L'Opep+ confirme sa politique prudente à l'issue d'un sommet expéditif

L'Opep+ confirme sa politique prudente à l'issue d'un sommet expéditif
Le soleil se couche sur une raffinerie de pétrole dans la ville de Nasiriyah, dans le sud de l'Irak, le 8 mars 2021
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publié le mercredi 01 septembre 2021 à 19h49

Les membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et leurs alliés ont validé mercredi, lors d'un sommet ministériel mené tambour battant, leur stratégie d'augmentation progressive de la production, face à une reprise teintée d'incertitudes.

Loin du psychodrame de juillet, il leur aura cette fois fallu moins d'une heure pour parvenir à un accord.

L'Opep+ "confirme à nouveau (...) l'ajustement à la hausse de la production globale mensuelle de 400.000 barils par jour pour le mois d'octobre", a indiqué le groupe dans un communiqué.

Cette annonce, "sans surprise" pour nombre d'observateurs de marché, s'inscrit dans la continuité pour l'alliance qui avait décidé mi-juillet une augmentation mensuelle de cet ordre "jusqu'à l'élimination progressive" du volume laissé sous terre pour le moment, soit à l'automne 2022 à ce rythme.

La décision, qui porte sur le seul mois d'octobre, traduit également la prudence de l'alliance qui se réserve la possibilité de rectifier le tir si besoin le mois prochain. 

Avant l'émergence de la pandémie de Covid-19, les producteurs ne se retrouvaient que deux fois par an.

- Front presque uni -

Le marché attendait de savoir si l'Opep+, dont l'histoire est émaillée de guerres intestines, allait présenter un front uni après la querelle du début de l'été lorsque les Emirats arabes unis avaient crié publiquement à "l'injustice".

Abou Dhabi, qui militait pour un relèvement de la base de calcul de son quota de production de brut, avait finalement eu gain de cause: sa part, tout comme celle de plusieurs autres pays (Irak, Koweït, Arabie saoudite et Russie), a ensuite été ajustée à la hausse, une révision qui prendra effet en mai 2022.

Si la courte durée de la réunion de mercredi témoigne d'un consensus vite obtenu, le vice-Premier ministre russe Alexandre Novak, en charge de l'Energie, aura joué le rôle de franc-tireur un peu plus tôt dans la journée, ménageant le suspense sur son issue.

M. Novak, cité par l'agence Interfax, a en effet indiqué que la Russie était en mesure d'augmenter sa production au-delà de son quota, provoquant un coup d'arrêt à la timide hausse des cours du brut engagée depuis le début de journée.

- Fin de non-recevoir -

"Avant la réunion, le groupe semblait être confronté à un certain nombre de pressions contradictoires", a réagi Caroline Bain, de Capital Economics.

L'Opep+ est attentif au regain du nombre de contaminations au Covid-19, menace sérieuse pour la demande de brut, même si il s'est voulu rassurant.

"Si les effets de la pandémie continuent de susciter une certaine incertitude, les fondamentaux du marché se sont renforcés", a-t-il souligné.

Le groupe fait aussi face aux pressions de l'administration de Joe Biden, militant pour une hausse plus importante de la production afin de limiter la hausse des prix à la pompe et ainsi soulager le porte-monnaie de l'automobiliste américain.

Début août, le conseiller américain à la Sécurité nationale Jake Sullivan avait expliqué que le cartel n'en faisait "pas assez" pour doper la production de pétrole, menaçant la reprise économique. 

Mais par cet accord expéditif, les vingt-trois ont opposé à la Maison Blanche une fin de non-recevoir.

En guise d'incitation supplémentaire à ne pas rouvrir trop tôt ni trop vite les vannes, les deux cours de référence du brut ont connu en août leur pire mois depuis octobre 2020.

Le Brent et le WTI ont accueilli avec calme la décision de l'Opep+: ils remontaient peu après 17H00 GMT vers leur niveau de clôture de la veille après avoir légèrement flanché plus tôt dans la journée.

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