La perpétuité requise contre Sid-Ahmed Ghlam jugé pour un meurtre et un attentat avorté

La perpétuité requise contre Sid-Ahmed Ghlam jugé pour un meurtre et un attentat avorté
Ce croquis d'audience réalisé le 27 septembre 2021 montre Sid Ahmed Ghlam lors de son procès en appel à Paris après avoir été condamné à la réclusion à perpétuité en 2020 pour le meurtre d'une femme et le projet d'attentat ...

publié le lundi 25 octobre 2021 à 20h05

La peine maximum, soit la réclusion criminelle à perpétuité, a été requise lundi à l'encontre de l'étudiant algérien Sid-Ahmed Ghlam jugé en appel pour le meurtre d'une jeune femme et un attentat avorté contre une église de Villejuif (Val-de-Marne) en avril 2015.

Les avocats généraux ont souhaité que cette sentence soit assortie d'une peine de sûreté de 22 ans et d'une interdiction définitive du territoire français à l'issue de sa peine.

En première instance, Sid-Ahmed Ghlam avait été condamné exactement à cette peine.

Sid-Ahmed Ghlam est un "homme d'une extraordinaire dangerosité" qui a une vision "dévoyée et paranoïaque" de sa religion, ont mis en avant les avocats généraux.

"Son objectif était de semer la terreur", ont-ils soutenu. Durant son procès en appel, Ghlam "a persévéré dans ses mensonges d'une manière perverse". "Il n'y a rien à attendre de lui", ont ajouté les représentants du Pnat. "Il n'a pas eu le courage d'assumer ses actes", ont-ils déploré.

A plusieurs reprises, ils ont opposé l'attitude de Sid-Ahmed Ghlam à celle de la fille de la victime âgée de 4 ans à l'époque des faits.

Dans une lettre lue à la barre par son père, la jeune J., aujourd'hui âgée de 11 ans, écrivait qu'il faut "assumer ses choix".

Sid-Ahmed Ghlam en est incapable, ont dit en substance les avocats généraux. "Le mensonge fait partie de son fonctionnement", ont-ils asséné.

Contrairement à son procès en première instance, Sid-Ahmed Ghlam a reconnu s'être rendu en Syrie pour y rencontrer des cadres de l'Etat islamique et admis qu'il avait bien eu l'intention de tuer des paroissiens dans une église de Villejuif avant de renoncer à son projet.

"Mais ces aveux n'en sont pas. Nous étions déjà convaincus" que l'accusé s'était rendu en Syrie et qu'il voulait commettre un attentat meurtrier dans une église, ont dit les avocats généraux.

-"Dénégations immondes"  -

En première instance, Ghlam reconnaissait avoir rencontré des cadres de l'Etat islamique mais en Turquie et il soutenait qu'il s'agissait juste "de faire peur" à des paroissiens.

En appel, il a persisté à nier être l'auteur de l'assassinat d'Aurélie Chatelain, froidement abattue sur un parking de Villejuif dans le but de lui voler sa voiture.

Comme en première instance, Sid-Ahmed Ghlam a soutenu qu'un mystérieux complice, dont les enquêteurs n'ont trouvé aucune trace, avait tué la jeune mère de famille âgée de 32 ans.

Seuls le sang et l'ADN de Sid-Ahmed Ghlam ont été retrouvés sur la scène de crime, ont rappelé les avocats généraux.

Après l'assassinat, M. Ghlam s'était accidentellement blessé à la cuisse en remettant son arme à la ceinture. Cette blessure l'a contraint à renoncer à son projet d'attentat.

Sid-Ahmed Ghlam, 30 ans, est resté la plupart du temps tête baissée pendant la durée du réquisitoire.

"Vous êtes le seul à pouvoir vous réhabiliter" l'avait exhorté, en vain, avant les réquisitions, l'avocat de la famille Chatelain, Me Charles Merlen.

Me Antoine Casubolo-Ferro, autre avocat de la famille Chatelain a dénoncé pour sa part les "dénégations immondes et scandaleuses" de l'accusé. "Pourquoi Sid-Ahmed Ghlam n'a-t-il pas avoué" le meurtre d'Aurélie Chatelain durant ce procès?, a demandé l'avocat. "C'est parce qu'en vérité il n'est jamais sorti de l'idéologie" de l'Etat islamique, a répondu l'avocat.

"Vous allez être condamné pas parce que vous êtes musulman. Vous allez être condamné parce que vous êtes un assassin", a tenu à souligner Me Gérard Chemla, dernier avocat des parties civiles.

Les deux avocats généraux du parquet national antiterroriste (Pnat) ont également requis des peines de 15, 25 et 30 ans de prison à l'encontre des trois principaux co-accusés de Sid-Ahmed Ghlam.

Parmi ces co-accusés figure Rabah Boukaouma, considéré par l'accusation comme le "logisticien en chef" de l'opération qui, en première instance, avait été condamné à 30 ans de réclusion dont une période de sûreté des deux-tiers.

Si les avocats généraux ont confirmé dans leur réquisition demander une période de sûreté des deux-tiers pour Farid Brahami condamné à 25 ans de prison en première instance, ils n'ont pas souhaité en revanche fixer une période de sûreté pour Abdelkader Jalal, condamné à 15 ans de prison en première instance assortie d'une peine de sûreté des deux-tiers.

Délinquant multirécidiviste de son propre aveu, M. Jalal n'a eu de cesse de clamer qu'il n'était "pas un terroriste".

En prison depuis avril 2015, il a accueilli les réquisitions avec soulagement, souriant avec ses avocats.

La défense commencera ses plaidoiries mardi. Le verdict est attendu jeudi ou vendredi.

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