A Saint-Denis, l'arrivée du "violeur des parkings" fait polémique

A Saint-Denis, l'arrivée du "violeur des parkings" fait polémique
La mairie de Saint-Denis, le 6 avril 2018.

publié le jeudi 05 août 2021 à 12h44

Auteur d'une vingtaine de viols dans les années 1980 et 2000, Patric Trémeau s'est installé à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) après sa libération en juin dernier, au grand dam des habitants. "On a pris la ville de Saint-Denis pour une poubelle", s'indigne notamment le maire.

"Il n'y a pas de raison qu'à Saint-Denis, on récupère des gens comme ça", s'insurge sur BFMTV une habitante.

Comme beaucoup d'autres habitants, cette Dyonisienne s'inquiète de l'emménagement dans sa ville de Patrick Trémeau, aussi surnommé le "violeur des parkings".  



L'ancien plombier de 57 ans est sorti de prison en juin dernier. Il avait été condamné une première fois condamné en 1987 à sept ans de prison pour viol sous menace d'une arme commis dans le Val-de-Marne, puis à 16 ans de réclusion en 1998 à Paris pour 11 viols et deux tentatives, commis entre 1993 et 1995. Il avait été de nouveau condamné en février 2009 à 20 ans de réclusion pour trois viols commis à sa sortie de prison en mai 2005.

Patrick Trémeau, que le président Nicolas Sarkozy avait qualifié en 2012 de "monstre", a bénéficié de réductions de peines automatiques et est désormais placé sous surveillance à l'aide d'un bracelet électronique de géolocalisation en temps réel, générant des alarmes en cas de non-respect des horaires ou des zones géographiques interdites.

Après Coulommiers, direction Saint-Denis

A sa sortie de prison, l'association Arapej (Association réflexion action prison et justice) a loué pour lui un appartement à Coulommiers (Seine-et-Marne) pour l'aider dans sa réinsertion. Mais des riverains et la maire Laurence Picard s'y sont opposés. A son arrivée, une dizaine d'élus bloquaient l'accès de l'immeuble. "Je ne suis pas fière, je suis même gênée d'avoir dû faire ça, car je sais que ce n'est pas quelque chose à faire de s'opposer à une décision de justice (...) Mais il était de ma responsabilité de protéger mes concitoyens. Cet immeuble n'était clairement pas adapté pour lui. Il y a des femmes seules qui y logent et qui ont le profil de ses victimes. Et je savais que s'il entrait dans ce logement c'était fini", explique l'édile Agir au Parisien. 


Direction donc Saint-Denis, où l'ancien détenu s'est vu proposer un logement à la mi-juillet. Une arrivée discrète mais qui suscite une nouvelle fois la polémique. "Nous ne parlerons pas du cas de Patrick Trémeau. Cet homme a écopé de plusieurs peines de prison et la justice a donc pu s'exercer à l'encontre des crimes qu'il a commis par le passé",  indiquait lundi 2 août le cabinet du maire, Mathieu Hanotin, au Parisien. 

Mais quelques jours plus tard, l'édile PS se montre beaucoup plus virulent. "J'ai appris lundi par voie de presse le placement de M. Patrick Trémeau dans notre ville. A la suite de cela, j'ai adressé un courrier au Garde des Sceaux afin de demander un rendez-vous en urgence pour trouver une solution alternative à son installation à Saint-Denis", tweete-t-il mercredi 4 août. 



"Je m'interroge sur le choix de Saint-Denis, commune limitrophe de Paris, ville dans laquelle Monsieur Trémeau est interdit d'accès. Je suis d'autant plus perplexe que notre commune connaît de nombreuses difficultés, un nombre important de parkings non sécurisés et un manque patent de moyen pour assurer la sécurité de toutes et tous", écrit-il. "J'ajoute que cette sortie de prison et ce projet de 'réinsertion' dans notre ville ont été orchestrés sans aucun lien avec mes services", déplore-t-il. 

"Dans ces conditions, il m'apparaît impossible d'envisager l'établissement pérenne de Monsieur Trémeau dans notre ville", conclut-il. "On a pris la ville de Saint-Denis pour une poubelle", s'indigne-t-il également sur BFMTV

Interrogé dans les colonnes du Parisien, l'avocat de Patrick Trémeau, Me Henri Leclerc, se dit "indigné et profondément choqué par le comportement des élus et de certains représentants de la loi qui donnent des informations sur un détenu, son identité." "Il faut lui permettre de se réinsérer, ou alors il fallait le condamner à la perpétuité", estime-t-il.

La Chancellerie a de son côté fait savoir à BFMTV qu'elle avait bien reçu la lettre de l'élu, et qu'elle y répondra "comme elle répond à tous les courriers".

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