Non, il n'est pas dangereux de vacciner en période d'épidémie

Non, il n'est pas dangereux de vacciner en période d'épidémie

publié le mardi 06 juillet 2021 à 16h46

Dans une vidéo très virale, Pascal Trotta affirme, entre autres, qu'il ne faut jamais vacciner en période d'épidémie car lors d'une vaccination à ARN messager, "le mélange d’un virus artificiel et d’un virus naturel" peut créer des "variants". Mais, comme l'a expliqué notamment un immunologue à l'AFP, c'est inexact, et cette théorie repose sur une méconnaissance du fonctionnement d'un vaccin à ARN messager, une technologie qui ne repose pas sur l'injection de virus.On trouve cette vidéo d'un peu plus de 5 minutes sur un compte haïtien, partagée 29.000 fois depuis le 21 mai. Assis derrière un bureau, Pascal Trotta, en blouse blanche, y fait une série de fausses allégations autour des vaccins contre le Covid, censées montrer qu'il est inutile voire dangereux de se faire vacciner contre cette maladie.

Capture d'écran Facebook prise le 5 juillet 2021On retrouve la vidéo sur sa page Facebook le 18 mai (plus de 520 partages depuis), et sur son site internet, datée là aussi du 18 mai 2021, parmi d'autres "VIDEOS DE REINFORMATION SUR LA MANIPULATION DU COVID".

La vidéo a par ailleurs fait florès sur le réseau social russe VK ici (17.000 vues depuis le 19 mai) ou là (28.000 vues depuis le 20 mai) par exemple .

Qui est Pascal Trotta ? Selon son site internet, il est "ancien Interne des Hôpitaux de Paris, radiologue, homéopathe, nutritionniste et acupuncteur auriculaire".

Outre les consultations, il vend via son site ses livres et "les produits santé du laboratoire Nutritional Dr Trotta", à savoir des "produits et compléments naturels mis au point par le Docteur et fabriqués en France, pour prévenir et soigner les maladies sans effet secondaire".

Son cabinet n'est pas en France mais en Espagne, à San Sebastian. Pascal Trotta relaie régulièrement de la désinformation autour du Covid et il figurait parmi les intervenants du "documentaire" complotiste Hold Up, sorti fin 2020. Sa chaîne YouTube compte un peu moins de 12.000 abonnés.

Il a été épinglé par l’Unadfi (Union Nationale des Associations de Défense des Familles et de l’Individu victimes de sectes) pour avoir diffusé au début de la pandémie une vidéo sur YouTube vantant sans preuves scientifiques les vertus médicinales de l’ail et de l’oignon pour lutter contre le Covid-19.

Dans la vidéo que nous examinons dans cette article, il fait de nouveau de fausses allégations - visant à détourner de la vaccination - pourtant déjà démenties par nombre d'experts, comme nous allons le voir. En fin de vidéo, il appelle également à ne pas respecter "ces mesures débiles d’éloignement et de distanciation sociale".

Des fioles de vaccins Pfizer le 5 juillet 2021 en Israël ( AFP / JACK GUEZ)

Vaccins et variants : attention aux raccourcis"On vous injecte, si vous vous faites vacciner, un matériel génétique d’ARN de Covid dans votre muscle. Or, il ne faut jamais, c’est une règle épidémiologique, vacciner en période d’épidémie car il risque d’y avoir dans notre corps un mélange entre ce virus artificiel vaccinal et le virus Covid (....). Et le mélange d’un virus artificiel et d’un virus naturel peut entraîner une mutation, et c’est ce que l’on appelle un variant", affirme Pascal Trotta.

Il reprend ici la théorie anti-vaccinale selon laquelle ce sont les vaccins qui créent les variants, une infox qui a beaucoup de succès sur les réseaux sociaux, en particulier depuis l'apparition de premiers variants préoccupants du Sars-CoV-2 l'hiver dernier.

Première confusion : contrairement à ce que que dit Pascal Trotta, la vaccination à ARN messager (comme les vaccins de Pfizer/BionTech et de Moderna) ne consiste pas à injecter de l'ARN de virus.

"Déjà, il y a un problème dans les termes : il n y a pas de virus induit par la vaccination (...) on ne rentre pas de virus artificiel dans le corps, on rentre un bout d’information qui permet de fabriquer une protéine", a expliqué à l'AFP le 5 juillet Frédéric Altare, directeur du Département d'Immunologie au Centre de recherche en cancérologie et immunologie Nantes-Angers (CRCINA) et directeur de recherche à l'Inserm.

Comme expliqué dans de nombreux articles de l'AFP depuis l'été dernier, la vaccination à ARN messager est une technique qui consiste à injecter dans l'organisme une molécule d'ARN messager qui contient le code génétique de la protéine S ("spike") du Sars-CoV-2, le virus à l'origine du Covid-19.

