Marine Le Pen : "c'est vous, les médias, qui invitez Steve Bannon dans la campagne européenne"

Marine Le Pen : "c'est vous, les médias, qui invitez Steve Bannon dans la campagne européenne"
Marine Le Pen et Steve Bannon au Congrès du Front national le 10 mars 2018.
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publié le lundi 20 mai 2019 à 10h55

Accusée de servir les plans des États-Unis et de la Russie, Marine Le Pen s'est défendue lundi matin au micro de Franceinfo. La président du Rassemblement national a notamment affirmé que Steve Bannon n'avait aucun rôle dans la campagne de son parti. 

Steve Bannon, ancien conseiller de Donald Trump, n'a "aucun rôle dans la campagne" du Rassemblement national pour les élections européennes, a assuré lundi 20 mai la cheffe du Rassemblement national Marine Le Pen. "Ce n'est pas nous qui invitons Steve Bannon dans la campagne, c'est vous les médias qui invitez Steve Bannon dans la campagne européenne", a-t-elle dénoncé au micro de Franceinfo, accusée par la majorité d'être le "cheval de Troie" des plans de Donald Trump et Vladimir Poutine pour affaiblir l'Europe.

Steve Bannon, présent à Paris cette semaine, "n'a aucun rôle dans la campagne", a-t-elle affirmé.

"Il est à Paris pour des affaires puisqu'il est en train de vendre une de ses sociétés à une grande banque française. Donc ça n'a strictement rien à voir avec la campagne".



La présidente du RN a expliqué s'être "rapprochée" de Steve Bannon, invité vedette du congrès du FN (devenu RN) en mars 2018, pour plusieurs raisons. "C'est un conseiller politique qui est remarquablement intéressant. Les Etats-Unis sont en train de faire le choix de tourner le dos à la mondialisation sauvage, et évidemment cela nous intéresse", a-t-elle fait valoir. "Bien sûr que nous discutons politique, c'est un homme qui effectivement a eu un rôle à un moment donné dans la campagne de Donald Trump", a-t-elle ajouté.

Marine Le Pen a également indiqué "avoir demandé (à Steve Bannon) s'il connaissait une banque européenne qui accepterait de nous faire un prêt. Moyennant en quoi, lui non plus n'a pas trouvé, ce qui prouve que, quand même, le cordon pour nous étrangler financièrement est très serré et très solide".

L'ancienne finaliste de la présidentielle française en 2017 a enfin précisé avoir rencontré Steve Bannon parce qu'il avait "toute une série de méthodes de levées de fond pour pouvoir se financer auprès des Français par l'intermédiaire des réseaux sociaux qui (...) peuvent nous apprendre un certain nombre de choses".

"Marine Le Pen n'a pas besoin de mon aide pour gagner"



Invité de BFMTV lundi matin, Steve Bannon a dit tout l'intérêt qu'il portait à Marine Le Pen. "La France présente un intérêt particulier. (...) Je suis populiste, je le reconnais. (...) Je m'intéresse effectivement à Marine Le Pen parce qu'elle est présente sur ce paysage et sa résilience, sa façon de donner un nouveau visage au Front national, tout ce qu'elle a réussi à faire pour mener son parti, je trouve ça assez remarquable", a-t-il déclaré. 


Steve Bannon, ex-stratège de Donald Trump présent à Paris à quelques jours des élections européennes, a estimé lundi que "Marine Le Pen n'a pas besoin de (son) aide pour gagner". 


"Je suis son ami, son collègue peut-être, mais elle gagnera cette élection elle-même et ce sera l'un des plus grands retours de l'histoire politique de son pays", a-t-il poursuivi sur RMC et BFMTV, après avoir assuré être à Paris "en tant qu'observateur" qui "s'intéresse beaucoup aux élections européennes" de dimanche prochain.


Steve Bannon avait lancé en 2017 à Bruxelles une fondation nommée The Movement qui avait pour projet d'organiser les partis populistes en vue des élections européennes mais il s'est heurté à des formations disparates peu enclines à recevoir des conseils d'Outre-atlantique. L'ancien conseiller de Donald Trump n'était d'ailleurs pas présent à Milan samedi pour la réunion de 12 partis nationalistes autour du chef de la Ligue italienne Matteo Salvini.

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