40 stars s'engagent contre les cancers gynécologiques

40 stars s'engagent contre les cancers gynécologiques
Gwendoline Hamon, qui a perdu sa mère d'un cancer de l'utérus, fait partie des nombreuses stars à se mobiliser.

leparisien.fr, publié le lundi 07 mai 2018 à 22h21

Une grande campagne débute ce mardi pour inciter les femmes à consulter plus souvent. Gwendoline Hamon, Bérengère Krief et Catherine Jacob nous confient les raisons de leur mobilisation.

Elle sait sa maladie taboue, délicate et mal connue. Alors, en cette journée contre le cancer de l'ovaire, Marie-Christine participera à une marche de sensibilisation organisée ce mardi à Paris*. « Il faut faire de la prévention », insiste l'enseignante de 60 ans, diagnostiquée il y a deux ans.

Pour soutenir la cause des patientes comme Marie-Christine, une quarantaine d'artistes femmes, as du micro, du petit ou du grand écran, s'engagent au nom de l'association Imagyn dans une campagne baptisée « stars, sexe et gynéco ».

Sur un même clip, à retrouver sur notre site Internet, sont ainsi réunies Géraldine Nakache, Florence Loiret-Caille, Valérie Damidot, Aure Atika, Hélène Darroze, le groupe LEJ, Marie-Claude Pietragalla... 40 stars qui évoquent leur « pompon », « hérisson », « craquette », « chiffounette » et autre « Origine du monde », cela prête forcément à sourire.

Mais qu'on ne s'y trompe pas, derrière l'apparente légèreté, il y a la gravité de maladies touchant des femmes de tout âge. Objectif : parler et faire parler des cancers gynécologiques (col de l'utérus, endomètre, ovaire) qui attaquent 14 000 femmes par an.

Malgré une polémique sur les réseaux sociaux (lire ci-dessous) concernant la fréquence à laquelle il faut consulter, leur message de prévention doit être entendu.

« Pourquoi un tel tabou ? »

Gwendoline Hamon, 47 ans, comédienne Gwendoline Hamon a perdu sa mère à cause d'un cancer de l'utérus. Masante Patrice/Pixel Press/ABACA

La comédienne Gwendoline Hamon, 47 ans, flamboyante héroïne de la série télévisée « Cassandre », ne le sait que trop bien, elle dont la mère s'est éteinte d'un cancer de l'utérus. « Je l'ai trouvée un matin à moitié morte, elle était dans le déni total, nous confie-t-elle. Elle n'avait pas vu de gynéco depuis des années. Je crois que la honte a pris le dessus sur les soins. » Parce qu'elle se définit comme une « grande gueule », qu'elle parle librement du papillomavirus qui sommeille en elle et de la palpation mammaire qu'elle a faite il y a cinq jours, Gwendoline Hamon, marraine de l'association Imagyn, est « au taquet comme jamais » : « Pourquoi un tel tabou ? Pourquoi ces cancers dégoûtent ? Il n'y a rien d'anormal à parler de cet endroit, lieu du plaisir et de la vie. Certaines femmes se soignent mal ou n'en parlent pas à leur mari de peur de leur réaction, de ne plus être touchée. Cette affaire, c'est l'affaire de tous ! J'en parlerai d'ailleurs avec mon fils qui a 14 ans ».

« Pas d'âge pour se surveiller »

Catherine Jacob, 61 ans, comédienne Catherine Jacob s'inquiète du nombre de femmes qui ne consultent plus leur gynéco après la ménopause. LP/Frédéric Dugit

Catherine Jacob, nous le dit d'emblée, elle est contrariée. « Je trouve ça effarant qu'on aborde si peu ces cancers, que des milliers de femmes en pâtissent, que notre initiative soit critiquée. Mais autant être claire : notre clip, ce n'est pas une déconne sur la foufounette, on cause cancer alors on ne lâchera rien », souffle l'actrice, inoubliable dans « La vie est un long fleuve tranquille ». A 61 ans, Catherine Jacob est préoccupée par le nombre de femmes qui arrêtent de consulter leur gynécologue après la ménopause. « Le gynéco, ce n'est pas pour les femmes en âge de procréer, c'est pour les femmes en vie ! Il n'y a pas d'âge pour se surveiller. Il faut inciter encore et encore à se préoccuper de soi et de sa santé. »

« Mettre sur scène la féminité à l'honneur »

Bérengère Krief, 35 ans, humoriste Bérengère Krief pointe du doigt la solitude des femmes face aux problèmes de l'intime. LP/Frédéric Dugit

Bérengère Krief le concède, avant cette campagne, elle ne connaissait pas les chiffres des cancers gynéco. « C'est très perturbant », note, entre deux répétitions, l'humoriste de 35 ans. « Ce clip valorise les femmes, pas les comédiennes. Il montre qu'on est toutes égales et souvent, bien seules face aux problèmes de l'intime. Il est important de sortir de cette solitude et de ce tabou qui nous suit toute notre vie. Une copine humoriste a dit un jour : Demander un tampon c'est comme demander de la cocaïne. Elle a raison ! » Son ordonnance : « parler des petits et grands tracas féminins comme on parlerait d'un rhume ». Son prochain spectacle, promet-elle, mettra d'ailleurs « la féminité à l'honneur ».

Quand faut-il consulter ?

« Ben, une fois par an », hausse les épaules Aure Atika. L'injonction des 40 stars de procéder chaque année à une consultation gynécologique n'est pas du goût de tous les professionnels, ni de Martin Winckler. L'auteur du « Chœur des femmes » s'est fendu d'une mise au point sur Twitter. « Il n'y a pas à l'heure actuelle de validité à donner à ce conseil », tranche-t-il, avant d'étriller l'association Imagyn qui donnerait des préconisations (dont l'échographie pelvienne dès la puberté), « ambiguës et incohérentes ».

« Je suis peinée de cette polémique, répond Gwendoline Hamon. Nous ne disons pas qu'il faut faire un frottis par an mais d'aller voir son médecin pour faire le point avec lui, aborder les sujets qui tracassent ».

Président d'honneur de la Société française de gynécologie, Patrice Lopes confirme qu'« il n'y a pas de preuve scientifique qu'il est mieux d'aller voir son gynéco une fois l'an, une fois tous les deux ans... » mais le professeur veut surtout voir le message très « utile » des personnalités. « C'est très important quand on sait que 40 % des femmes ne font pas de frottis régulier et qu'après 50 ans, elles désertent les consultations ». Il préconise un rendez-vous de suivi par an et rappelle que le frottis doit se pratiquer tous les trois ans à partir de 25 ans et une mammographie de dépistage du cancer du sein tous les deux ans, de 50 à 74 ans.

*Marche organisée mardi 8 mai, départ 17 heures de l'avenue Charles-Risler, Paris (VIIe).

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