Non, la dépose de la statue de Napoléon Ier à Rouen est sans lien avec les polémiques liées à l'histoire coloniale

Non, la dépose de la statue de Napoléon Ier à Rouen est sans lien avec les polémiques liées à l'histoire coloniale

, publié le jeudi 25 juin 2020 à 14h29

Des publications sur les réseaux sociaux s'alarment depuis le 20 juin de la dépose de la statue rouennaise de Napoléon Ier, y voyant la preuve d'une "soumission", en plein débat sur la place des monuments liés à l'histoire coloniale. Si l'édifice a été aspergé de peinture dans la nuit du 24 au 25 juin, sa dépose est due à "une fissure" qui le "fragilise" et est sans lien avec l'actualité, selon la mairie et des extraits d'un document consultés par l'AFP.

"SOUMISSION CE MATIN A ROUEN .... ON ENLEVE LA STATUE DE NAPOLEON !!!", écrit l'auteur de l'une de ces publications.


Capture d'écran Facebook prise le 25/06/2020

"Allons-nous assister sans rien dire à la disparition de toute trace de notre histoire ou allons nous réagir ? #DefendonsNosStatues", s'interrogeait samedi 20 juin sur Twitter un secrétaire départemental du parti Debout la France (DLF) au sujet de cette même statue.

Le site d'extrême droite Résistance républicaine s'étonne lui du calendrier de la rénovation, qui "correspond pile poil avec les manifestations des traoristes & co (sic)".

Ces publications sont trompeuses : la dépose de la statue "n'a strictement rien à voir" avec le débat actuel sur les monuments liés à l'histoire coloniale ou à la traite négrière, a déclaré jeudi 25 juin à l'AFP Sylvain Radiguet, directeur de cabinet du maire PS de Rouen Yvon Robert.

"On le fait uniquement pour des raisons de sécurité", a-t-il insisté, précisant que l'étude pour la restauration de la statue "a été commandée en novembre 2019 et s'est achevée en février 2020", avant "les débats actuels apparus après le décès tragique de George Floyd" - des affirmations confirmées par les extraits de l'étude ci-dessous consultés par l'AFP.


Extrait de l'étude pour la restauration de la statue rouennaise de Napoléon 1er


Extrait de l'étude pour la restauration de la statue rouennaise de Napoléon 1er

 


Extrait de l'étude pour la restauration de la statue rouennaise de Napoléon 1er



Extrait de l'étude pour la restauration de la statue rouennaise de Napoléon 1er


 

"Erigée en 1865, la statue équestre de Napoléon Ier (...) repose sur trois appuis (deux jambes arrière et la queue). (...) Une étude réalisée à la demande de la Ville a récemment montré que l'une des deux pattes présente une fissure évolutive. Cette fissure fragilise la statue, qui mesure près de 5 mètres de haut, pouvant menacer sa stabilité", expliquait déjà la mairie de Rouen le 20 juin sur son site internet.

"La statue va partir pour quelques mois, mais elle va bien revenir", a déclaré au Parisien Aurélien Guilmard, directeur du patrimoine bâti de la ville. "On n'a pas de délai précis, mais cela va prendre plusieurs mois, peut-être une petite année", a précisé à l'AFP le directeur de cabinet du maire.

La dépose de la statue, qui devait être effectuée mercredi 24 juin, a toutefois dû être reportée au 2 juillet. "L'entreprise a rencontré des difficultés liées au système d'accroche du monument (...) Une analyse approfondie et complémentaire du socle en plomb sera réalisée", explique la ville de Rouen sur son site internet.

L'édifice - son socle principalement - a été aspergé de peinture rouge dans la nuit de mercredi à jeudi. "Il n'y avait de message, donc est-ce que ce sont des types qui n'avaient rien à faire, ou des gens qui voulaient faire passer un message ?", s'interroge le directeur de cabinet du maire.

Deux jours plus tôt, un buste de Christophe Colomb, posé sur l'un des ponts de la ville, a lui aussi été recouvert en partie de peinture rouge. Cette fois tagué des mots "meurtrier", "violeur" et "esclavagiste".

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