La Cour des comptes veut faire entendre sa voix avant la présidentielle

La Cour des comptes veut faire entendre sa voix avant la présidentielle
Pierre Moscovici, premier président de la Cour des comptes, lors de la Rencontre des entrepreneurs de France (La REF), organisée par le Medef, le 26 août 2021 à Paris

publié le jeudi 21 octobre 2021 à 13h20

A six mois de l'élection présidentielle, mais en se défendant de toute incursion dans le champ politique, la Cour des comptes a entamé jeudi la publication de notes dédiées aux "principaux défis auxquels seront confrontés les décideurs publics" dans les prochaines années.

Inédites dans leur format - une quinzaine de pages - ces notes se veulent "synthétiques et pédagogiques", et s'inscrivent dans la stratégie de "modernisation" de la Cour, a défendu son premier président Pierre Moscovici, lors d'une présentation à la presse.

La Cour veut ainsi se positionner "en amont des grands débats démocratiques", à six mois des élections présidentielle et législatives.

Pierre Moscovici s'est toutefois défendu de toute volonté d'immixtion dans le champ politique. "Nous ne sommes pas un acteur politique. La Cour est un acteur indépendant et impartial", mais elle ne s'empêche pas de participer à une "prise de conscience" sur certains défis, a-t-il affirmé.

La volonté est de "donner aux citoyens des éléments de décisions" dans un débat public "qui en a besoin", a-t-il ajouté, évoquant la montée en puissance de la désinformation.

Dans ces notes, la Cour a veillé "à ne pas enfermer les choix" possibles pour affronter les défis en question, mais à présenter des "leviers" d'action, selon Pierre Moscovici.

Au menu de cette première salve de publications: les retraites, la justice, les universités et la transition agroécologique.

Sur le système des retraites par exemple, la Cour réitère son appel à une réforme "nécessaire", étant donné la persistance de déficit attendue pendant au moins une dizaine d'années. Elle présente les différentes pistes possibles et leurs conséquences - allongement de la durée de cotisation, baisse des pensions, hausse des cotisations, etc.

En ce qui concerne la justice, la note rappelle le besoin d'une meilleure gestion du ministère et plaide notamment pour une réduction du nombre de cours d'appel, une accélération de la numérisation et la création d'outils permettant de connaître précisément l'activité des juridictions et d'améliorer l'allocation des effectifs.

Sur les universités, la Cour défend un approfondissement de l'autonomie des établissements et la création de "collèges universitaires" qui accueilleraient l'ensemble des formations de niveau Bac+2 ou 3, avec une spécialisation seulement progressive.

De prochaines notes seront publiées mi-novembre sur le système de production électrique, la gestion de la police ou la politique du logement. Une dernière salve sera publiée début décembre, notamment sur la santé, la politique industrielle et l'emploi des jeunes.

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