A son procès, Réda Kriket conteste une dernière fois tout projet d'attentat jihadiste

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Croquis d'audience au procès de Réda Kriket (g, 2e g, c) et d'Abderrahmane Ameuroud (en haut et bas à droite), le 8 mars 2021 à Paris
Croquis d'audience au procès de Réda Kriket (g, 2e g, c) et d'Abderrahmane Ameuroud (en haut et bas à droite), le 8 mars 2021 à Paris
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© AFP, Benoit PEYRUCQ

publié le vendredi 09 avril 2021 à 11h02

"Mon intention n'était pas de tuer des gens": accusé d'avoir projeté un attentat jihadiste en 2016, Réda Kriket a contesté de nouveau vendredi les faits, au dernier jour de son procès devant la cour d'assises spéciale de Paris. 

"Je n'avais aucune intention de faire un attentat, ni d'aider à faire un attentat", a déclaré l'accusé de 39 ans dans ses derniers mots à la cour, avant qu'elle ne se retire pour délibérer. 

"Après un mois de procès, il y a un peu de vérité qui est sortie hier (jeudi)", lors des plaidoiries de la défense, a estimé l'ex-délinquant, cheveux bruns coupés courts et fine barbe noire sous son masque. 

"C'est important que le monde le sache. (...) Mon intention était de faire du banditisme", a encore clamé Réda Kriket, qui a également toujours nié s'être radicalisé et être parti en Syrie. 

Mardi, le parquet national antiterroriste (Pnat) a requis à son encontre la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d'une période de sûreté de 22 ans.  

La même peine a été demandée contre deux de ses coaccusés, Anis Bahri et Abderrahmane Ameuroud, présentés avec Réda Kriket comme "le trio à la manoeuvre" de cette attaque qui "s'annonçait meurtrière", "en lien avec l'Etat islamique". 

Le 24 mars 2016, deux jours après les attentats de Bruxelles, la police avait saisi dans un logement à Argenteuil (Val-d'Oise), loué sous un faux nom depuis l'été 2015 par Réda Kriket, treize armes dont cinq fusils d'assaut, une quantité de munitions, des explosifs et des milliers de billes métalliques. 

Les profils génétiques des trois principaux accusés, tous trois acquis aux "thèses jihadistes" selon l'accusation, avaient été mis en évidence dans l'appartement. 

Après la "retentissante" interpellation de Réda Kriket, Anis Bahri avait été arrêté à Rotterdam et Abderrahmane Ameuroud à Bruxelles. 

L'enquête à tiroirs et aux ramifications européennes avait débuté en novembre 2015 avec l'interpellation en Turquie de deux hommes, sur le point de se rendre en Syrie selon les autorités. 

Les enquêteurs étaient remontés jusqu'à Anis Bahri puis Réda Kriket, alors recherché en Belgique après une condamnation en son absence dans un dossier terroriste.

La défense a tancé jeudi les "fausses évidences" de ce dossier, appuyant sur ses zones d'ombres. 

Cinq ans après le démantèlement de la "cellule d'Argenteuil", son éventuelle cible demeure inconnue. 

Au total, sept accusés sont jugés depuis le 8 mars pour association de malfaiteurs terroriste criminelle, dont cinq en état de récidive légale, encourant de ce fait la réclusion criminelle à perpétuité. 

Contre les quatre autres accusés, soupçonnés de soutien logistique, le Pnat a requis des peines allant de quatre ans à treize ans de prison. 

Verdict attendu en fin d'après-midi.

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