13-Novembre : les attentats vécus à travers les appels passés au Samu

13-Novembre : les attentats vécus à travers les appels passés au Samu©Panoramic (photo d'illustration)

publié le lundi 30 août 2021 à 16h00

À quelques jours du procès des attentats du 13-Novembre, Franceinfo a publié, ce lundi 30 août, un enregistrement inédit des appels passés au Samu, transmis par le médecin urgentiste Nicolas Poirot. 

Des attentats du 13-Novembre, il reste, six ans plus tard, les récits de l'horreur vécue par les survivants, les vidéos glaçantes des témoins présents sur les lieux des attaques, et les noms, bien trop nombreux, de ceux qui sont tombés ce soir-là. Ce lundi 30 août, alors que s'ouvrira à Paris le procès de ces attentats le 8 août prochain, Franceinfo y ajoute les voix de celles et ceux qui ont œuvré en coulisses, en dévoilant les appels passés au Samu durant cette nuit de cauchemar.


Un document sonore inédit de 25 minutes, commenté par le médecin urgentiste Nicolas Poirot, de garde le soir du 13 novembre 2015.

Dès les premiers appels, c'est lui qui a pris le commandement de la cellule de crise du Samu de Paris à l'AP-HP. C'est lui, aussi, qui a conservé les bandes. Une manière pour lui de « garder une trace, pour histoire et aussi pour l'Histoire », comme il l'a confié à la journaliste Gaële Joly, à qui il a remis ces enregistrements. 



Le Samu submergé par les appels 

Le premier appel que l'on entend est passé par Christophe, un ambulancier du Samu de Paris. Le ton est calme, mais la demande est pressante : « Tu peux me passer ton régulateur, s'il te plait ? » Face à la surprise de son interlocuteur, Christophe explique, d'un trait : « On vous met en alerte, parce que sur Paris, ça pète. (...) On a plusieurs fusillades, à plusieurs endroits ». Son interlocuteur pense tout de suite à des attentats. « On ne sait pas trop. Ce sont des mecs qui circulent en bagnole, qui tirent sur tout ce qui bouge », nuance Christophe.  

La confirmation vient peu après. Les appels se multiplient, ceux des soignants qui s'enquièrent de leur affectation, ceux des témoins qui veulent prévenir ou qui demandent quoi faire. Parfois même ceux des victimes qui viennent de recevoir une balle. Pendant le temps de mise en attente, également enregistré par le Samu, les informations continuent d'arriver : « Vous voulez monter chez moi ? Ça tire, là ! », demande un homme, s'adressant à quelqu'un d'autre. D'autres, paniqués, s'énervent de ne pouvoir parler à personne. Le Samu est submergé. « On n'a pas la capacité de décrocher tous les appels, c'est terrible », confirme Nicolas Poirot. 

Les soignants sur le pont  

Au téléphone, les soignants égrènent le nombre de « UA » (urgences absolues), de « UR » (urgences relatives) et de décès. Certains expliquent qu'ils sont bloqués par les forces de l'ordre aux abords du Bataclan. Nicolas Poirot les rejoint finalement. Il rentre avec ses équipes dans la salle et est confronté à « une vision d'apocalypse ». À 2h30, le médecin rentre au centre de régulation, « quasiment tout le monde est parti, et il n'y a plus d'appels ». Sur les lieux des attaques, il l'assure, il ne se souvient pas « de cris d'affolement, de panique ». La nuit se termine pour lui, sur « l'évènement le plus marquant » de sa carrière.  

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