Le pouvoir d'achat, priorité des Français : que proposent les candidats ?

Le pouvoir d'achat, priorité des Français : que proposent les candidats ?
L'inflation augmente fortement et le pouvoir d'achat s'invite dans les programmes des candidats à la présidentielle de 2022.

publié le samedi 25 septembre 2021 à 07h00

PRÉSIDENTIELLE 2022. L'inflation augmente fortement et le pouvoir d'achat s'invite dans les programmes des candidats.

Voici ce qu'ils proposent, à sept mois du premier tour. 

La hausse des prix de l'énergie et l'inflation poussent les candidats, de gauche à droite, à avancer des propositions pour soutenir le pouvoir d'achat. Mais les précisions sur le financement restent floues, voire inexistantes.




Le pouvoir d'achat est la préoccupation numéro 1 des Français, selon un sondage Élabe pour BFMTV cette semaine. C'est le thème de campagne qui comptera le plus (41%, + 8 points) dans leur choix pour la présidentielle, dans sept mois, devant la sécurité, la santé, l'immigration, l'environnement, les retraites, l'emploi et les inégalités. En conséquence, les candidats dévoilent leurs idées sur ce thème. 

À GAUCHE 

Fabien Roussel (PCF) 


Le candidat communiste veut un Smic mensuel à 1.800 euros brut*. Il propose une "conférence salariale" pour augmenter l'ensemble des salaires, et une augmentation de 30% de tous les traitements dans la fonction publique. Il plaide pour une pension de retraite minimale à 1.200 euros mensuels. Il souhaite nationaliser EDF et Engie pour "fixer les tarifs". 

Jean-Luc Mélenchon (LFI) 

Le candidat de la France insoumise propose une "loi d'urgence sociale" pour bloquer les prix des produits de première nécessité, dont ceux du gaz, de l'électricité et de cinq fruits et légumes. Il souhaite un Smic mensuel à 1.400 euros net*. Il souhaite que, dans une même entreprise, l'écart maximum de salaires se situe dans une fourchette de 1 à 20. Il souhaite une "revalorisation" du traitement des fonctionnaires et des minimas sociaux. Jean-Luc Mélenchon veut créer une allocation d'autonomie de trois ans pour les 18-25 ans, sous réserve d'une formation qualifiante et sous condition de ressources. Il veut que les pensions de retraite soient revalorisées au niveau du Smic pour une carrière complète. Il souhaite enfin "instaurer une taxe réelle sur les transactions financières", geler les dividendes des actionnaires et augmenter la TVA sur les produits de luxe.

Arnaud Montebourg (ex-PS)

Le candidat qui se présente sans parti veut augmenter le Smic* d'au moins 10%. Il souhaite un "Grenelle" sur les salaires, en vue d'une hausse générale mais différenciée selon les branches.

Anne Hidalgo (PS)

La maire de Paris veut au moins doubler, sur le quinquennat, les salaires de "toutes les personnes au contact avec les élèves". "Ou, pour commencer, aligner a minima le salaire des nouveaux professeurs sur le salaire médian des titulaires d'un bac +5". Elle souhaite "relever tous les salaires" des personnels "invisibles" (soignants, caissières...) en s'inspirant de la proposition de la CFDT d'"une augmentation générale de 15%".

Yannick Jadot (EELV) 

Pour le candidat au 2e tour de la primaire Europe Écologie - Les Verts, où il affronte Sandrine Rousseau, le programme écologique en lui-même "est un 13e mois", grâce par exemple à la baisse des dépenses de chauffage liée à la rénovation des logements, ou à une meilleure "justice sociale" dans les entreprises, favorisée par un conditionnement des aides publiques à des critères sociaux.

Sandrine Rousseau (EELV) 

La candidate arrivée 2e au 1er tour de la primaire veut garantir un "revenu d'existence" de 850 euros à partir de 18 ans, sous conditions de ressources. Coût total estimé : 130 milliards d'euros financés par "les prestations fusionnées" à cette occasion (75 milliards), "l'individualisation de l'impôt" (29 milliards) et "une augmentation de la progressivité de l'impôt sur le revenu" (26 milliards). Elle propose aussi la "gratuité des premiers mètres cubes d'eau et mégawatt heure d'électricité" sous certaines conditions.

À DROITE 

Xavier Bertrand (ex-LR)


Le président des Hauts-de-France promet pour la fin septembre des propositions qui seront l'un des grands axes de sa campagne, répétant pour l'heure que les Français doivent "pouvoir vivre dignement de leur travail". 

Valérie Pécresse (ex-LR) 

La présidente de la région Île-de-France propose une "grande conférence salariale" et une augmentation du Smic* net de 10% en abaissant les charges salariales, afin qu'il soit "beaucoup plus élevé que les revenus d'assistance". Pour les retraités "qui ont cotisé toute leur vie", elle veut une pension "au moins égale au Smic" à l'horizon 2030.

Michel Barnier (LR) 

L'ex-négociateur du Brexit pour l'UE veut "aligner" les traitements des enseignants "sur le niveau observé dans les autres grands pays", "en redéployant les ressources accaparées par les fonctions support et l'administration".

Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France) 

Le député de l'Essonne veut augmenter les salaires de 10% net en diminuant les charges salariales de 30% sur le quinquennat. Il propose de payer les salaires tous les 15 jours pour "réduire les découverts" bancaires et de "rétablir le dispositif d'exonération des heures supplémentaires qui assouplira les 35 heures". 

Marine Le Pen (RN) 

Au lieu de hausses de salaires qui feraient "peser une charge sur des entreprises dans de grandes difficultés économiques", elle veut "rendre du pouvoir d'achat aux Français" en nationalisant les autoroutes - ce qui permettrait de baisser les tarifs des péages "de 10 à 15%" et de "livrer 1,5 milliard d'euros par an au budget de l'État" - et en privatisant l'audiovisuel public, soit "2,8 milliards de redevance rendus" aux contribuables.

* Le Smic est actuellement à 1.554,58 euros brut / 1.231 euros net par mois. Il augmentera de 2,2% au 1er octobre, soit environ 35 euros brut. 

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