A la cantine et au restaurant, l'origine de toutes les viandes obligatoirement affichée dès le 1er mars

A la cantine et au restaurant, l'origine de toutes les viandes obligatoirement affichée dès le 1er mars©SEBASTIEN BOZON / AFP

publié le mercredi 26 janvier 2022 à 14h35

Pour le ministre de l'Agriculture, connaître l'origine des produits est "le premier pas pour faire changer les comportements d'achat" et inciter les fournisseurs à acheter français.

Depuis 2002 et la crise de la vache folle, les établissements de restauration doivent obligatoirement afficher le pays de naissance, d'élevage et d'abattage du bœuf, comme les boucheries et les grandes et moyenne surfaces. Une exigence de traçabilité qui sera étendue dès le 1er mars à toutes les autres viandes, révèle Le Parisien mercredi 26 janvier. 




Selon décret publié jeudi 27 janvier au Journal officiel dévoilé en exclusivité par le quotidien, restaurants, cantines et restaurants d'entreprises devront indiquer l'origine du porc, de la volaille, de l'agneau ou du mouton.

L'étiquetage devra mentionner le pays d'élevage et le pays d'abattage, qu'il s'agisse de viandes fraîches, réfrigérées, congelées ou surgelées.




"Nous saurons enfin d'où vient la côte de porc, le blanc de poulet ou la côtelette d'agneau que nos enfants mangent à la cantine et que nous consommons au restaurant", se félicite le ministre de l'Agriculture, Julien Denormandie, dans les colonnes du Parisien, assurant qu'il s'agissait "d'une attente forte des consommateurs". 

De la viande de meilleure qualité et française

Une mesure qui répond en premier lieu à un objectif de "qualité". "Mon combat est d'abord celui de la qualité des produits servis dans les cantines de nos enfants et dans les restaurants", martèle ministre en rappelant que "plus de 50 % des viandes consommées dans les cantines scolaires sont aujourd'hui importées et même plus de 60 % de la volaille en restauration collective". "Or, on constate qu'en grande majorité cette viande importée est de bien moindre qualité", déplore-t-il, citant l'exemple de pays en dehors de l'Union européenne qui n'ont pas interdit les antibiotiques de croissance, alors que c'est le cas "depuis plus de 10 ans" en France.  Ainsi, pour Julien Denormandie, "le premier pas pour faire changer les comportements d'achat" et inciter les fournisseurs à acheter français. 

Cette obligation est également nécessaire dans un souci de transparence, estime le ministre. "Vous comme moi, en tant que client d'un restaurant, habitué d'une cantine d'entreprise ou encore père ou mère de famille, vous voulez savoir ce qui vous est servi et ce que mangent vos enfants à la cantine. Est-ce que c'est du poulet ukrainien, du bœuf venant d'Amérique du Sud ou de la viande issue de nos territoires ?"

Ce que confirme Laurent Zameczkowski, porte-parole de la Peep, l'une des principales fédérations de parents d'élèves, selon qui les menus de la cantine sont des sujets "centraux" et parfois "électriques" pour les parents. "Ils veulent en priorité que ce soit sain, bon et si possible bio. Quant à l'origine des viandes, il y a une part de chauvinisme : beaucoup se disent que si ça vient de chez nous, c'est plus qualitatif que ce qui vient d'ailleurs et qu'il y a surtout une meilleure traçabilité du produit", assure-t-il. 

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