Macron giflé : non, les barrières de sécurité n'étaient pas "ouvertes"

Macron giflé : non, les barrières de sécurité n'étaient pas "ouvertes"

publié le mercredi 09 juin 2021 à 10h06

"C'est une ridicule mise en scène" : un visuel partagé plusieurs centaines de fois sur les réseaux sociaux, prétend que la "barrière de sécurité [était] ouverte" mardi 8 juin, au moment où un homme a giflé Emmanuel Macron à Tain-l'Hermitage (Drôme). C'est faux, comme le montrent deux vidéos de la scène prises de deux angles différents.

"Attention ! C'est une ridicule mise en scène", alerte l'auteur du visuel partagé sur Facebook et Twitter.

"1/ Macron court directement vers un gars seul AU MILIEU DE LA BARRIÈRE ! 2/ La barrière de sécurité est OUVERTE ! 3/ Macron "serre" le bras GAUCHE et non la MAIN DROITE du gars ! 4/ Les forces de sécurité ne bougent pas ! En gros la petite tape sur le bras du gras veut dire : allez... vas-y mets-la moi ! Les mougeons vont avaler ça", peut-on lire en lettres blanches sur fond rouge.

Capture d'écran Facebook prise le 09/06/2021

"Et dire qu'il y en a qui vont gober ça pppffff", réagit une internaute. "Espèce de menteur pourri jusqu'à la moelle", commente une autre.

 

Une des deux captures d'écran de la vidéo figurant sur le visuel peut donner l'impression que les barrières censées séparer Emmanuel Macron du public étaient ouvertes au moment où le chef de l'Etat s'est fait gifler. Deux petites flèches rouges ajoutées sur l'image de mauvaise qualité renforcent cette impression.

Capture d'écran Facebook prise le 9 juin 2021

Pour autant, les deux vidéos de la scène diffusées après l'agression du chef de l'Etat permettent de contredire cette affirmation.

La première, diffusée sur Snapchat et Twitter mardi 8 juin en début d'après-midi, montre que l'homme de 28 ans ayant giflé Emmanuel Macron après avoir poussé le cri de guerre royaliste "Montjoie, Saint Denis !" se trouvait à la jonction de deux barrières de sécurité en métal.

Celles-ci étaient bien accrochées l'une à l'autre, avant et après la gifle (voir à partir de 00'05"). 

Une deuxième vidéo, publiée par BFMTV en fin d'après-midi, permet de confirmer cela. Les deux barrières formaient une légère pointe en direction du président mais étaient bien reliées entre elles.

Ces deux vidéos permettent également de contredire l'affirmation selon laquelle les forces de sécurité n'auraient pas "boug[é]".

L'auteur de visuel souligne par ailleurs que le président a "serr[é] le bras gauche et non la main droite du gars", une "petite tape" selon lui destinée à provoquer la claque.

Pour autant, ce geste, effectivement visible sur les vidéos ci-dessus, est habituel chez Emmanuel Macron : lors de bain de foule, le président saisit régulièrement (voir ci-dessous ou encore ici, ici, ici ou là) les bras ou avant-bras des personnes face à lui, jusque là sans recevoir de gifle en retour.

Emmanuel Macron à Tende, dans la vallée de la Roya (Alpes-Maritimes), le 7 octobre 2020 (AFP / Christophe Simon)

Emmanuel Macron à Bormes-les-Mimosas (Var), le 18 août 2019 (CNews)

 

Deux hommes – des Drômois de 28 ans, selon Alex Perrin, procureur de la République à Valence – dont l'auteur de la gifle, ont immédiatement été interpellés et entendus par les gendarmes mardi. "À ce stade des gardes à vue, leurs motivations ne sont pas connues", a ajouté le magistrat mardi soir.

La gifle adressée à Emmanuel Macron, une première dans son quinquennat, a suscité l'indignation de l'ensemble de la classe politique, même si le chef de l'Etat a tenté de relativiser "un fait isolé" commis par "des individus ultraviolents". "C'est de la bêtise. Et quand la bêtise s'allie à la violence, c'est inacceptable", a-t-il dit.

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