Rigueur budgétaire : l'UE "ne répétera pas l'erreur" de la dernière crise financière

Rigueur budgétaire : l'UE "ne répétera pas l'erreur" de la dernière crise financière
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, lors de son discours sur l'état de l'Union devant le Parlement européen de Strasbourg, le 15 septembre 2021

publié le mercredi 15 septembre 2021 à 13h16

L'UE "ne répétera pas l'erreur" commise après la dernière crise financière quand un retour précipité à la rigueur budgétaire avait provoqué une rechute du continent dans la récession, a promis mercredi la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.

"Les leçons de la crise financière pourraient servir d'avertissement. A l'époque, nous avons déclaré victoire trop tôt et nous en avons payé le prix. Nous ne répéterons pas cette erreur", a déclaré Mme von der Leyen, en confirmant l'ouverture prochaine d'un débat sur la réforme des règles budgétaires européennes qui devrait aboutir à leur assouplissement.

La Commission prévoit de réinstaurer début 2023 le pacte de stabilité qui avait été temporairement désactivé au début de la crise. Mais Mme von der Leyen a prévenu qu'elle espérait un accord avant cette date alors que les divisions des Etats membres laissent craindre des discussions qui s'éternisent. 

"La commission va relancer le débat sur le réexamen de la gouvernance économique dans les semaines à venir. L'objectif est de parvenir à un consensus sur la voie à suivre bien avant 2023", a déclaré Ursula von der Leyen devant le Parlement européen, dans son discours sur l'état de l'Union.

Prévu avant la pandémie, ce débat sur une réforme du pacte de stabilité, qui limite les déficits publics à 3% et la dette à 60% du produit intérieur brut (PIB), avait été suspendu à cause de la crise. 

La chute d'activité combinée aux dépenses des gouvernements pour protéger les entreprises et l'emploi, ont provoqué de lourds déficits. Le ratio de dette publique des 19 pays partageant la monnaie unique a atteint pour la première fois en 2020 le seuil symbolique de 100% du PIB, contre 86% en 2019.

Le choc a touché bien plus durement les pays du sud, les plus endettés, qui vivent davantage des services liés au tourisme, premières victimes des restrictions sanitaires. Le ratio d'endettement de la Grèce a redépassé les 200% du PIB, celui de l'Italie frôle les 160%, contre près de 120% pour l'Espagne et la France.

Le vice-président de la Commission Valdis Dombrovskis avait indiqué samedi, à l'issue d'une réunion des ministres des Finances de l'UE en Slovénie, que parmi les pistes de réformes à discuter figuraient la possibilité d'exclure les investissements verts du calcul des déficits publics ou encore la réduction du rythme de consolidation budgétaire prévu en cas de dette excessive.

"Nous devons réfléchir à la manière dont la crise a affecté l'état de notre économie, de l'augmentation des dettes, à l'impact inégal sur les différents secteurs d'activité", a souligné Mme von der Leyen.

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