Migrants : "Il n'y aura pas de financement de barbelés et de murs" aux frontières dans l'UE, promet Ursula von der Leyen

Migrants : "Il n'y aura pas de financement de barbelés et de murs" aux frontières dans l'UE, promet Ursula von der Leyen©Olivier Matthys / POOL / AFP

publié le vendredi 22 octobre 2021 à 19h31

"J'ai été très claire sur le fait qu'il y a une position commune de longue date de la Commission et du Parlement européen", a assuré ce vendredi 22 octobre la présidente de la Commission Ursula von der Leyen.

C'est ce que douze pays, dont la Lituanie et l'Autriche, réclament, mais l'Union européenne dit non : l'UE ne financera pas "de barbelés et de murs" aux frontières pour empêcher les arrivées de migrants, a déclaré ce vendredi 22 octobre la présidente de la Commission Ursula von der Leyen.



"J'ai été très claire sur le fait qu'il y a une position commune de longue date de la Commission et du Parlement européen, qu'il n'y aura pas de financement de barbelés et de murs", a indiqué la cheffe de l'exécutif européen à l'issue d'un sommet des Vingt-Sept à Bruxelles où la question a été discutée.

La Lituanie construit une clôture barbelée le long de sa frontière avec le Bélarus pour endiguer un afflux de migrants que le régime d'Alexandre Loukachenko est accusé d'orchestrer. Le président lituanien Gitanas Nauseda a déclaré ce vendredi à Bruxelles que de telles mesures étaient "des plus nécessaires à court terme pour gérer cette crise".

"Si la Lituanie construit une barrière (...) elle devrait pouvoir compter sur notre solidarité.

Ce n'est pas aux contribuables lituaniens de financer cela seuls", a estimé le nouveau chancelier autrichien Alexander Schallenberg.

"Une mesure de protection des frontières efficace"

Les ministres de l'Intérieur de 12 pays (Autriche, Bulgarie, Chypre, Danemark, Estonie, Grèce, Hongrie, Lituanie, Lettonie, Pologne et République tchèque, Slovaquie) avaient écrit le 7 octobre à la Commission pour demander à l'UE de financer la construction de telles clôtures.

"Une barrière physique apparaît comme une mesure de protection des frontières efficace, qui sert les intérêts de l'ensemble de l'UE, pas seulement les Etats membres en première ligne", faisaient-ils valoir.

La commissaire aux Affaires intérieures Ylva Johansson avait alors répondu que les pays avaient "la possibilité et le droit de construire des clôtures". "Mais quant à savoir si on devrait utiliser les fonds européens qui sont limités, pour financer la construction de clôtures à la place d'autres choses tout aussi importantes, c'est une autre question", s'était-elle contentée d'indiquer.

Des milliers de migrants

La Pologne a, comme la Lituanie, commencé à construire une clôture de barbelés sur une partie de sa frontière avec le Bélarus. La Hongrie avait quant à elle érigé ce type de barrière à la frontière avec la Serbie et la Croatie (pays membre de l'UE mais qui n'est pas dans Schengen) lors de la crise migratoire de 2015. La Slovénie a fait de même avec la Croatie.

En visite à Budapest, en Hongrie, dimanche, le pape François a rendu hommage à une nation "attachée à ses racines", mais a aussi appelé les Hongrois à être "ouverts" à tous, dans une allusion voilée à la politique anti-migrants du Premier ministre souverainiste Viktor Orban.  

"Le sentiment religieux est la sève de cette nation si attachée à ses racines", a-t-il remarqué depuis sa papamobile devant une immense foule qui venait de l'acclamer.

"Mais la croix, plantée en terre, en plus de nous inviter à bien nous enraciner, élève et étend ses bras vers tous (...) Mon souhait est que vous soyez ainsi : ancrés et ouverts, enracinés et respectueux", a-t-il intimé, avant d'adresser ses voeux de bénédiction en hongrois : "Isten éltessen !".

Plusieurs milliers de migrants ont franchi la frontière entre le Bélarus et l'Union européenne, en Lituanie, en Lettonie et en Pologne ces derniers mois, et l'UE accuse le régime de Minsk d'orchestrer ces passages, en représailles aux sanctions européennes.

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