A Mont-de-Marsan, des milliers de manifestants contre l'interdiction de chasses traditionnelles

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Manifestation pour la chasse à la glu à Prades le 12 septembre 2020
Manifestation pour la chasse à la glu à Prades le 12 septembre 2020
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© AFP, RAYMOND ROIG

publié le samedi 18 septembre 2021 à 10h36

Au moins 13.000 personnes ont pris le départ samedi matin à Mont-de-Marsan d'une manifestation pour défendre les chasses traditionnelles d'oiseaux, jugées illégales par le Conseil d'Etat, et un "monde rural menacé".

Plusieurs autres cortèges sont prévus ailleurs en France.

Au son de bandas, de cornes de brume et de pétards, une marée orange fluo -la couleur des vestes des chasseurs- s'est élancée des Arènes du Plumaçon, haut lieu de la corrida, pour une boucle de 4 kilomètres autour du centre-ville passant notamment devant la préfecture des Landes.

Les organisateurs, qui attendaient près de 200 bus venus principalement de Nouvelle-Aquitaine et d'Occitanie, ont estimé à 20.000 le nombre de participants à un "grand rassemblement pacifique" de ceux -chasseurs, pêcheurs, syndicats agricoles, associations culturelles etc- "qui partagent les valeurs de la culture rurale".

La préfecture a fait état de la présence de 13.000 personnes avant le début de la manifestation.

"J'en ai marre de voir ma culture partir en lambeaux. On a déjà éradiqué ma langue, le gascon, maintenant ce sont les chasses traditionnelles, à l'alouette, la palombe...", déplore Eric, 47 ans, "un peu chasseur et peu pêcheur", venu en voisin de Grenade (Landes) et qui en a assez des "talibans du Paristan", en référence aux "idéologues de la capitale".

Descendu de Charente-Maritime, Xavier, président d'une association de chasse, est venu défendre "le monde de la ruralité" et "tous les modes de chasses", même si lui ne pratique pas de chasses traditionnelles d'oiseaux. 

Dans le cortège coloré, où peu de personnes étaient masquées, quelques bergers landais en échasse et des jeunes habillés en torero, ainsi que des pancartes hostiles à Barbara Pompili, ministre de la Transition écologique accusée d'être "anti-chasse".

D'autres rassemblements sont prévus à Caen (Calvados), Orléans (Loiret), Charleville-Mézières (Ardennes), Redon (Ille-et-Vilaine), Forcalquier (Alpes-de-Haute-Provence) et Amiens, fief électoral de Mme Pompili.

En août, le Conseil d'Etat a jugé plusieurs techniques de chasse avec des filets (pantes, tenderies) ou des cages (matoles) contraires à la directive européenne "oiseaux" de 2009, qui interdit les techniques de capture massive d'oiseaux sans distinction des espèces capturées.

Dans la semaine, le gouvernement a toutefois mis en consultation plusieurs arrêtés pour ré-autoriser certaines de ces chasses, au grand dam des défenseurs de l'environnement. Une mesure interprétée comme un geste envers cet électorat très courtisé.

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