La cellule du vacciné va lire ce code - qui est une sorte de plan de construction ou de recette de cuisine - et produire elle-même cette protéine, qui agit alors comme une sorte de leurre inoffensif, déclenchant du même coup une réponse immunitaire dans l'organisme, qui créé des anticorps dirigés contre cette protéine.

Ainsi entraîné, le corps saura se défendre contre une vraie infection de Sars-CoV-2 si la personne venait à le contracter. L’infection sera alors stoppée sans laisser le temps à la maladie de s’installer.

Et "bien sûr qu'il faut vacciner en période d'épidémie", souligne en outre Frédéric Altare.

On voit donc d'emblée que l'argument de Pascal Trotta d'un "virus artificiel et d’un virus naturel" qui se "mélangent" ne tient pas puisqu'il n'y a pas de "virus artificiel" : le vaccin à ARN messager n'injecte pas de virus mais ordonne aux cellules de fabriquer, de façon localisée et transitoire, sa seule protéine "spike".

Plus largement, quelque soit l'argument censé l'étayer, la thèse selon laquelle les vaccins sont responsables des variants a la vie dure, bien qu'elle soit infondée scientifiquement.

“Le professeur Montagnier a démontré scientifiquement que les variants provenaient vraisemblablement de la vaccination et que partout dans les pays où l'on vaccinait de façon massive, on observait une recrudescence des infections virales, notamment à Covid", dit Pascal Trotta.

Plus précisément, le Pr Montagnier, Prix Nobel de médecine en 2008 pour ses travaux sur le VIH mais totalement désavoué par la communauté scientifique depuis, a fait cette affirmation dans une vidéo datée de mai 2021, dont le contenu est critiqué par un chercheur de l'Inserm dans un article de vérification de nos confrères de LCI.

Vincent Maréchal, professeur de virologie et chercheur au Centre de recherche Saint Antoine (Inserm/Sorbonne Université), y explique que cette idée ne tient pas la route et que les mutations créant les variants sont un phénomène naturel, normal chez les virus.

En effet, les mutations se produisent quand le virus se réplique pour se multiplier car des erreurs se glissent dans ces copies : plus le virus circule, plus il y a de mutations et plus il y a de risques, statistiquement, que ces mutations soient problématiques. C'est bien pour cette raison que les médecins insistent sur le fait qu'il faut vacciner vite, pour laisser au virus moins d'opportunités de mutation.

D'ailleurs, la chronologie montre par exemple "que le mutant britannique est apparu au mois de septembre (2020) et il a fait de nombreux cas en novembre", a expliqué à l’AFP en janvier le professeur Yves Buisson de l'Académie de médecine, rappelant que la campagne de vaccination n'a démarré que le 8 décembre dans le pays. C'est également le cas du variant sud-africain.

Il n'est pas possible, "en fonction des observations conclure, que c'est la vaccination qui fait apparaître les variants", a abondé Pascal Crépey dans un article de l'AFP consacré le 12 février à une fausse affirmation identique.

Quant à l'idée selon laquelle il y a une reprise des cas dans les pays où l'on a beaucoup vacciné, elle est trompeuse.

Ainsi par exemple, de récentes données des autorités au Royaume-Uni, où les contaminations sont récemment reparties à la hausse, montrent que les personnes les plus touchées par ce rebond sont celles qui n'ont pas été vaccinées.

Sur les quelque 92.000 personnes contaminées par le variant Delta au Royaume-Uni entre le 1er février et le 21 juin, plus de la moitié d'entre elles --53.822-- n'étaient pas du tout vaccinées tandis que 7.235 avaient reçu leurs deux doses.

L'idée anxiogène de la vaccination Covid comme une "expérimentation"Là encore, cette idée reprise par Pascal Trotta est très populaire dans les publications aux accents complotistes et relayant des arguments erronés contre les vaccins.

Clairement destinée à inquiéter, cette idée sous-entend que les vaccins auraient été lancés sans contrôle, ce qui n'est pas le cas.

Les vaccins contre le Covid-19 autorisés en France ont tous suivi les étapes imposées à chaque traitement avant une mise sur le marché européen et hexagonal: une première phase pour évaluer l'éventuelle nocivité du produit, une deuxième pour le tester sur un nombre limité de malades et une troisième pour juger de l'intérêt thérapeutique auprès d'un échantillon plus étendu.

Les résultats de la phase 3 des essais cliniques, qui se déroule sur des milliers de volontaires ont été communiqués (par exemple ici pour Moderna et ici pour Pfizer en décembre) mais peuvent être mis à jour et complétés ensuite, aux termes de l'autorisation de mise sur le marché (AMM) conditionnelle accordée à ces vaccins.

Une AMM conditionnelle permet aux développeurs du vaccin de soumettre des données supplémentaires (études nouvelles ou en cours) après le feu vert des autorités, contrairement à une AMM classique où la totalité des données doit être préalablement soumise.

