TGV Paris-Lyon : pourquoi la SNCF veut réduire le nombre de carrés famille

TGV Paris-Lyon : pourquoi la SNCF veut réduire le nombre de carrés famille
Illustration

publié le mardi 19 octobre 2021 à 19h31

Face à l'arrivée de la concurrence sur sa liaison à grande vitesse la plus rentable, la SNCF va notamment renouveler ses rames, en proposant davantage de sièges solo pour mieux accueillir les professionnels.

"La concurrence va arriver à la fin de l'année. Ca fait des années qu'on se prépare", assure Alain Krakovitch, le directeur de Voyages SNCF (les grandes lignes).

Alors que la compagnie italienne Trenitalia doit lancer ses trains à grande vitesse Frecciarossa (littéralement "flèche rouge") sur Paris-Lyon"à la fin de l'année", la SNCF a lancé le programme "Riposte". 




Ainsi toutes les rames des TGV Paris-Lyon seront neuves d'ici la mi-2022, et au moins rénovées au début 2022, indique la compagnie ferroviaire mardi 19 octobre. Elles pourront transporter plus de voyageurs, 556 contre 510 actuellement, grâce notamment à la suppression de nombreux carrés, "qui ne sont plus plébiscités par les clients". 

"Une opportunité pour Paris-Lyon, ligne qui est l'une des plus dense du réseau, notamment aux heures de pointe" souligne la SNCF, qui propose 22 allers-retours avec TGV Inoui par jour et deux allers-retours avec Ouigo sur sa liaison la plus rentable.

Les pros chouchoutés

La compagnie ferroviaire tient notamment à choyer les professionnels, qui représentent plus d'un tiers des voyageurs de cette ligne qui fête cette année ses 40 ans. Ainsi, tous les usagers auront accès à un port USB par siège et un réseau wifi "performant". 

La première classe deviendra "un véritable espace de travail personnel" avec "une grande tablette et une petite tablette additionnelle, un miroir de courtoisie, une prise 230V et port USB, une meilleure inclinaison du siège (+10°), un éclairage à intensité réglable et une liseuse individuelle intégrée à l'appui tête". 

Une nouvelle offre, baptisée "Business Première", vient compléter l'offre. Les sièges sont les mêmes qu'en première, mais les voyageurs ont selon la SNCF droit à l'accès aux salons, à un embarquement rapide, à un portail multimédia et à une offre de rafraîchissements et/ou de restauration légère (une salade et une pâtisserie) comprise dans le prix du billet. Plus la possibilité de changer de train comme on veut.

La SNCF va par ailleurs ressusciter le train classique, en proposant dès mars prochain allers-retours par jour entre Paris-Bercy et Lyon-Perrache via Villeneuve-Saint-Georges, Melun, Dijon, Chalon-sur-Saône et Mâcon... en 4 heures 45 à 5 heures 15 de bout en bout, quand les TGV mettent moins de 2 heures.

La SNCF veut rester la référence de la grande vitesse

"Si ce qu'on met en place sur Paris-Lyon est concluant, on pourra le généraliser entre Paris, Bordeaux, Rennes et Strasbourg", assure M. Krakovitch. La formule, qui rappelle l'aérien a déjà été testée avec succès sur Eurostar, Thalys et Lyria, vers respectivement Londres, le Benelux et la Suisse, relève-t-il.

Plus généralement, le patron des TGV se dit "convaincu" que l'arrivée de la concurrence fera grossir le marché ferroviaire. En Espagne où Ouigo est arrivé en mai, la "part du gâteau" de la SNCF atteint désormais 37% sur Madrid-Barcelone, le nombre de passagers ayant pris le train entre les deux villes ayant augmenté de 17%. 

"Notre objectif, c'est de rester durablement la référence de la grande vitesse en France et en Europe", souligne Christophe Fanichet, le PDG de SNCF Voyageurs.
 

Vos réactions doivent respecter nos CGU.