Scandale Orpea : un accord signé avec les banques pour assurer son financement

Scandale Orpea : un accord signé avec les banques pour assurer son financement©LOIC VENANCE / AFP

publié le vendredi 13 mai 2022 à 14h17

Cet accord signé avec ses banques "répond au contexte actuel d'incertitudes qui pèse sur Orpea, ainsi qu'à un accès fermé aux marchés financiers et au ralentissement du programme de cessions d'actifs initialement envisagé", a expliqué le groupe dans un communiqué ce vendredi 13 mai.

Orpea a signé un accord avec ses banques pour assurer son financement dans un contexte incertain, après un plongeon de près de 60% de son bénéfice net annuel, selon un communiqué publié ce vendredi 13 mai. Pour rappel, le groupe d'Ehpad privés est dans la tourmente depuis la sortie en janvier d'un livre-enquête.



Cet accord s'inscrit dans le cadre "d'une procédure amiable de conciliation", pour prévenir les difficultés, ouverte devant le tribunal de commerce de Nanterre.

Il "répond au contexte actuel d'incertitudes qui pèse sur Orpea, ainsi qu'à un accès fermé aux marchés financiers et au ralentissement du programme de cessions d'actifs initialement envisagé", a expliqué le groupe. Il prévoit l'octroi d'un crédit de 1,73 milliard d'euros, la mise en place d'un plan de cession d'actifs pour plus de 3 milliards d'euros d'ici à fin 2025 et un prêt optionnel d'un montant maximum de 1,5 milliard d'euros.

"Je m'engage à ce que nous tirions toutes les leçons de cette crise pour rétablir la confiance que nous accordent nos parties prenantes depuis toujours, partout où le groupe est implanté", a commenté Philippe Charrier, PDG d'Orpea, cité dans le communiqué.

Des "charges exceptionnelles" attendues pour l'année en cours

Pour l'année en cours, Orpea s'attend "à faire face à des charges exceptionnelles liées à la gestion de la crise et de ses conséquences". Il prévoit également que sa rentabilité soit affectée par la hausse de l'inflation qui impacte "les coûts de l'énergie et les salaires dans certains pays". Le groupe se dit "confiant sur la dynamique de croissance" de son chiffre d'affaires 2022 mais n'a pas publié de prévisions chiffrées. Il ne versera pas de dividende au titre de l'exercice 2021. Au premier trimestre, le chiffre d'affaires a progressé de 9% à 1,12 milliard d'euros.

L'an passé, son bénéfice net a chuté de 59,3% par rapport à 2020 à 65,2 millions d'euros, en raison notamment d'une provision de 83 millions d'euros "pour risques et charges relatives aux risques estimés au titre des années 2017-2021 suite aux enquêtes administratives" dont le groupe a fait l'objet. Et en 2020, son bénéfice net avait déjà fondu de près d'un tiers car la crise sanitaire a diminué son activité et alourdi ses charges opérationnelles.

En 2021, l'excédent brut d'exploitation (Ebitda) du groupe a toutefois progressé de 11% à 1,07 milliard d'euros pour un chiffre d'affaires de 4,3 milliards d'euros, en hausse de 9,6%.

Le groupe est sous le feu des critiques depuis la publication fin janvier du livre-enquête de Victor Castanet "Les Fossoyeurs". Le journaliste indépendant dénonçait notamment une maltraitance des résidents et un usage abusif des fonds publics. Un rapport commandé dans la foulée par le gouvernement a pointé début avril de graves dysfonctionnements. L'État a porté plainte et demandé la restitution de dotations publiques présumées détournées de leurs fins.

Vers "un plan de transformation majeur"

Le groupe fait depuis fin avril l'objet d'une enquête judiciaire, ouverte à Nanterre, sur des soupçons de maltraitance institutionnelle ou d'infractions financières. Un rapport intermédiaire des cabinets indépendants Grant Thornton et Alvarez et Marsal, commandé par Orpea, a également constaté des dysfonctionnements au sein du groupe.

"De nombreuses mesures correctives ont d'ores et déjà été prises", a assuré Philippe Charrier. Le groupe a par exemple mis en place une plateforme d'écoute des familles et un dispositif de médiation. Orpea, qui a annoncé la semaine dernière la nomination d'un nouveau directeur général, entend mener "un plan de transformation majeur, prioritairement déployé en France" destiné à améliorer notamment "la qualité de l'accompagnement et le bien-être du résident", ainsi que sa politique de ressources humaines.

En milieu de matinée, à la Bourse de Paris, le titre Orpea grignotait 0,53% à 34,02 euros, dans un marché haussier. Il a perdu plus de 60% de sa valeur depuis le début de l'année, réalisant la pire chute de l'indice SBF 120. "Nous pensons que le titre a encore besoin de plusieurs étapes pour reconstruire son statut boursier", estiment dans une note les analystes d'Oddo BHF, évoquant notamment la création d'un statut d'entreprise à mission.

Orpea est présent dans 23 pays et gère plus de 350 établissements pour personnes âgées dépendantes en France.

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