Départ à la retraite, taxes... : un rapport évoque des pistes pour sortir la Sécu du déficit post-pandémie

Départ à la retraite, taxes... : un rapport évoque des pistes pour sortir la Sécu du déficit post-pandémie
Le déficit de Sécu s'est élevé à 38,7 milliards en 2020.

publié le jeudi 20 janvier 2022 à 12h32

Reporter l'âge légal de départ à la retraite, hausse de certaines taxes, maîtrise des dépenses... Autant de pistes envisagée par un rapport remis au Premier ministre.

Alors que les comptes de la Sécu étaient quasiment à l'équilibre en 2019, la pandémie les a fait dégringoler dans des tréfonds inédit en 2020.

Et selon un rapport commandé par Matignon et révélé jeudi 20 janvier, la sortie des déficits peut être planifiée "sur un horizon de moyen terme qu'il semble raisonnable de fixer à 10 ans".

Le déficit de Sécu s'est élevé à 38,7 milliards en 2020. Et les comptes ont beau se redresser plus vite que prévu (-25 milliards en 2021 selon le gouvernement, au lieu des -33 milliards prévus), miser sur la seule reprise économique "serait un pari peu crédible", affirme le Haut conseil du financement de la protection sociale (HCFiPS) dans un rapport remis cette semaine au Premier ministre, Jean Castex.

Le rapport juge "raisonnable" de viser "un rétablissement sur un horizon de 10 ans", à condition d'actionner plusieurs leviers. À commencer par la "maîtrise indispensable des dépenses", surtout dans le champ de la santé.... Sans que cela n'implique un coup de rabot sur le budget. Le rapport préconise plutôt de pousser enfin les feux sur la prévention, la "réorganisation de l'offre de soins", la "lutte contre les fraudes" et les "frais de gestion" des mutuelles.


Le HCFiPS met en garde contre un gel des pensions de retraite "difficilement envisageable" sur le plan social et suggère de "privilégier" un report de l'âge légal de départ, plus rentable "sur le long terme".

Mais, une fois de plus, cela ne suffira sans doute pas, et il faudra envisager une augmentation d'impôts ou de cotisations, même si "les marges de manœuvre sont limitées" dans un pays au taux de prélèvements obligatoires parmi les plus élevés au monde. Certaines hausses pourraient toutefois être "justifiées pour modifier les comportements", par exemple sur le tabac, l'alcool ou encore "l'alimentation transformée".

À l'inverse, le rapport ne considère "pas souhaitable" de réduire les ressources par "de nouvelles baisses ou exonérations" - qui devraient en théorie être compensées par le budget de l'État. Un message qui a peu de chances d'être entendu en pleine campagne présidentielle, alors que candidats déclarés et ministres en exercice rivalisent de propositions pour "baisser les charges".

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