A Panazol, la base LR exhorte ses chefs à s'entendre

Chargement en cours
Christian Jacob, Nicolas Florian, Guillaume Guérin et  François Baroin à Panazol près de Limoges, le 4 juin 2021
Christian Jacob, Nicolas Florian, Guillaume Guérin et François Baroin à Panazol près de Limoges, le 4 juin 2021
1/3
© AFP, PASCAL LACHENAUD

publié le vendredi 04 juin 2021 à 22h13

"Le problème, c'est qu'ils ne s'entendent pas": à Panazol près de Limoges, où LR célébrait vendredi l'héritage chiraquien, sympathisants et militants du parti disent leur désarroi après une succession de crises à l'approche de la présidentielle de 2022.

Ici aussi le psychodrame en Paca a laissé des traces: "C'est pas sain", assure Raymond, 79 ans, "un peu surpris" quand il a pris connaissance d'un possible soutien de LREM au LR Renaud Muselier.

"Ca doit en troubler quelques uns ailleurs aussi", ajoute-t-il, quelques minutes avant le début du meeting en plein air organisé, malgré la pluie, pour soutenir le candidat LR aux régionales en Nouvelle-Aquitaine, Nicolas Florian.

"Leur problème c'est la mésentente", ajoute cet adhérent de LR, en disant ses doutes pour 2022: "Je ne sais pas s'ils vont y arriver...". 

Et s'il souhaite une candidature de l'ex-LR Xavier Bertrand, qui a déjà déclaré ses ambitions pour l'Elysée, il n'est "pas sûr qu'il sera soutenu dans son camp".

"Ca part dans toutes les directions", soupire Claire, 71 ans, qui regrette que les différentes polémiques ces dernières semaines "fragilisent le parti au niveau national", alors que les Républicains se sont déchirés récemment sur leur stratégie en région Paca mais aussi sur les propos très droitiers de son numéro 2, Guillaume Peltier.

Claire aussi juge qu"il faudrait qu'ils arrivent à s'entendre" car "la droite peut gagner si elle se serre les coudes", alors qu'une partie semble tiraillée aujourd'hui entre rejoindre Emmanuel Macron et la tentation d'un vote plus à droite.

"J'ai toujours été attachée à de Gaulle, à Chirac, je n'y trouve pas toujours mon compte aujourd'hui. J'ai peur qu'ils ne soient pas au deuxième tour", ajoute cette sympathisante qui "voyait bien Baroin, même s'il ne veut pas y aller".

Le président de l'Association des maires de France faisait lors de ce meeting sa première sortie de campagne pour les régionales, aux côtés du président de LR Christian Jacob, devant environ 200 personnes.

- "Plus personne" -

A l'abri sous un arbre, Béatrice ne cache pas son désarroi: "C'est dramatique. Cette fois encore, c'est pas LR qui va passer...". 

"On a foiré avec Fillon et on refait les mêmes erreurs", ajoute cette sympathisante qui ne décolère pas contre les prises de positions intempestives des uns et des autres.

"J'ai très peur que le parti explose", explique la sexagénaire pour qui "Macron est très fort, il a nettoyé le PS, maintenant il lui reste LR".

"C'est moche. Le problème aussi, c'est que personne ne perce. Là ils vont taper sur Bertrand, il paraît que Sarko se moque de lui parce qu'il était assureur... On n'a pas de chef." 

"Mais si Xavier Bertrand part, on n'a plus personne", ajoute son mari Jean-François. 

Quel que soit le candidat retenu, ils l'assurent cependant: "On votera pour".

"Je connais plein de gens qui disent, à gauche comme à droite: +cette fois c'est Marine (Le Pen)+", se désole Béatrice pour qui les médias ont une responsabilité: "Toutes ces infos sur la violence, la délinquance... Elle n'a pas besoin de bouger, on lui apporte tout sur un plateau".

Ce meeting écourté par la pluie était l'occasion pour les chiraquiens de réaffirmer leur unité, avec notamment l'inauguration d'une place Jacques Chirac en face de la mairie.

Venu pour le dévoilement de la plaque par Claude Chirac, la fille du défunt président, René, 78 ans, estime qu'il faudrait un "général" à la tête du pays. Et se dit convaincu par Xavier Bertrand qu'il juge "le plus à la hauteur".

Christelle, 67 ans, a récemment pris sa carte chez LR par "adhésion aux valeurs" du parti. Mais pour elle, "il faudrait désigner le candidat plus vite: tant qu'on n'en aura pas, on se fera taper dessus".

Vos réactions doivent respecter nos CGU.