Européennes : Édouard Philippe sauve sa place

Européennes : Édouard Philippe sauve sa place
Édouard Philippe le 23 mai 2019 au palais de l'Élysée.

Orange avec AFP-Services, publié le lundi 27 mai 2019 à 13h59

REMANIEMENT. En danger avec le scrutin européen, le Premier ministre a conforté sa place grâce à une défaite limitée de son camp et la déroute des Républicains. 

Alors que LREM a limité les dégâts et que LR a plongé, la perspective d'un large remaniement gouvernemental ne semble plus d'actualité.

La défaite limitée de la liste de la majorité et surtout la déroute des Républicains dimanche 26 mai lors des élections européennes confortent Edouard Philippe comme Premier ministre et pôle d'attraction de la droite modérée. 

Doit-on s'attendre à un changement de Premier ministre ? "C'est non, c'est une évidence", a déclaré lundi matin le porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye sur BFMTV. "La majorité est soudée derrière le Premier ministre, le gouvernement est soudé derrière le Premier ministre. Le Premier ministre a l'entière confiance du président de la République. C'est exactement le combo qu'il faut pour avoir une majorité stable", a-t-elle ajouté. Celle-ci a également assuré "n'avoir pas entendu parler" d'un remaniement ministériel.



"Pour qu'un remaniement serve à quelque chose, il faut qu'il soit incarné par des personnes qui porteraient un cap politique différent", a écarté un autre fidèle du président, le président de l'Assemblée nationale Richard Ferrand.

Si Edouard Philippe a accueilli les résultats "avec humilité", admettant que la deuxième place de la liste Renaissance de la majorité n'était pas une victoire, le score désastreux et sans précédent de son ex-parti des Républicains (8,48%) est une bonne nouvelle pour lui. "Ça valide le fait d'avoir un pôle de droite dans la majorité. Ça veut dire que le pari stratégique et politique du président fonctionne", se réjouit un membre de son entourage.

Le report des électeurs de droite sur LREM

Selon Ipsos, les électeurs de François Fillon au 1er tour de la présidentielle ont voté dimanche à 27 % pour la liste macroniste, quand 15 % d'entre eux se sont rabattus vers le RN. Accentuant encore le scénario des législatives, où l'apport de la droite modérée avait offert un raz-de-marée à l'Assemblée à Emmanuel Macron.

Chargés depuis mai 2017 d'enfoncer un coin - "faire travailler la poutre", selon l'expression d'Edouard Philippe - dans leur ancien camp, le Premier ministre et les ex-LR du gouvernement (Darmanin, Le Maire, Lecornu) auraient été fragilisés en cas de bon score de leur ancien parti. Début mai, les sondages esquissaient une remontée de François-Xavier Bellamy et trois grands maires LR jugés Macron-compatibles (Jean-Luc Moudenc à Toulouse, Christian Estrosi à Nice et Arnaud Robinet à Reims) tournaient le dos à la macronie en apportant leur soutien au philosophe conservateur. Ces signaux d'alarme ont coïncidé avec l'entrée en campagne d'Edouard Philippe, qui a fustigé une "droite du Trocadéro" velléitaire et mené une série de meetings ciblant les mairies de centre droit

"Premier ministre d'un parti de droite"

"Il y a plein de gens de droite modérée, libéraux mais sociaux. Ces gens-là ne votent plus LR", se réjouit-on à Matignon. Pour exemple, la liste macroniste fait ses plus hauts scores dans des bastions bourgeois et fiefs de droite, comme le XVIe arrondissement de Paris (46,1 %), Neuilly-sur-Seine (47,9 %), Boulogne-Billancourt (40,6 %), arrivant même première dans le fief de Françoix-Xavier Bellamy à Versailles.

De quoi donner du grain à moudre à ceux qui accusent LREM de pencher très sérieusement à droite ou d'être l'étendard de la France qui va bien. "Le phénomène nouveau ce soir, c'est que LREM est devenu le parti de la droite. Édouard Philippe va pouvoir rester à Matignon, comme Premier ministre d'un parti de droite", a taclé le patron du parti socialiste Olivier Faure.

Revers toutefois pour Édouard Philippe, à dix mois des municipales. Dans sa ville du Havre, où son successeur à la mairie a démissionné après un scandale sexuel, le Rassemblement national est arrivé en tête avec 22,55% des voix, contre 21,5% pour la liste Renaissance.

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