Dans le cadre de cette procédure , qui a permis d'accélérer considérablement la mise à disposition des vaccins contre le Covid, l'Agence européenne des médicaments (AEM) a accordé des autorisations pour un an, renouvelables.

"L'AMM conditionnelle rassemble tous les verrous de contrôles d’une autorisation de mise sur le marché standard pour garantir un niveau élevé de sécurité pour les patients", précise l'Agence nationale du médicament (ANSM) sur son site.

En délivrant une AMM conditionnelle, l'Agence européenne des médicaments (AEM) estime que la balance "bénéfice-risque" est respectée, c'est-à-dire que la protection offerte globalement contre le Covid-19 est beaucoup plus importante que les potentiels effets secondaires ou risques induits par le vaccin.

L'AEM souligne ainsi que les vaccins contre le Covid-19 ne peuvent être autorisés en Europe que s'ils "satisfont à toutes les exigences de qualité, de sécurité et d'efficacité définies dans la législation pharmaceutique de l'Union européenne".

Les vaccins anti-Covid sont en outre surveillés comme le lait sur le feu dans le monde entier et font comme tout nouveau produit médical, l'objet d'une phase de pharmacovigilance pour suivre les effets secondaires des vaccins aussi bien en France, par l'ANSM, qu'à l'échelle européenne, par l'AEM.

Malgré des suspicions liées notamment à l'apparition de rares caillots sanguins après la vaccination avec le vaccin AstraZeneca, les autorités sanitaires répètent jusqu'à présent que "le rapport bénéfice-risque du vaccin reste globalement positif".

Thromboses et vaccins : des cas extrêmement rares"On a vu des gens mourir de thromboses après l’injection de vaccination", dit Pascal Trotta, une affirmation anxiogène qu'il faut remettre en contexte.

L'Agence européenne du médicament (AEM )a indiqué en avril que les caillots sanguins, ou thromboses, devaient être répertoriés comme un effet secondaire "très rare" des vaccin AstraZeneca et Johnson & Johnson contre le Covid-19, qui sont des vaccins à vecteur viral et non à ARN messager.

Elle a reconnu "un lien possible" entre ces vaccins et "de très rares cas de caillots sanguins inhabituels associés à des plaquettes sanguines basses", tout en estimant dans les deux cas que les bénéfices l'emportent sur les risques. Pour le vaccin AstraZeneca, l'AEM estimait en avril le risque de tels caillots à 1/100 000.

"Le caractère très atypique de ces thromboses et de ces troubles de la coagulation, leur tableau clinique commun et le délai de survenue homogène ont conduit le comité de suivi à confirmer la survenue, très rare, de ce risque thrombotique chez les personnes vaccinées par le vaccin Vaxzevria (AstraZeneca)", a aussi écrit l'ANSM dans sa dernière fiche de synthèse du suivi des vaccins, avec des données arrêtées au 24 juin.

Au 24 juin 2021, sur plus de 6,5 millions de dose d'AstraZeneca injectées, l'ANSM compte un total de 53 cas rapportés de thrombose atypique, dont 13 décès.

Concernant l'ensemble des quatre vaccins autorisés, "pour un total de plus de 42 millions d'injections en France, près de 49.000 déclarations d'effets indésirables ont été analysées par les CRPV (Centres régionaux de pharmacovigilance, NDLR). La grande majorité de ces effets indésirables sont attendus et non graves. Ces premières données de surveillance ainsi que la surveillance réalisée au niveau européen et mondial, confirment la balance bénéfices/risques favorable de l'ensemble des vaccins utilisés en France dans les populations ciblées par la stratégie vaccinale", précisait l'ANSM le 25 juin.

Un homme reçoit une dose du vaccin anti-Covid AstraZeneca à Denpasar, en Indonésie, le 5 juillet 2021 ( AFP / SONNY TUMBELAKA)Vaccins et maladies auto-immunes : pas d'éléments en ce sens, un risque écarté"On ne maîtrise pas à long terme la modification de votre immunité car on sait que des vaccins peuvent modifier l’immunité et réveiller des clones lymphocytaires endormis qui pourraient être à l'origine de l’explosion de maladies auto-immunes. Nous voyons, nous, médecins, de plus en plus de maladies auto-immunes et il faut bien se demander si (...) l’overdose vaccinale n’(en) est pas à l’origine", affirme Pascal Trotta, reprenant une autre affirmation trompeuse populaire.

Une maladie auto-immune provient d'une réaction excessive ou inadaptée du système immunitaire, ce "dysfonctionnement du système immunitaire conduisant ce dernier à s’attaquer aux constituants normaux de l’organisme", comme l'Inserm l'explique ici. C’est par exemple le cas dans le diabète de type 1, la sclérose en plaques ou encore la polyarthrite rhumatoïde.

