À quel point les rivières françaises sont-elles polluées ?

À quel point les rivières françaises sont-elles polluées ?
(Photo d'illustration)

publié le vendredi 22 octobre 2021 à 13h27

Selon deux études communes de l'Institut national de l'environnement industriel et des risques (Ineris) et de l'office français de la biodiversité (OFB), les rivières françaises étudiées sont polluées par des détergents, insecticides, herbicides et médicaments, avec des impacts possibles sur les milieux naturels et la santé humaine.

Faut-il s'inquiéter pour nos rivières ? L'Institut national de l'environnement industriel et des risques (Ineris) et de l'office français de la biodiversité (OFB) publient cette semaine les résultats de deux exercices de surveillance de nouvelles substances à l'échelle nationale qui confortent le constat de la présence à large échelle de résidus chimiques de produits de grande consommation dans les milieux aquatiques.




Les chercheurs ont évalué les concentrations de 141 contaminants organiques sur 1.600 sites sur des rivières françaises entre 2016 et 2018. Il en ressort que "la grande majorité (122) ne présentait pas de dépassement de seuils écotoxicologiques, ou de façon exceptionnelle sur un nombre limité de sites (moins de 5% des sites)", selon un communiqué commun.

Pour autant, "pour les 19 contaminants restants, des impacts chroniques ou des effets sub-létaux sur les populations aquatiques ne peuvent pas être exclus". "Ces contaminants sont essentiellement des résidus de détergents (jusqu'à 95% des sites avec dépassement des seuils), d'insecticides (jusque 40%), d'herbicides (jusque 25%) ou de médicaments (jusque 20%)", précise le communiqué. "Sur quelques sites très contaminés, les concentrations de certains composés (résidus de détergents ou de biocides) peuvent dépasser de 10, voire 100 fois les valeurs de seuils d'impact chronique, laissant augurer de possibles impacts aigus sur la biodiversité locale", mettent en garde l'Ineris et l'OFB.

Ces substances peuvent provenir d'usages domestiques, de l'industrie, de l'agriculture ou des transports et peuvent se retrouver dans la nature via les rejets des stations de traitement des eaux usées ou le lessivage des sols agricoles ou urbains par les pluies.

Ces substances dites micropolluants "sont connues ou suspectées pour leurs effets néfastes sur la santé humaine ou sur les écosystèmes à très faible concentrations", précise le communiqué. 
 

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