30 ans de réclusion criminelle pour Jacques Rançon

30 ans de réclusion criminelle pour Jacques Rançon
Jacques Rançon lors de son procès aux assises.

publié le samedi 12 juin 2021 à 18h40

Cette condamnation est assortie d'une peine de sûreté de 20 ans.


La cour d'assises de la Somme jugeait Jacques Rançon pour le viol et le meurtre d'Isabelle Mesnage durant l'été 1986. Les jurés ont suivi les réquisitions de l'avocate générale à l'encontre de l'ancien cariste-magasinier de 61 ans, déjà condamné en 2018 à la réclusion à perpétuité pour les viols et meurtres de deux femmes près de la gare de Perpignan en 1997 et 1998.

"Dans la tête de Jacques Rançon, tout est sexuel, une sexualité violente", avait lancé l'avocate générale Anne-Laure Sandretto lors de ses réquisitions, au cinquième et dernier jour de ce procès.

Jacques Rançon avait avoué en 2019 avoir violé Isabelle Mesnage, une informaticienne de 20 ans retrouvée morte à la lisière d'un bois près d'Amiens, l'avoir étranglée, puis avoir découpé son sexe et ses seins pour effacer son ADN. Il avait répété ses aveux devant le juge d'instruction, avant de se rétracter par courrier.

"Pas très surpris"

"Nous ne sommes pas très surpris. Le délibéré a quand même duré plus de quatre heures. Dans un dossier pareil, c'est une petite victoire car cela démontre que le verdict a été discuté", a réagi Me Gérald Brivet-Galaup, son avocat, qui avait plaidé l'acquittement. "La logique voudrait qu'il fasse appel", a-t-il précisé. 

Me Didier Seban, avocat des parties civiles, a lui fait part de sa "satisfaction" avec "l'idée que la justice est enfin rendue dans une affaire qui a aujourd'hui 35 ans".


Samedi matin, Anne-Laure Sandretto a dressé le portrait d'un homme "en béton armé qui n'a aucune vibration émotionnelle", "insondable", "taiseux" et "dangereux", passant "d'une vie banale à une vie d'horreur quand il est déchainé par ses pulsions".

Devant un accusé impassible, la tête baissée dans son box, elle a détaillé la liste des "charges", notamment le lieu des faits, "terrain de chasse" de Jacques Rançon, proche de son domicile de l'époque, un endroit qu'il "connait parfaitement" et où il a "déjà fait deux victimes connues".

L'avocate générale a également relevé la "concordance" entre la disparition d'Isabelle Mesnage et l'emploi du temps de l'accusé ce jour-là. Quant au "mode opératoire", elle a rappelé la "similitude des blessures" infligées à Isabelle Mesnage, Moktaria Chaïb et Marie-Hélène Gonzalez, les deux victimes de Perpignan.

 

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