L'idée serait que les vaccins anti-Covid entraîneraient le même type de réponse. Mais plusieurs experts ont déjà expliqué, par exemple dans cet article de vérification de l'AFP du 20 avril 2021, que rien ne venait accréditer l'idée que le vaccin entraîne des maladies auto-immunes.

La militante anti-vaccin américaine Sherry Tenpenny affirmait notamment que "les vaccins ARNm vont déclencher ce type de maladies et provoquer 'la destruction de nos poumons par nos anticorps'.

Mais "les maladies auto-immunes peuvent être la conséquence d'une ou plusieurs mutations de l'ADN. Le processus par lequel ces mutations apparaissent n'a rien à voir avec l'ARN messager", avait expliqué Thalia García Téllez, spécialiste et chercheuse en maladies infectieuses et vaccinologie à l'hôpital Cochin de Paris.

Roselyn Lemus-Martin, docteure en biologie moléculaire à l'Université d'Oxford et spécialiste des vaccins et traitements contre le Covid-19, avait assuré à l'AFP qu'il n'y avait "aucune preuve scientifique" montrant que les vaccins à ARNm provoquaient des maladies auto-immunes.

Attribuer aux vaccins la hausse - réellement observée - des maladies auto-immunes n'est pas une théorie née avec le Covid. Comme souvent, la pandémie voit recyclés abondamment des classiques anti-vaccins, pourtant déjà démystifiés à de nombreuses reprises.

"Dans leur grande majorité, les maladies auto-immunes sont multifactorielles : cela rend difficile — pour ne pas dire impossible — d’en déterminer l’origine exacte. A quelques exceptions près, on estime qu’elle repose sur l’association de facteurs génétiques, endogènes, exogènes et/ou environnementaux", indique aussi l'Inserm sur son site. Parmi la liste de ces facteurs possibles mentionnés par l'Institut de recherche, on ne trouve pas les vaccins.

"Un temps suspectée comme pouvant être à l’origine de l’émergence de maladies auto-immunes ou bien de poussées chez les patients atteints de maladies auto-immunes, la vaccination a depuis prouvé son innocuité dans ses situations et son efficacité", peut-on aussi lire sur le site du Centre National de Référence (CRMR) des maladies auto-immunes de Strasbourg.

Capture d'écran du site du Centre national de référence des maladies auto-immunes, faite le 5 juillet 2021Une maladie auto-immune, "c'est quelque chose qui s’attaque à notre propre corps. Donc comment, en injectant quelque chose qui vient de l'extérieur, qui n’a rien à voir avec nous, on pourrait déclencher quelque chose contre nous mêmes ?", souligne aussi Frédéric Altare auprès de l'AFP, qui rappelle que de vastes recherches ont permis d'exclure que les vaccins entraînent des maladies auto-immunes.

Jeunes et en bonne santé, pas besoin de vaccin ? Pas si simple Comme beaucoup d'opposants à la vaccination, Pascal Trotta estime qu'"il existe peu de chance de mourir du Covid si on a moins de 80 ans", et donc que les personnes jeunes et en bonne santé n'ont pas besoin de se faire vacciner.

Ce raisonnement est fallacieux pour plusieurs raisons : premièrement, le nombre de décès parmi les moins de 80 ans n'est pas négligeable, loin de là. La maladie atteint et tue aussi des personnes plus jeunes et en bonne santé.

Si "les risques d’être hospitalisé ou de décéder des suites de ce virus augmentent de façon exponentielle avec l’âge", comme le souligne une étude du groupe français Epi-Phare, les Français âgés de moins de 80 ans ont également été touchés par la pandémie, comme en témoignent les données publiées sur la plateforme de Santé Publique France, Géodes. Ainsi, au 5 juillet 2021, 32.774 personnes de moins de 80 ans sont décédées du Covid à l’hôpital, sur un total de 84.668 morts à l’hôpital.

Deuxièmement, la mortalité n'est pas le seul indicateur de dangerosité du Covid, les hospitalisations longues avec séjour en réanimation ont pu laisser des séquelles physiques et psychologiques importantes dans toutes les tranches d'âge. Par ailleurs, les "Covid longs" touchent largement des adultes plutôt jeunes et en bonne santé et peuvent laisser des séquelles importantes. Près d'un quart des malades du Covid ont des soucis de santé persistants , a aussi montré une étude américaine récente.

Troisièmement, l'intérêt de la vaccination est précisément que les vaccinés se protègent les uns les autres. En d'autres termes, même si statistiquement, une personne jeune et en bonne santé est moins à risque d'être gravement atteinte, elle protège en se vaccinant tous ceux qui, malades et/ou âgés, sont à risque plus élevé.

Et ce, même si ces derniers sont vaccinés car ils répondent souvent moins efficacement aux vaccins.

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