La Bourse de Paris perd 2,43%, secouée par la Fed

La Bourse de Paris perd 2,43%, secouée par la Fed
Un écran avec l'évolution du CAC 40 au siège d'Euronext, à La Défense, près de Paris, le 9 mars 2020

publié le jeudi 19 août 2021 à 18h42

La Bourse de Paris a fortement reculé de 2,43% jeudi, plombée par les craintes de voir le soutien de la Banque centrale américaine s'estomper dès cette année, et par les valeurs du luxe qui souffrent de la conjoncture en Chine. 

L'indice vedette CAC 40 a perdu 164,22 points à 6.605,89 points après avoir brièvement chuté de 3% au cours de la séance. La cote parisienne a conclu ses séances dans le rouge depuis le début de la semaine.

Selon le compte-rendu de la dernière réunion du comité de politique monétaire de la Fed, publiées mercredi soir, l'idée d'une réduction du soutien monétaire de la Fed dès cette année gagne du terrain au vu des progrès en termes économiques et sur le front de l'emploi. 

Ce dispositif abonde les marchés en liquidités depuis le crise liée au Covid-19 et leur a permis de rebondir de manière spectaculaire après le printemps 2020.

En conséquence de cette publication, "la séance a été marquée par une forte volatilité, et une baisse significative des bourses", constate Laurent Le Grin, directeur général de DGAM France.  

La Bourse de Paris a particulièrement été pénalisée par les valeurs du luxe, qui représentent plus d'un quart de l'indice CAC 40. 

D'abord, en début de semaine, un ralentissement des ventes de détail en juillet en Chine avait commencé à provoquer une légère correction du cours des actions liées au secteur du luxe.

Puis, la volonté du président chinois Xi Jinping que des dispositions soient prises pour "ajuster les revenus excessifs" dans un souci d'équité sociale, selon des médias d'Etat, a fini d'inquiéter les investisseurs.

"Indirectement cela va impacter la consommation de produits vendus par LVMH, Kering etc.", affirme Laurent Le Grin. 

Pour le géant LVMH, l'Asie hors Japon représentait 38% de ses ventes au premier semestre, pour Hermès cette part monte à 51% et chez Kering, l'Asie Pacifique s'élève à 42% du chiffre d'affaires.

Ces titres ont connu jeudi des "mouvements très violents, d'autant plus que les valorisations de ces titres sont très élevées", constate M. Le Grin.

Les inquiétudes liées à la propagation du variant Delta ne sont toujours pas loin non plus, selon lui.

Cependant les mouvements du jour ressemblent plus à des "prises de profits après une période historique", qui doivent être "relativisés au regard des faibles volumes" qui amplifient les variations, ajoute-t-il.

LVMH a chuté de 6,38% à 613,10 euros, Kering s'est enfoncé de 9,47% à 650 euros et Hermès de 4,69% à 1.220 euros. 

Depuis le début de la semaine, les pertes de LVMH s'élèvent à plus de 13%, celles de Kering à plus de 17% et celles de Hermès à 9%. Des replis qui restent négligeables par rapport à ce que l'industrie a engrangé depuis le début de l'année.

Les valeurs du secteur minier ont également pâti des inquiétudes liées à la conjoncture économique en Chine.  

ArcelorMittal a lâché 7,01% à 27,85 euros.

Euronext CAC40

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