A un an du référendum, la Nouvelle-Calédonie traversée d'incertitudes

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 Des électeurs dans un bureau de vote à Nouméa, capitale de Nouvelle-Calédonie, lors de l'élection présidentielle française, le 23 avril 2017

Des électeurs dans un bureau de vote à Nouméa, capitale de Nouvelle-Calédonie, lors de l'élection présidentielle française, le 23 avril 2017

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© AFP, Douglas CURRAN
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AFP, publié le mercredi 29 novembre 2017 à 08h35

A moins d'un an du référendum d'autodétermination, l'incertitude domine en Nouvelle-Calédonie où les querelles politiques, le repli de l'économie et la hausse de la délinquance renforcent les interrogations sur l'avenir du territoire.

Depuis le 31 août, le gouvernement collégial de cet archipel très autonome en est réduit à expédier les affaires courantes, faute d'entente entre ses membres pour élire un président.

Le blocage est dû aux dissensions au sein de la droite non-indépendantiste (6 membres sur 11) et au refus des indépendantistes de jouer les arbitres.

Des discussions sont en cours depuis quelques jours et pourraient aboutir à une sortie de crise juste à temps pour l'arrivée du Premier ministre Edouard Philippe samedi à Nouméa.

Cette instabilité institutionnelle concourt en Nouvelle-Calédonie à renforcer les inquiétudes alors que dans moins d'un an les électeurs seront appelés à se prononcer pour ou contre l'indépendance, comme le prévoit l'accord de Nouméa (1998) et que l'après-référendum reste très flou.

"C'est le bazar, rien ne bouge mais on a des dossiers colossaux sur les bras", assène David Meyer, secrétaire général de la Fédération des fonctionnaires, citant en premier lieu le déficit abyssal du RUAMM (Régime unifié d'assurance maladie-maternité) ou la lutte contre la vie chère.

"Même si on a un gouvernement, je n'ai pas le sentiment qu'en 2018, ils (les élus, ndlr) voudront engager des discussions de fond sur notre système économique et social", poursuit-il.

Actuellement toutes les collectivités sont condamnées à l'austérité et l'administration fiscale prévoit un recul de 5% de ses recettes.

A la Chambre de commerce et d'industrie, sa présidente Jennifer Seagoe observe que "depuis environ trois mois", elle entend des adhérents faire "des comparaisons entre la période actuelle et celle des années 1980", en allusion à la quasi guerre civile entre pro- et anti-indépendantistes, qui a débouché sur les accords de Matignon (1988) puis celui de Nouméa (1998).

Après plusieurs années d'euphorie, portée par les investissements publics et ceux dans l'industrie du nickel, l'économie calédonienne atterrit, mettant en lumière sa trop grande dépendance aux revenus de la mine, ses réformes insuffisantes et l'échec de sa diversification dans le tourisme, l'agriculture ou l'économie bleue.

Toutefois, précise Mme Seagoe, "le monde économique est paradoxal: certes la commande publique a quasiment disparu mais des indices comme les crédits immobiliers, l'investissement des entreprises ou leurs anticipations d'activité pour 2018 sont globalement bien orientés".

- Banalisation de la violence -

Une autre source d'inquiétude vient de la montée de la délinquance des mineurs, qu'alimentent un échec scolaire massif, notamment chez les Océaniens, une consommation d'alcool excessive et de cannabis, et des difficultés à concilier mode de vie moderne et traditionnel.

Le quart des faits de délinquance sont imputables aux moins de 18 ans et chaque week-end apporte son lot de bagarres, de dégradations et d'agressions dans une île où "la violence a tendance à se banaliser", d'après les forces de police et de gendarmerie.

Chaque année, entre 600 et 700 élèves décrochent, selon des estimations, mais les chiffres sont en voie d'être réactualisés et selon un cadre de l'enseignement, "le volume pourrait être largement supérieur".

Depuis 1988, priorité a été donnée au développement économique et à la construction d'équipements publics, parfois au détriment des enjeux sociaux.

"Qu'en est-il du rééquilibrage socio-culturel ? On vit dans un pays où 52% de la population a moins de 35 ans mais il n'y a pas de prise en compte de l'avis de cette jeunesse dans l'élaboration des politiques publiques", déplore Pierre Wélépa, consultant en ingéniérie des politiques publiques.

 
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