Comment faire payer le même prix pour moins de produit grâce à la "shrinkflation"

Comment faire payer le même prix pour moins de produit grâce à la "shrinkflation"
Certains industriels réduisent la quantité de produit sans faire baisser les prix

publié le samedi 23 octobre 2021 à 17h35

Certains consommateurs ont remarqué le procédé utilisé par certains industriels.

Payer le même prix pour avoir moins de produit. C'est le principe de la "shrinkflation", contraction de shrink (rétrécir en anglais) et inflation. Un procédé qui n'est pas nouveau mais qui pourrait être de plus en plus utilisé par les industriels du secteur de l'agroalimentaire en raison de l'inflation post-pandémie, rapporte France Info.

Interrogée par le site, Camille Dorioz, responsable de campagnes au sein de l'ONG Foodwatch, indique que cette dernière a procédé a des vérifications sur certains produits et continue d'avoir des doutes sur d'autres. 


En 2019, l'ONG notait que "a bouteille (de jus Tropicana) passait de un litre à 900 millilitres".

Le prix faisant ainsi un bon 38%.

"Il y a des produits aujourd'hui pour lesquels nous avons encore des doutes. Certaines plaquettes de chocolat à cuisiner, en particulier celle de Nestlé à 205 grammes. Les consommateurs nous ont signalé qu'elle était à 250 g il y a quelques années", poursuit Camille Dorioz.

Une pratique utilisée dans d'autres secteurs
Interrogé par l'AFP, le professeur de marketing à l'université de Central Florida, Anand Krishnamoorthy relève aussi qu'une fois passée la période inflationniste, "il n'y a aucune incitation" pour les marques à rendre aux produits leur taille originelle. Le changement devient donc, dans les faits, définitif.

Il met cependant en garde contre une stigmatisation de l'agroalimentaire, car pour lui, les exemples se retrouvent dans bien d'autres secteurs. En témoigne le développement des appartements de petites surfaces, des modèles de voitures compactes ou l'aménagement des avions de ligne pour contenir plus de passagers qu'avant au mètre carré.

Pierre Chandon, professeur de marketing à l'Institut européen d'administration des affaires (Insead), voit dans ce mouvement un avantage, celui de la santé. "On sait que plus il y en a, plus on en mange", dit-il, or avec la "shrinkflation", après des décennies d'explosion des quantités, "on est en train de revenir vers ce qui était des portions normales il n'y a pas si longtemps."

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