Européennes : accusé de mentir sur son enfance, Gilles Le Gendre réagit à la polémique

Européennes : accusé de mentir sur son enfance, Gilles Le Gendre réagit à la polémique
Gilles Le Gendre, président du groupe LREM à l'Assemblée nationale, le 29 avril 2019 à Paris.

publié le lundi 20 mai 2019 à 16h31

Le chef de file des députés La République en marche (LREM) a été pointé du doigt après une vidéo diffusée sur Twitter pour la campagne des européennes. Il y explique que son engagement européen est né après que son père lui eut raconté, pendant son enfance, ses années de captivité durant la Seconde Guerre mondiale.

Mais la mise en avant de cette vidéo sur le réseau social laisse entendre que Gilles Le Gendre prétend qu'il était né en 1945, alors qu'il est né en 1958. 

Gilles Le Gendre, patron du groupe LREM à l'Assemblée nationale, s'est prêté au jeu d'une vidéo de campagne diffusée sur Twitter dimanche 19 mai, sur le compte de "Renaissance", la liste de la majorité présidentielle pour les européennes. "Celui qui m'a inculqué le rêve européen, c'est mon père. Il était un officier français emprisonné en Allemagne pendant la guerre. Quand il est rentré, il m'a dit 'il faut construire l'Europe'", peut-on lire dans la mise en avant de la vidéo sur le réseau social. 



Gilles Le Gendre étant né le 13 mai 1958, l'histoire n'est pas crédible d'un point de vue chronologique. L'anachronisme n'a pas échappé à nombre d'utilisateurs de Twitter, Thierry Mariani, candidat pour le Rassemblement national, notamment. "Encore un drame méconnu jusque là ! Le père de Gilles Le Gendre est donc resté captif des allemands au moins 13 ans après la fin de la guerre. Bref, Gilles Le Gendre nous invente une bon gros bobard comme Loiseau dont le père l'a formée à la détestation de l'extrême droite", a écrit sur Twitter l'ancien ministre du gouvernement Fillon.

 

 

 


Seul le prononcé fait foi


Dimanche soir, le député de Paris a répondu à la polémique sur Twitter. "Avis aux amateurs de polémiques inutiles, Thierry Mariani et les autres qui devraient tourner plusieurs fois leurs tweets sur leur clavier avant de les envoyer : qu'ils écoutent et voient ce que j'ai dit. Seul le prononcé fait foi. Un point c'est tout". En effet, si la mise en avant de la vidéo est maladroite, Gilles Le Gendre explique bien, dans la vidéo, que son père lui racontait ses années de captivité alors qu'il était enfant et non lorsqu'il rentra chez lui en 1945. 


"Celui qui m'a inculqué le rêve européen, ce n'est pas un personnage public, c'est mon père. Mon père a été en captivité pendant cinq ans en Allemagne. C'était un officier, il était prisonnier, il n'était pas dans un camp de concentration. (...) Quand j'avais 7-8 ans, il me racontait sa captivité, ses évasions ratées", confie Gilles Le Gendre. "Il le racontait sans haine, sans esprit de vengeance. Et il disait : 'il faut construire l'Europe'. Évidemment, quand j'avais 7-8 ans, la notion de 'il faut construire l'Europe' était très abstraite pour moi", poursuit-il.  

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