4e vague de Covid-19 : l'Institut Pasteur plus optimiste grâce au pass sanitaire et à l'accélération de la vaccination

4e vague de Covid-19 : l'Institut Pasteur plus optimiste grâce au pass sanitaire et à l'accélération de la vaccination
(Photo d'illustration)

publié le mercredi 28 juillet 2021 à 12h34

Une accélération de la vaccination de 500.000 à 700.000 doses quotidiennes associée à la mise en place de gestes barrières et du pass sanitaire permettrait de réduire le pic d'hospitalisations quotidiennes de 4.800 jusqu'à 1.200, selon l'Institut Pasteur. Des chiffres qui restent toutefois alarmants.

La stratégie sanitaire du gouvernement offre des perspectives plus optimistes sur la quatrième vague de l'épidémie de Covid-19 en France, estime l'Institut Pasteur.

Dans son précédent rapport publié le 9 juillet, le centre de recherche anticipait qu'avec 500.000 doses de vaccin administrés chaque jour, un taux de reproduction (R) du variant Delta établi à 2 et une adhésion vaccinale de 30% chez les 12-17 ans, 70% chez les 18-59 ans et 90% chez les 60 ans et plus, 4.800 nouveaux patients seraient admis quotidiennement à l'hôpital au pic de la quatrième vague. 

Mais le 12 juillet, Emmanuel Macron a annoncé de nouvelles mesures pour faire face à la reprise de l'épidémie, notamment l'obligation vaccinale des soignants et l'extension du pass sanitaire. Des mesures adoptées en début de semaine par le Parlement et qui ont provoqué une ruée des Français sur la vaccination. Actuellement, plus de 50% de la population française est complètement vaccinée et le gouvernement table désormais sur 50 millions de primo-vaccinés fin août, contre 40 millions initialement. Une évolution qui a poussé l'Institut Pasteur à revoir ses modélisations. 

La réduction du R est primordiale

Dans son rapport du 26 juillet, le centre de recherche prévoit plusieurs scénarios où le nombre de doses administrées chaque jour se situe entre 500.000 et 800.000, où l'adhésion vaccinale progresse dans toutes les tranches d'âges étudiés et où le taux de reproduction du variant reste stable ou diminue jusqu'à 1-5 "du fait de mesures non-pharmaceutiques, comme le renforcement des gestes barrières, la mise en place du pass sanitaire et le port du masque". De nombreux départements ont effet réimposé le port du masque à l'extérieur pour faire face à l'épidémie.



Sans réduction du R lié à un renforcement des mesures non-pharmarceutiques mais avec une accélération de la vaccination, avec 700.000 doses distribuées quotidiennement et une adhésion vaccinale de 30% chez les 12-17 ans, 90% chez les 18-59 ans et 95% chez les plus de 60 ans, l'Institut Pasteur anticipe un pic non plus à 4.800 hospitalisations journalières mais 2.500. "Cela se traduit néanmoins par un niveau d'occupation des soins critiques qui reste élevé (5.400 et 7.200 lits de soins critiques pour une durée de séjour en soins critiques de 10 et 14.6 jours, respectivement)", préviennent les chercheurs.

Dans ce contexte, "une réduction du taux de transmission grâce à des mesures non pharmaceutiques reste donc importante pour limiter l'impact de la vague sur le système hospitalier", insistent ainsi les auteurs de ce rapport, en précisant que "même de petites réductions peuvent avoir un impact important". En effet, si le R effectif du virus passait de 2 à 1,8, le pic des admissions à l'hôpital passerait à 1.800 par jour au pic de la quatrième vague, et s'il diminuait à 1,5, les nouvelles hospitalisations quotidiennes passeraient à 1.200. 

Le pic prévu en septembre

Le pass sanitaire est-il la solution ? "Son effet est difficile à anticiper. Tout dépend de sa mise en œuvre", estime le modélisateur Simon Cauchemez, également membre du Conseil scientifique, au Monde. "On est à la croisée des chemins. Le fait qu'on soit passé de 2.000 à 20.000 (cas positifs par jour) en très peu de temps est un signal très inquiétant. Il va falloir suivre la situation de très près dans les jours et les semaines qui viennent pour voir si on réussit à casser cette dynamique", estime-t-il.

L'Institut Pasteur insiste ainsi sur la nécessité de poursuivre l'accélération de la vaccination et du maintien des gestes barrières, du port du masque, et du pass sanitaire afin de limiter l'ampleur de cette quatrième vague dont le pic est prévu pour septembre "dans la majorité des scénarios", "avec une pression sur le système hospitalier qui peut devenir importante dès le mois d'août dans les scénarios les moins favorables".


 

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