"J'ai regretté de ne pas m'être représenté", confie François Hollande

"J'ai regretté de ne pas m'être représenté", confie François Hollande
François Hollande, le 7 mai 2019 à Paris.

Orange avec AFP-Services, publié le mercredi 22 mai 2019 à 09h09

L'ancien président a assuré ce mercredi matin sur BFMTV qu'il n'était "pas candidat à une quelconque élection dans les prochains mois", tout en affirmant qu'il n'avait "renoncé à rien".

En décembre 2016, François Hollande annonçait qu'il ne se présenterait pas aux élections présidentielles de mai 2017, devenant ainsi le premier chef d'État de la Ve République à renoncer à briguer un second mandat. Il le "regrette" aujourd'hui, a-t-il confié ce mercredi 22 mai sur BFMTV/RMC. 

L'ex-président socialiste a admis avoir pris cette décision "sans doute" un peu vite.

"J'aurais pu attendre quelques semaines", a-t-il reconnu. "Je voulais conjurer la menace d'un duel entre la droite et l'extrême-droite, c'est ça qui m'a déterminé", s'est-il justifié. "Mais je n'ai pas su mesurer suffisamment les conséquences que cela aurait sur la gauche. Je n'aurais peut-être pas été élu, mais j'aurais défendu mon bilan", a-t-il ajouté. 



Se représentera-t-il ? "Je ne suis pas candidat à une quelconque élection dans les prochains mois", a-t-il assuré, tout en affirmant qu'il n'avait "renoncé à rien". "Si les circonstances l'exigeait, je servirais mon pays", a-t-il insisté.

"Quand on est de gauche", il faut "défendre des listes de gauche"

Au cours de ces deux heures d'interview, l'ancien chef de l'Etat a répété qu'il voterait bien pour la liste PS/Place publique menée par Raphaël Glucksmann. Selon lui, ce serait "extrêmement grave" qu'il n'y ait pas d'eurodéputé PS. Interrogé sur le soutien "en privé" de l'ancienne ministre de l'Écologie Ségolène Royal à la liste La République en marche, M. Hollande a répondu que "chacun fait ce qu'il pense devoir faire", même si ce n'est "pas (sa) position". "Quand on est de gauche", il faut "défendre des listes de gauche", a-t-il taclé.

Il a par ailleurs multiplié les critiques à l'encontre de son successeur, Emmanuel Macron, lui reprochant notamment d'avoir transformé le scrutin en un match entre LREM et le RN. "Je pense qu'il a voulu jouer sur le vote utile", a-t-il glissé.Il a aussi estimé que les cinq milliards d'euros de baisse d'impôts décidés par le gouvernement auraient été mieux utilisés pour "dynamiser des territoires, apporter son soutien à une population fragile". M. Hollande a enfin reproché à la politique d'Emmanuel Macron de manquer d'"humanité". Pour que le président puisse représenter tous les Français, il "faut montrer de la compassion (...) de l'autorité, de l'humanité, et peut-être que ce qui a manqué ces derniers mois, c'est cette dimension humaine de l'action publique", a-t-il jugé.

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