La maison de Carlos Ghosn détruite après les explosions à Beyrouth ? Son entourage dément

La maison de Carlos Ghosn détruite après les explosions à Beyrouth ? Son entourage dément

, publié le samedi 08 août 2020 à 12h50

De nombreux médias ont affirmé jeudi 6 août que la maison à Beyrouth de l'ancien patron de l'alliance Renault-Nissan  avait été "détruite" par les explosions survenues dans la capitale libanaise. Contacté par l'AFP samedi 8 août, l'entourage de Carlos Ghosn a démenti. Des photos prises par un photographe de l'AFP vendredi 7 août montrent que le bâtiment n'a pas été détruit par le souffle de l'explosion.

"La maison de Carlos Ghosn 'détruite' par les explosions" à Beyrouth, peut-on lire sur le site de nombreux titres de presse depuis jeudi.


capture d'écran réalisée sur Google le 8 août 2020


capture d'écran réalisée sur Google le 8 août 2020

 

Tous se basent sur l'article d'un média brésilien affirmant que Carole Ghosn, l'épouse de l'homme d'affaires, a déclaré que la maison avait été détruite après les explosions.

"Nous allons bien, mais la maison est détruite", aurait-elle déclaré au journal O Estadao de S. Paulo. Le journal illustre son article avec une photo d'une maison aux murs roses.

Cette maison est située dans une ruelle huppée du quartier d'Achrafieh à Beyrouth, à proximité du port, où deux explosions survenues le 4 août ont fait plus de 150 morts et des milliers de blessés, selon un dernier bilan :

 


Localisation des explosions survenues à Beyrouth le 4 août 2020 (AFP)


Localisation de la demeure de Carlos Ghosn (AFP)


Le 7 janvier dernier, l'AFP avait réalisé des images de l'extérieur du lieu à l'approche d'une conférence de presse que devait donner  Carlos Ghosn peu après sa fuite du Japon :


La maison de Carlos Ghosn le 7 janvier 2020 (AFP / Joseph Eid)

 

Démenti de l'entourage

Contacté par l'AFP samedi 8 août, l'entourage de Carlos Ghosn dément fermement et confirme que la maison n'est "pas du tout détruite" même si elle "est endommagée".

Il assure que Carole Ghosn, "contactée" par un journaliste, n'a pas dit que sa maison avait été détruite mais qu'elle avait subi des dommages, "comme beaucoup de maisons dans le quartier", précise l'entourage du couple Ghosn. 

Interrogé par mail par l'AFP samedi 8 août en début d'après-midi, l'auteur de l'article a maintenu les propos attribués à Carole Ghosn dans son papier.

Dans un nouvel article diffusé sur son site samedi soir, l'Estadao a depuis expliqué que la maison n'avait pas été détruite, citant cette fois une source proche de la famille. Cette "source proche de la famille a précisé ce samedi que les dégâts à la maison étaient limités aux fenêtres et que la déclaration de Carole Gohsn reflétait la tension du jour de l'explosion", est-il écrit.

Selon l'Estadao, l'homme d'affaires et son épouse n'étaient pas chez eux au moment de l'incendie. Ils ont été informés par les agents de sécurité de la maison que la propriété était devenue "inhabitable". À leur retour, "ils auraient réalisé que les dégâts n'étaient pas si graves", avance le quotidien.

 

Un photographe du bureau de l'AFP à Beyrouth s'est rendu sur place vendredi 7 août. La maison en question "n'a pas été détruite (...) seules les vitres étaient un peu endommagées", a-t-il expliqué.

Il a également transmis des clichés pris le 7 août, où l'on peut constater que la maison n'a pas été rasée par le souffle de l'explosion :


Une photo du domicile de Carlos Ghosn à Beyrouth, le 7 août 2020 (AFP / Anwar Amro)


Une photo du domicile de Carlos Ghosn à Beyrouth, le 7 août 2020 (AFP / Anwar Amro)

 

 

Interpellé à Tokyo en novembre 2018, Carlos Ghosn avait été libéré sous caution en avril 2019, au terme de 130 jours d'incarcération, et assigné à domicile. Le 30 décembre, il était arrivé à Beyrouth au terme d'une fuite rocambolesque.

 

Détenteur des nationalités française, libanaise et brésilienne, il fait l'objet de quatre inculpations au Japon : deux pour des revenus différés non déclarés aux autorités boursières par Nissan, et deux autres pour abus de confiance aggravé.

Le 9 janvier, la justice libanaise lui a interdit de quitter le pays à la suite d'une demande d'arrestation d'Interpol, le Japon réclamant son extradition.


Les grandes étapes de l'affaire Carlos Ghosn au 7 janvier 2020 (AFP)

Vos réactions doivent respecter nos CGU.