13 novembre 2015 : la vie après...

13 novembre 2015 : la vie après...

, publié le samedi 12 novembre 2016 à 15h47

Ils s'appellent Mohamed, Emmanuel, Noureddine, Jean-Luc, Michaël... Blessés, rescapés, victimes, proches de victimes...

Tous ont une chose en commun : rien ne sera jamais plus comme avant. Un an après cette nuit du 13 novembre 2015, ils racontent leur vie d'après. Celle rythmée par des soins, des blessures visibles et invisibles, celle de l'engagement pour ne pas tomber dans l'oubli, celle du deuil, celle de la reconstruction et de la résilience.

Emmanuel Domenach, un jeune juriste rescapé du Bataclan, est indemne. Physiquement. Mentalement, ce n'est pas la même affaire. Les visages des terroristes, les quinze minutes "qui ont duré des heures" avant de s'échapper, "le bruit des balles", "les gens qui tombaient comme des mouches" hantent le jeune homme de 29 ans. Comme pour d'autres victimes, il a fallu un mois avant que "tout remonte". Assez vite après les attentats, il s'est inscrit sur le groupe Facebook Life for Paris, initié par Maureen Roussel : sortie vivante du Bataclan, elle veut réunir virtuellement les victimes pour qu'elles s'entraident.



"On a tous l'impression d'avoir quelque chose en commun, témoigne Emmanuel. L'exigence de vérité, qui prouvait qu'on n'avait pas rêvé, a vite ressurgi, devenant obsédante. Maintenant, on veut conserver cet esprit de solidarité, représenter toutes les victimes devant la justice, les aider. Les procédures administratives sont de vraies galères, ce n'est pas facile de trouver à qui adresser son dossier ni de le monter pour se constituer partie civile. Il faut devenir un interlocuteur crédible."

En tremblant, le jeune homme ouvre un courrier émanant du tribunal de grande instance de Paris. C'est son "avis à victime", en réponse à sa plainte contre les trois hommes identifiés comme étant les assassins du Bataclan. Leurs noms figurent noir sur blanc sur la feuille. "Ça fait un choc", reconnaît le jeune juriste. Pourtant, son statut de victime, il y tient comme à sa planche de salut. Emmanuel a même conservé ses vêtements souillés du sang d'inconnus blessés ou massacrés le soir du concert. "Ils sont cachés dans l'appartement. Et si on vient me dire que je ne suis pas une victime, même si j'ai mis du temps avant de l'admettre, car je n'ai pas été blessé, je les ressortirai."

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