Européennes : pourquoi "La Voix du Nord" et "Le Télégramme" ont boycotté l'interview d'Emmanuel Macron

Européennes : pourquoi "La Voix du Nord" et "Le Télégramme" ont boycotté l'interview d'Emmanuel Macron
Emmanuel Macron le 20 mai 2019 à l'Élysée.

Orange avec AFP-Services, publié le mardi 21 mai 2019 à 10h09

Les deux quotidiens régionaux ont décidé de ne pas publier l'entretien du chef de l'État pour ne pas perturber "l'équilibre du traitement de la campagne", à cinq jours des élections européennes et parce qu'ils refusent de se plier à l'exercice de relecture imposé par l'Élysée.

À quelques jours du scrutin de dimanche où les sondages donnent la liste La République en marche (LREM) au-coude-à-coude, voire derrière celle du Rassemblement national (RN) de Marine Le Pen, Emmanuel Macron s'engage un peu plus dans la campagne des élections européennes.  Dans un entretien paru ce mardi 21 mai dans les quotidiens régionaux, le chef de l'État défend son rôle d'"acteur" et non de "spectateur" dans cette campagne, afin de ne pas "laisser se disloquer l'Europe", menacée par les nationalistes, ses "premiers ennemis". 




Les quotidiens d'une dizaine de groupes de la presse régionales ont été conviées lundi après-midi pour cet entretien. L'Élysée avait fait savoir que les propos du président devraient être relus avant publication. En signe de protestation, La Voix du Nord a décidé de boycotter l'invitation. "Il s'agit d'une formule qui n'est pas en phase avec nos pratiques.

On ne permet pas ces pratiques de relecture", a déclaré à l'AFP Gabriel d'Harcourt, directeur de la publication.

Il s'agit aussi de respecter l'équilibre a fait valoir M. Harcourt. "On a estimé qu'à cinq jours du scrutin, cette interview du président de la République avait valeur d'engagement, pour une liste. On a estimé qu'il y avait un risque que cela rompe avec l'équilibre de traitement que l'on veille à avoir dans le journal. Si on faisait cette interview-là du président de la République aujourd'hui, les autres candidats pourraient tout à fait dans les jours à venir nous demander d'avoir le même traitement. On a préféré pour respecter l'équilibre ne pas reprendre cette interview.", a-t-il expliqué à Franceinfo

Un avis partagé par la direction du Télégramme. "Comme La voix du Nord, Le Télégramme n'a pas souhaité se plier à l'interview collective du président Emmanuel Macron dont le principe est une négation de l'identité des titres de la presse régionale et des territoires qu'ils représentent", a tweeté Hubert Coudurier, directeur de l'information et administrateur du titre breton. 




Interrogé par l'AFP, l'Élysée a refusé de s'exprimer sur cette relecture, qu'exigent également systématiquement les ministères et Matignon pour les interviews ministérielles. Seul l'entretien du chef de l'État avec cinq éditorialistes et journalistes fin janvier y avait échappé.

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