyure en 2021 et 2022 si la crise devait se poursuivre", a précisé Valérie Pécresse.

La présidente d'IDFM va maintenant travailler sur son propre plan de relance, citant comme priorités un système de pilotage automatique pour les RER B et D, la poursuite du prolongement du RER E à l'ouest, et des projets de tramways et bus en site propre. "Il fallait sauver les transports avant de les relancer. (...) On va avoir des chiffres triannuels d'investissements de l'Etat en Ile-de-France qui seront très élevés", et plus élevés que les 673 millions d'euros annoncés jeudi par le gouvernement, a-t-elle déjà annoncé.

L'opposition pas satisfaite

"L'essentiel est que les usagers n'aient rien à payer mais la faiblesse du soutien de l'Etat aux transports du quotidien demeure hallucinante", a dénoncé Emmanuelle Cosse, du groupe Ecologistes et progressistes au conseil régional d'IDF.

"Deux tiers de l'accord est une avance remboursable... donc après 2020 et après les régionales ... il faudra donc rembourser entre 1,1 et 1,4 Mds €. Par une hausse des tarifs ? Par une baisse des investissements ? Beaucoup d'affichage alors que ce n'est que ponctuellement réglé", a ajouté Céline Malaisé, du groupe Front de gauche.

"Valérie Pécresse repousse à après mars 2021 la gestion de la dette hors bilan. (...) Valérie Pécresse la stratégie du coup d'éclat permanent !!!", s'est de son côté insurgé sur Twitter François Damerval (groupe Alternative écologiste et sociale. 

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