Union européenne : "Si les uns les autres restent sur les noms actuels, nous aurons un blocage", met en garde Emmanuel Macron à Bruxelles

Union européenne : "Si les uns les autres restent sur les noms actuels, nous aurons un blocage", met en garde Emmanuel Macron à Bruxelles
Emmanuel Macron, le 28 mai 2019 à Bruxelles.

Orange avec AFP-Services, publié le mercredi 29 mai 2019 à 07h58

Le président français veut bousculer le mode de désignation des quatre grands postes européens, dont celui, primordial, de président de la Commission européenne.

Qui succédera à Jean-Claude Junker à la tête de la Commission européenne ? Les dirigeants européens, en particulier le tandem Macron-Merkel, ont affiché leurs divisions mardi 28 mai autour de cette succession.Première force politique au Parlement, même s'il a laissé des plumes dans ces élections, le Parti Populaire Européen (la droite pro-européenne) revendique la présidence de l'exécutif bruxellois pour Manfred Weber. Ce dernier a les faveurs de la chancelière allemande Angela Merkel.

Elle lui a renouvelé son soutien mardi.

Mais outre qu'il ne fait pas l'unanimité au Conseil, il n'est même pas assuré de l'emporter au Parlement. Il doit compter avec les prétendants des deux autres grands groupes : outre Frans Timmermans, la libérale Danoise Margrethe Vestager.Plusieurs dirigeants vont tenter de convaincre le PPE de renoncer à son candidat pour éviter une crise.

Emmanuel Macron, dont la liste Renaissance va venir gonfler les rangs des centristes libéraux dans l'hémicycle, mène la rébellion. À son arrivée à Bruxelles, le président français a souligné que Margrethe Vestager, le Français Michel Barnier chargé du Brexit, et Frans Timmermans en avaient la capacité. Il a rejeté toute "automaticité" pour la candidature des chefs de file, ou "Spitzenkandidaten" selon le jargon bruxellois, un message relayé par Donald Tusk.

Macron veut "rassembler"

"Chacun va devoir bouger et nous allons devoir bâtir un consensus", a-t-il assuré mardi soir, affirmant que la France refuserait de s'attacher aux noms et qu'elle avait simplement la volonté "de construire un rassemblement dynamique, crédible et qui correspond au projet et au fond". "Moi je veux rassembler. Si les uns et les autres restent sur les noms actuels, nous aurons un blocage car aucun des groupes n'a la majorité à lui seul. Et même s'ils se mettent à deux, ils n'ont pas la majorité", a-t-il prévenu à l'issue d'un sommet informel de l'Union européenne.

"Ma priorité, c'est d'avoir les gens les plus qualifiés", a encore lancé le chef de l'État, avant de rappeler : "La nouvelle donne est simple : la montée du sujet climatique qui s'impose à nous tous, l'impossibilité de dégager une majorité au Parlement avec seulement deux partis et donc la nécessité de bâtir avec tous les pro-européens une vraie coalition de progrès".




Emmanuel Macron compte sur les soutiens des huit chefs d'État ou de gouvernement de la famille libérale et cherche l'appui des cinq dirigeants socialistes. Mais ces derniers ont aussi défendu leurs familles politiques. Une source gouvernementale espagnole, appuyant la candidature de M. Timmermans devant des journalistes, a assuré que "même Macron se montre ouvert à la possibilité que Timmermans devienne président".

Non seulement les 28 devront trouver un compromis entre eux, mais le Parlement, fort d'une solide participation aux élections, entend bien imposer le principe du "Spitzenkandidat", comme en 2014. Une épreuve de force supplémentaire.Cinq institutions de l'UE vont changer de tête au cours des prochains mois : le Parlement début juillet, la Commission, le Haut Représentant pour la diplomatie et la Banque centrale européenne en novembre, le Conseil début décembre. Les nouveaux dirigeants devront être nommés avant le prochain sommet européen des 20 et 21 juin.

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