13-Novembre : l'immeuble théâtre de l'assaut du raid à Saint-Denis va être démoli

13-Novembre : l'immeuble théâtre de l'assaut du raid à Saint-Denis va être démoli
Les agents du Raid ont fait irruption dans un immeuble de Saint-Denis le 18 novembre 2015

publié le jeudi 18 novembre 2021 à 18h00

L'immeuble abritait au total 47 familles. 

Il y a six ans, le 18 novembre 2015, le Raid lançait l'assaut contre un immeuble de Saint-Denis, en Seine-Saint-Denis, où se trouvait Abdelhamid Abaaoud, cerveau présumé des attentats du 13-Novembre.

La façade de l'immeuble inhabitable depuis est aujourd'hui cachée par des palissades où un message de la mairie et du territoire Plaine Commune indique qu'ici "l'insalubrité recule" et annonce : "Place aux logements décents", explique Le Parisien. Mais l'affaire ne s'arrête pas là pour les copropriétaires du bâtiment qui doit être détruit à 90% d'ici la fin de l'année prochaine, rapporte le quotidien. 


D'ici 2025, un nouvel immeuble doit en effet voir le jour.

Un projet confié par le territoire à l'aménageur Soreqa, qui doit dans un premier temps racheter l'ensemble des biens qui composent l'immeuble.

Des lots toujours invendus
Une mission pas si simple. Pour l'heure, un peu moins de trente lots, sur les 85 que compte le bâtiment, n'ont toujours pas été vendus par leur propriétaire. "Ils ne refusent pas de vendre, ils refusent d'être spoliés", explique au Parisien Me Claudette Eleini, avocate d'une famille dont le logement se trouvait au même étage que la planque des terroristes.

Le prix de vente a été fixée à 1.700 euros le mètre carré, une somme qui ne convient pas à tous. "Certains copropriétaires ne sont pas très réalistes en évaluant leur bien au prix du marché", explique Katy Bontinck, première adjointe au maire (Génération.s). "Ils pensent qu'ils pourraient vendre 3.000 euros du mètre carré alors que leurs logements ont depuis longtemps été jugés inhabitables." 

Le Parisien souligne que Plaine Commune doit faire voter avant la fin de cette année une déclaration d'utilité publique pour exproprier les derniers propriétaires. Ce qui n'empêche pas certains d'entre eux de continuer de mener des actions en justice. Ainsi, le 17 septembre, le tribunal judiciaire de Bobigny a donné raison au syndicat et à deux copropriétaires en condamnant l'État à leur verser près d'1,6 million d'euros en raison des désordres matériels engendrés par l'intervention du Raid. Elle correspond également à la "privation de jouissance des biens depuis six ans, ou la perte de leurs loyers s'ils étaient bailleurs", a indiqué au Parisien Me Florian Tosoni qui défend le syndicat de copropriétaires.

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