A Mantes-la-Ville, le FN à petits pas

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 Le maire FN de Mantes-la-jolie,  Cyril Nauth, le 31 mars 2014

Le maire FN de Mantes-la-jolie, Cyril Nauth, le 31 mars 2014

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© AFP, Fred DUFOUR
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AFP, publié le samedi 30 décembre 2017 à 09h51

Seul maire FN d'Ile-de-France, Cyril Nauth se targue de gérer Mantes-la-Ville (Yvelines) en "bon père de famille" depuis 2014. "La ville se meurt", dénonce au contraire l'opposition, alors que des habitants évoquent une "stigmatisation" des citoyens de confession musulmane.

Issue d'une quadrangulaire au second tour, à 61 voix près, son élection en avril 2014 a été un "quasi-miracle", reconnaît ce professeur d'histoire-géo de 36 ans que personne n'attendait dans cette commune populaire de 20.000 âmes à 50 km de Paris, tenue par la gauche depuis plus d'un demi-siècle.

S'il se défend de toute "idéologie", M. Nauth a fait enlever en début de mandat le drapeau européen de la mairie, retiré locaux et subventions à la Ligue des droits de l'Homme (LDH), trop "politisée" à son goût, et fait voter une motion "Commune sans migrants" à sa majorité.

Depuis, il fait peu parler de lui, hormis pour son opposition à un projet de salle de prière musulmane initié par la maire précédente. Bataille perdue devant les tribunaux.

Dans son vaste bureau en cette fin d'année, il se félicite d'avoir "redressé les finances" sans augmenter la fiscalité, et d'avoir "développé la police municipale".

A ce satisfecit, l'opposition a répliqué dans un tract, jugeant ce début de mandat "totalement destructeur pour les services à la population" et "stérile en matière de projets".

Les associations ont perdu 45,8% de subventions depuis 2013, affirme Éric Visintainer (DVD). Le FC Mantois, club de foot de National 2 qui accueille beaucoup de jeunes des quartiers populaires, n'est plus financé par la ville, tout comme une importante association de médiation dans les quartiers.

Le maire a aussi réduit les effectifs communaux de 30%, notamment dans les Centres de vie sociale, souligne l'opposition. La ville "se vide de sa substance", résume Annette Peulvast-Bergeal, ex-maire DVG.

Pour Romain Carbonne, ex-candidat de gauche aux législatives et porte-parole d'un collectif citoyen, le maire a "une gestion comptable".

"Il n'y a plus de politique jeunesse, la politique de l'enfance s'est vraiment détérioriée et pour la politique sociale, c'est le chaos total", se désole Diambéré Dembele, médiateur jeunesse du département.

- "Acharnement" -

Abdelaziz El Jaouhari, président de l'association qui a porté le projet de mosquée, déplore un "acharnement" du maire qui "a englouti des moyens humains et financiers" pour "défendre un positionnement personnel".

A son arrivée, le parti d'extrême droite "a essayé de diviser les Mantevillois" en prenant appui sur les Identitaires, mais "on n'a pas répondu aux provocations, le tissu social a résisté", se félicite-t-il.

Aux critiques, M. Nauth répond "intérêt général", et veut démontrer l'attractivité de sa commune par l'augmentation de la population. Pour la mosquée, il estime être au moins "parvenu à démontrer (sa) bonne foi".

La commune ne faisait jusqu'en 2014 "pas partie des communes les plus frontistes", analyse Jérôme Fourquet, directeur du département Opinions à l'Ifop. Il constate cependant une "porosité avec la droite locale", un électorat "très sensible à la question de l'insécurité" notamment, alors que Mantes-la-Ville jouxte "Mantes-la-Jolie, théâtre récurrent de violences urbaines, et Magnanville", où un couple de policiers a été assassiné en 2016 par un jihadiste.

"L'enracinement n'est pas en béton armé", ajoute-t-il, citant le score de Marine Le Pen au second tour de la présidentielle: 32% (contre 33,9% au niveau national).

Dans les rues, les habitants sont partagés. "Je ne me plains pas" du nouveau maire, dit Ghislaine, une retraitée qui se félicite que les impôts n'aient "pas augmenté".

Avec la baisse des subventions, pour "ceux qui ont moins les moyens, c'est du système D", déplore Kamel. Selon lui, le maire n'a pas été "correct envers la communauté musulmane, qu'il a stigmatisée". Chouaib, un fidèle de 35 ans, dit lui aussi s'être senti "discriminé, visé".

"On l'avait à l'oeil au début mais, finalement, il ne me gêne pas ce monsieur-là", lance Nicole, 70 ans, une électrice de droite qui n'exclut pas de voter pour lui.

"Il va finir son mandat et il va dégager", jure Salim, 36 ans, pour qui le maire n'était en 2014 qu'un "choix par défaut".

 
205 commentaires - A Mantes-la-Ville, le FN à petits pas
  • s'il a été élu là, c'est bien pour faire ce que lui reprochent les autres...et les autres maires devraient s'en inspirer pour couper les subsides de toutes ces associations pourries.

  • Je ne suis ni pour ni contre, je ne le connais pas mais, en ce qui concerne les subventions, j'approuve sa politique car il s'agit d'argent public, celui des contribuables, qui n'a pas à acheter des électeurs ou à financer des associations à l'intérêt discutable.

  • On connait la gestion frontiste: beaucoup de com, peu d'actions efficaces et durables et quelques gesticulations
    et coups éclat pour faire le buzz.

    La seule raison pour laquelle on parle de cette commune de 20 000 habitant dans laquelle il ne se passe rien d'extraordinaire c'est parce qu'elle est FN.
    Comme si aucune mairie n'avait auparavant supprimé les subv d'associations pour x raison que ce soit.

    Bien sûr que c'est problématique pour les personnes que ça impactent mais toutes les communes de 20 000 habitants où cela a lieu ne font pas l'objet d'article dans les media.

    En outre le FN en parle comme si i s'agissait d'un actes de gestion spectaculaire alors que ça a du faire économiser au bas mot quelques centaines d'euros à la mairie peut être un millier. Rien qui permet d'investir quoi que ce soit.

    Il serait s intéressant de savoir si il y a eu de nouvelles entreprises qui se sont crées sur le territoire, si les services publics sont satisfaisants (éducation, transports, culture etc.)

    L'attractivité d'une commune ne se mesure pas uniquement quantitativement. Il faut aussi savoir quels acteurs socio économique la commune attire.

    Tout ce qu'on a c'est du brassage de vent qui nous dit strictement rien concernant la situation de cette commune.
    si ce n'est qu'il y a des gens qui en sont contents et d'autres qui n'en sont pas contents.

    Et là est tout le métier du FN faire de la com' avec du vide ou quasiment rien.

    Pour ce qui est de la com'...Vous confondez avec les "macronistes" !!!

    il est des chiffres qui ne mentent pas
    ceux du budget de la commune , le taux d'endettement par habitant que l'on peut comparer à ceux des villes de taille identique
    ainsi après 5 mandats successifs orange a un taux d'endettement de zéro euros par habitant tout en ne bénéficiant pas de subventions ni du département , ni de la région pour ses investissements

  • Ceux qui se plaignent sont ceux (ou leurs enfants) qui ,pour la plupart, ont bénéficié de la loi sur le regroupement familial de 1974 instaurée par giscard président et chirac premier ministre.

  • la France de demain sera les marrons contre les blancs et cela tot ou tard ! ce sont les politiciens de gauche et les patrons qui les ont installes en France !

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