13 novembre : la piste d'un ancien légionnaire de Lunel devenu concepteur présumé des attentats

13 novembre : la piste d'un ancien légionnaire de Lunel devenu concepteur présumé des attentats
Un policier près du Bataclan, le 13 novembre 2015

, publié le dimanche 13 novembre 2016 à 11h53

Un centre d'étude a retracé la fabrication et la trajectoire de la cellule responsable des attentats parisiens du 13 novembre. En juin 2015, Abdelhamid Abaaoud, considéré depuis des mois par les enquêteurs comme l'un des coordinateurs des attentats, "a confié à un jeune Algérien nommé Bilal C.

la mission de cartographier la 'route des Balkans' en vérifiant les contrôles aux frontières et les possibilités de s'infiltrer", alors que s'ouvraient les frontières européennes du fait de la crise migratoire, souligne ce document du Centre d'analyse du terrorisme (CAT).

Cette étude a été publiée dans la revue américaine Sentinel, au moment où la France commémore l'anniversaire des attentats de Paris et Saint-Denis, revendiqués par le groupe Etat islamique, et qui ont fait 130 morts.

QUEL RÔLE POUR "ABOU SOULEYMANE" ?

Nouvel élément : la revue américaine met également en cause un protagoniste dont le nom n'avait pas encore été évoqué. Dans le viseur du CAT : un Marocain de 27 ans, Abdelilah Himich. Engagé en 2008 dans la Légion étrangère après avoir grandi à Lunel (Hérault), il avait été décoré à plusieurs reprises avant d'être considéré comme déserteur. Condamné pour trafic de drogue en 2012, il avait rejoint la Syrie en février 2014 pour s'engager dans les rangs du front Al Nosra, avant de prêter allégeance au groupe Etat islamique. Affublé du patronyme "Abou Souleymane El Faransi", il figurerait, selon des agences de renseignement américaines, haut dans la hiérarchie du groupe terroriste.

LES SERVICES FRANÇAIS PLUS RÉSERVÉS QUE LES AMÉRICAINS

Selon plusieurs cadres du renseignement outre-Atlantique, il aurait présenté en personne le projet des attentats du 13 novembre au "calife" autoproclamé du groupe terroriste, Abou-Bakr Al-Baghdadi. Les soupçons de l'"intelligence" américaine sont renforcés par des propos des assaillants rapportés par des personnes prises en otage du Bataclan, selon lesquels deux des terroristes auraient évoqué un coup de téléphone à "Souleymane".

Les enquêteurs français sont pour leur part plus réservés sur l'implication et le rôle d'Abdelilah Himich dans la planification des attaques du 13 novembre. Selon M6, des sources rapportent qu'il figure sur la liste des Français engagés en Syrie, mais qu'aucun élément ne le rapproche en particulier des attentats de Paris et Saint-Denis. Il aurait en revanche été impliqué dans la conversion et le départ en Syrie ou Irak d'une vingtaine de Français originaires de Lunel.

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