À quoi vont ressembler les futures retraites ?

À quoi vont ressembler les futures retraites ?
Aujourd'hui, la durée de cotisation obligatoire est de 43 ans.

, publié le jeudi 31 mai 2018 à 17h00

Le gouvernement lance, ce jeudi 31 mai, une grande consultation publique avant l'examen de la réforme des retraites, une promesse de campagne d'Emmanuel Macron.

À partir de ce jeudi 31 mai, les Français sont invités à réfléchir à la future réforme des retraites. À l'occasion, une grande concertation publique a été lancée et durera jusqu'à fin 2018.

Le site participez.reforme-retraite.gouv.fr propose ainsi de voter pour ou contre les "constats" et les "solutions" émises sur une dizaine de thèmes. Même si le projet de loi ne sera présenté en Conseil des ministres qu'en 2019 et que la réforme ne sera applicable qu'à partir de 2025, Jean-Paul Delevoye, haut-commissaire à la réforme des retraites, a détaillé les prémices de son projet dans les colonnes du Parisien. À quoi va ressembler la future retraite ?



La généralisation du système par points
Emmanuel Macron l'avait promis pendant sa campagne, désormais, tout le monde sera logé à la même enseigne. Le système par points, qui existe déjà pour tous les régimes complémentaires français, mais aussi en Italie et en Suède, est "plus lisible, plus juste et adapté à la société de demain", selon Jean-Paul Delevoy. Une personne en activité accumulera un certain nombre de points durant sa carrière. Au moment de la retraite, ces points seront convertis en pension dont le montant dépendra de la durée de cotisations et de la "valeur du point", qui sera déterminée par l'État. "Le revenu donnera un droit à points, vous aurez une portabilité des droits quels que soient le type d'employeur et le secteur. L'objectif est qu'à carrière identique, revenu identique, la retraite soit identique", a expliqué Jean-Paul Delevoye au Parisien.

"Le système par points s'appuiera uniquement sur la durée totale de carrière avec des règles identiques pour tous", a expliqué le haut-commissaire à la réforme des retraites à nos confrères. Le chef du chantier des retraites voudrait mettre fin aux inégalités privé-public : "Aujourd'hui, si vous avez un parcours dans la fonction publique ou dans le privé, vous n'avez pas la même retraite. Cela concourt à un sentiment d'inégalités profondes dans la société française", a-t-il justifié.

La fin de la durée de cotisation
Un autre point sensible va être étudié par le gouvernement. Ce dernier souhaite mettre fin à la durée de cotisation obligatoire, qui est aujourd'hui de 43 ans. "Dans un système à points, la notion de durée disparaît. C'est votre nombre de points qui vous permet un arbitrage personnel : j'ai assez de points, ma retraite me paraît suffisante, donc je pars. A l'inverse, je n'ai pas assez de points, je reste", a justifié Jean-Paul Delevoye.
À l'inverse, la réforme prévoit de maintenir l'âge minimum de départ à la retraite, c'est-à-dire 62 ans : "Nous avons besoin de garder un seuil en dessous duquel ils ne peuvent pas partir pour éviter que cela pèse sur la solidarité nationale", a-t-il détaillé.

Les 42 régimes spéciaux étudiés
Les situations des 42 régimes, dit "spéciaux", seront étudiées au "deuxième semestre" : "Mon rôle sera de dire comment on justifie une différence, visant à donner des points supplémentaires à certains et pas à d'autres, et comment on accélère les convergences quand c'est possible", a expliqué Jean-Paul Delevoye.

Une dimension sociale
Le haut-commissaire à la réforme des retraites l'affirme, la réforme "maintiendra et consolidera les solidarités". "Cela concerne les droits familiaux, la majoration pour enfants, les périodes d'invalidité, les séquences de chômage, les minima de pension et la pension de réversion. Cela représente aujourd'hui 20 % du volume des retraites, soit 60 milliards d'euros", a-t-il détaillé. Jean-Paul Delevoye veut également se pencher sur les "métiers d'ubérisation" souvent accompagnés "de faibles rémunérations et sans droits".

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