Le fabricant de tests NG Biotech porté par la vague du Covid

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Le patron de NG Biotech Milovan Stankov-Pugès devant son usine à Guipry-Messac, en Ille-et-Vilaine, le 13 janvier 2022
Le patron de NG Biotech Milovan Stankov-Pugès devant son usine à Guipry-Messac, en Ille-et-Vilaine, le 13 janvier 2022
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© AFP, Damien MEYER

publié le vendredi 14 janvier 2022 à 20h09

Portée par l'envolée des tests rapides au Covid-19, la PME bretonne NG Biotech ne cesse de s'agrandir depuis le début de la pandémie. Et se dit encore capable de quintupler sa production.

"On est à flux tendu", explique Milovan Stankov-Pugès, cofondateur et PDG de NG Biotech, devant les lignes d'assemblage. "La directive, c'est d'augmenter la production au maximum jusqu'à fin février."

Dans l'entrée du nouveau site de production, le hall est encombré de grandes tables où une quinzaine d'employés, avec charlottes et gants bleus, mettent en boîte des autotests, en attendant l'installation du barnum censé les accueillir.

Dans les salles attenantes, deux machines et des dizaines d'employés en blouse blanche placent de fines bandelettes de diagnostic dans les boitiers en plastique fabriqués dans le Morbihan par un sous-traitant. Même la boîte en carton est fabriquée localement à La Gacilly. 

Installée dans la petite commune de Guipry-Messac (7.000 habitants), au sud de Rennes, NG Biotech est passée d'une trentaine de salariés avant la pandémie à 220 mi-janvier. Elle compte encore embaucher une quarantaine de personnes avant la fin du mois.

"En février, on va produire 5 millions de tests par mois, alors qu'on était à 500.000 par an avant la pandémie. En deux ans, on aura multiplié la production par 100", précise M. Stankov-Pugès. 

C'est avec son père, lui aussi dénommé Milovan Stankov, que ce jeune patron d'à peine 37 ans a fondé l'entreprise en 2012. Formé à l'immunologie dans la Yougoslavie de Tito, Milovan père s'est installé en France en 1988 alors que son fils, né à Barcelone, avait tout juste quatre ans.

- Capacité de 25 millions de tests par mois -

Déjà impliqué dans le domaine des diagnostics rapides, Milovan père se consacre d'abord au développement de tests sur la résistance aux antibiotiques et de tests de grossesse. Début 2020, l'entreprise prépare la commercialisation d'un autotest de grossesse innovant, à partir d'une goutte de sang. 

Mais avec l'arrivée de la pandémie, ce nouveau produit est aussitôt reconverti en test sérologique au Covid-19, et présenté à la presse pendant le premier confinement. Puis les vagues épidémiques se succèdent et NG Biotech prend un nouveau tournant, avec les tests antigéniques et les autotests. Des produits que la société assure aujourd'hui être une des seules à fabriquer "intégralement" dans l'Hexagone.

Pour la commercialisation et le conditionnement, elle s'est alliée avec les laboratoires Boiron qui cherchent à se diversifier depuis le déremboursement de l'homéopathie.

"Notre savoir-faire, c'est le développement et la fabrication des bandelettes", explique M. Stankov-Pugès. Ces petits bouts de papier de quelques millimètres, où apparaissent une ou deux bandes rouges en fonction du résultat du test, réclament en effet une expertise inattendue.

"Les tests rapides ne se valent pas entre eux", appuie Arnaud Chalin, directeur adjoint de la recherche et développement, qui dit avoir testé plus de 350 combinaisons d'anticorps pour permettre la meilleure détection possible. "Les anticorps, c'est le cœur du test. Si vous sélectionnez les mauvais anticorps, la détection sera moins bonne."

Fort de cette compétence, NG Biotech assure être en mesure de quintupler sa production à moyen terme. "On serait capable d'aller à 25 millions de tests par mois mais on ne peut pas le faire tout seul, sans garantie d'achat", affirme le patron. Une nouvelle unité de production coûterait 15 à 20 millions d'euros mais "il nous faut des commandes fermes et irrévocables", insiste-t-il.

De quoi répondre à une demande toujours croissance d'autotests, qui a avoisine "300 à 400.000 autotests remboursés par jour", en ce début 2022, selon l'Assurance maladie.

En deux ans, le chiffre d'affaires de l'entreprise a explosé, passant de 3 millions d'euros en 2019-2020 à plus de 40 millions en 2021-2022, dont 50% à l'étranger, se félicite son PDG.

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