Européennes : Renaud Camus "désavoue" sa liste à cause d'un dessin nazi de sa numéro 2

Européennes : Renaud Camus "désavoue" sa liste à cause d'un dessin nazi de sa numéro 2
Renaud Camus, en octobre 2016, à Montpellier

Orange avec AFP-Services, publié le mercredi 22 mai 2019 à 20h10

La numéro 2 de la liste "Ligne claire" a "assumé publiquement des positions radicalement contraires à tout ce que nous sommes et que nous voulons", regrette l'écrivain d'extrême-droite.

Renaud Camus, figure controversée de la thèse contestée du "grand remplacement", a indiqué mercredi 22  mai qu'il "n'assumait plus" sa liste pour les élections européennes, à quatre jours du scrutin. Cette reculade fait suite à la publication d'une photo sur laquelle il dit avoir vu sa colistière, Fiorina Lignier, "tracer une croix gammée dans le sable"."On ne peut rien changer à la liste une fois qu'elle est déposée. Je crois qu'on ne peut pas non plus retirer la liste, à la vérité. Disons que je ne l'assume plus", a estimé l'écrivain d'extrême droite dans une série de tweets. "Une des personnes qui y figurent a assumé publiquement, peut-être par jeu mais peu importe, des positions radicalement contraires à tout ce que nous sommes et que nous voulons. On ne peut demander aux électeurs de voter pour cela", ajoute t-il encore.



"Retirer la liste n'est pas exact, puisque ce n'est pas possible, juridiquement. Disons que je la désavoue", conclut-il par ailleurs dans une tribune sur Facebook.

Renaud Camus est un des défenseurs de la thèse complotiste du "grand remplacement", qui dénonce une prétendue substitution des populations blanches et chrétiennes par des immigrés de couleur, majoritairement musulmans. Il est partisan de la "re-migration", c'est-à-dire du retour des immigrés dans leur pays d'origine. La tête de liste "Ligne claire" a confirmé que  la co-listière à l'origine de la polémique était sa "numéro 2". La jeune femme de 20 ans, qui réside à Amiens, avait été blessée grièvement à l'œil lors d'une manifestation de "gilets jaunes" le 8 décembre à Paris. "

Dans un premier temps, Renaud Camus avait indiqué qu'"on lui avait envoyé" une photo de la jeune femme "en train de tracer une croix gammée sur le sable", qui a été aussi transmise à un hebdomadaire picard. Il a ensuite évoqué les justifications avancées par sa colistière. "Cette personne, très jeune, m'explique que c'était à la suite d'une soirée et d'une nuit d'anniversaire, qu'il s'agit d'une plaisanterie de (très) mauvais goût entre étudiants, que ces gestes ne correspondent en rien à ses convictions. C'est bien possible. Il reste que je ne puis prendre la responsabilité de demander aux électeurs d'envoyer au Parlement européen quelqu'un qui s'amuse à tracer des croix gammées dans le sable, et à faire semblant de prier devant elles", avance t-il.


En 2017, Renaud Camus avait soutenu Marine Le Pen dans le cadre de la campagne présidentielle.

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