2020 : les grands procès des attaques terroristes aux assises

2020 : les grands procès des attaques terroristes aux assises
2020 sera marquée par les procès des attaques terroristes aux assises (illustration).

, publié le lundi 30 décembre 2019 à 14h05

L'année judiciaire 2020 verra l'épilogue du dossier Mediator et la comparution de l'ex-Premier ministre François Fillon, mais sera surtout marquée au printemps par le procès des tueries jihadistes de janvier 2015. 
 
Le 7 janvier 2015, les frères Chérif et Saïd Kouachi, des islamistes radicaux, tuaient 12 personnes dans l'attaque de la rédaction de l'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo avant de prendre la fuite. Le lendemain, Amédy Coulibaly, délinquant multirécidiviste radicalisé, abattait une policière municipale à Montrouge, près de Paris.

Le 9 janvier, il tuait quatre hommes, tous juifs, lors d'une prise d'otages au magasin Hyper Cacher, dans l'Est parisien. Coulibaly a été tué dans l'épicerie cacher lors de l'assaut policier. Comme peu avant, les frères Kouachi dans l'imprimerie où ils s'étaient retranchés.




Dans ces affaires, quatorze personnes seront jugées - dont trois par défaut - devant la cour d'assises spéciale de Paris du 4 mai au 10 juillet. Le principal accusé est le Franco-Turc Ali Riza Polat, mis en cause pour son rôle central dans les préparatifs des attentats, en particulier la fourniture de l'arsenal utilisé par le trio terroriste.

C'est la première fois depuis la tuerie du jihadiste toulousain Mohamed Merah en 2012 que des crimes de cette ampleur touchent la France, visant notamment un journal satirique pour ses caricatures du prophète et des clients juifs d'une épicerie cacher. Le jihad s'installe sur le sol français. Depuis, les attaques jihadistes ont fait au total 251 morts dans le pays, du Bataclan à la promenade des Anglais de Nice. Après le temps de l'enquête, l'audience "Charlie Hebdo" inaugure le temps des grands procès terroristes aux assises.

Début 2020, les assises spéciales de Paris auront à juger, du 6 au 17 janvier, 24 personnes dont 20 sont en fuite ou présumées mortes - parmi lesquelles les frères Belhoucine, dont l'aîné est considéré comme le mentor d'Amédy Coulibaly, et du 20 au 24 janvier, Mourad Farès, ancienne figure du recrutement de jihadistes francophones en Syrie. 

Les dates d'autres grands procès ont été fixées en 2020, n voici la liste : 

► Le père Bernard Peynat, le 13 janvier

Le père Bernard Preynat, visé par des accusations d'abus sexuels sur de jeunes scouts qui ont par effet de ricochet mené au retentissant procès du cardinal Barbarin, comparaît en correctionnelle à Lyon face à dix de ses accusateurs. 

► Lamine Diack, le 13 janvier

 Le Procès de l'ex-patron de l'athlétisme mondial (IAAF), le Sénégalais Lamine Diack, et de son fils, tous deux soupçonnés d'être au cœur d'un système de corruption pour couvrir des cas de dopage d'athlètes russes se tiendra à Paris jusqu'au 23 janvier.  

► Balardgone, le 27 janvier

 Le procès "Balardgone" ou Pentagone à la française concerne une affaire de corruption et de favoritisme dans l'attribution du nouveau bâtiment du ministère de la Défense, dans le XVe arrondissement de Paris. Il se tiendra à Paris, jusqu'au 5 février.  

► Les Balkany, le 3 février

Le 3 février s'ouvrira à Paris le procès en appel de Patrick et Isabelle Balkany pour blanchiment aggravé de fraude fiscale, notamment pour l'achat, via un complexe montage offshore, d'un luxueux riad à Marrakech. En première instance, le maire de Levallois-Perret a été condamné à 5 ans de prison avec incarcération immédiate et son épouse Isabelle à 4 ans.

► Les époux Fillon, le 24 février

L'ancien Premier ministre François Fillon, son épouse Penelope et son ancien suppléant à l'Assemblée Marc Joulaud sont jugés dans l'affaire des emplois fictifs dont aurait bénéficié Penelope Fillon, une affaire qui avait plombé la campagne du candidat de la droite à la présidentielle de 2017. 

► Le "chirurgien de Jonzac", le 13 mars

Le chirurgien à la retraite Joël Le Scouarnec est jugé aux assises à Saintes pour viols et agressions sexuelles sur quatre mineures, premier volet d'un dossier où la justice a identifié quelque 250 victimes potentielles du "chirurgien de Jonzac" durant ses près de trente ans de carrière, une affaire de pédophilie d'une ampleur inédite en France.

► Effondrement du stade Vélodrome, le 16 mars 

Le 16 juillet 2009, trois jours avant le concert de la Reine de la pop Madonna au stade Vélodrome de Marseille, le toit de la scène en construction s'était effondré, tuant deux techniciens et en blessant huit autres. Sept personnes et quatre sociétés sont jugées à Marseille au tribunal correctionnel, notamment pour homicides et blessures involontaires.

► Procès de l'affaire de "la grotte sanglante", le 19 mars

Rémi Chesne et Audrey Louvet sont jugés aux assises de Montpellier pour la séquestration et l'assassinat de Patrick Isoird, un Sétois de 49 ans porté disparu le 23 juin 2014. Le corps de la victime, tuée par balles, avait été retrouvé en partie calciné mi-juillet dans une galerie souterraine à Sète. Une histoire de vengeance où l'accusée aurait servi d'appât.

► Georges Tron, le 21 avril

 Après leur acquittement en première instance, procès en appel de l'ex-secrétaire d'Etat et maire de Draveil Georges Tron et de l'ancienne adjointe au maire, accusés de viols et agressions sexuelles par deux ex-employées municipales. 

► Affaire Fiona, le 26 mai 

C'est le quatrième procès aux assises pour Cécile Bourgeon et son ex-compagnon Berkane Makhlouf, pour la mort en mai 2013 de Fiona, cinq ans, au terme d'une longue procédure marquée par de nombreux rebondissements.  

► La banque UBS, le 2 juin 

Il s'agit du procès en appel de la banque suisse UBS, condamnée en février 2019 à une amende record de 3,7 milliards d'euros pour "démarchage bancaire illégal" et "blanchiment aggravé de fraude fiscale". 

► Les militaires et ex-militaires de Saint-Cyr, le 8 juin

 En 2012, un sous-lieutenant de 24 ans s'était noyé à Saint-Cyr Coëtquidan (Morbihan) lors d'une soirée de "bahutage", visant à transmettre les "traditions" de l'école. Sept militaires et ex-militaires sont jugés pour homicide involontaire. 

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