Des actes antichrétiens par des réfugiés musulmans en Suède ? Non, ce sont des manifestants chiliens

Des actes antichrétiens par des réfugiés musulmans en Suède ? Non, ce sont des manifestants chiliens

AFP, publié le jeudi 18 juillet 2019 à 19h25

Une série de photos partagées 48.000 fois depuis le 29 juin 2016 sur Facebook prétend montrer des réfugiés musulmans en Suède brisant une statue de Jésus crucifié. Ces photos ont en réalité été prises lors d'une manifestation au Chili contre une réforme de l'éducation en juin 2016.

"Avez vous vue une ingratitude plus grande que celle là ? Les réfugiés musulmans en Suède fracassent une statue de Jésus-Christ", dénonce le 29 juin 2016 une publication Facebook. Sous la légende, trois photos montrent la dégradation d'une statue de Jésus-Christ, par des personnes encagoulées.

L'Office suédois a enregistré près de 400.000 demandes d'asile entre 2012 et 2017, dont un tiers déposées par des Syriens. Cela reflète la politique migratoire mise en place en août 2014, lorsque le Premier ministre conservateur Fredrik Reinfeldt a appelé les Suédois à "ouvrir leur coeur" pour accueillir les demandeurs d'asile en provenance de Syrie, d'Afghanistan ou d'Irak. 

Depuis, les réfugiés musulmans sont devenus la cible de l'extrême-droite, qui fait campagne contre l'immigration. Or, les personnes masquées sur ces photos n'ont pas été prises en Suède. 

Une recherche d'image inversée sur Google permet de retrouver les photos originales. Sachant que la publication Facebook d'origine date au moins du 29 juin 2016, on peut affiner la recherche pour filtrer toutes les publications contenant la même photo après cette date.

On trouve tout de suite plusieurs publications dont la plus vieille, en espagnol, date du 9 juin 2016.

Selon l'article du quotidien El Comercio, qui concorde avec une dépêche AFP d'alors, la manifestation s'est terminée par le saccage de l'Église de la Gratitud Nacional, dans le centre-ville de la capitale Santiago. La statue a été sortie de l'église et dégradée sur l'avenue principale de la ville. Si les motivations des casseurs sont inconnues, ces actes ont été largement décriés au Chili à l'époque, notamment par la présidente socialiste Michelle Bachelet.

En cherchant l'église de la Gratitud Nacional sur Google Street View, on peut confirmer l'emplacement exact où a été prise l'une des photos, au coin sud-est du bâtiment. On peut l'identifier à plusieurs éléments, notamment les larges pierres utilisées pour la moitié inférieure du bâtiment, un feu de circulation, un lampadaire, et un panneau de rue.

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