"Hold-up" : une vidéo truffée de fausses informations

"Hold-up" : une vidéo truffée de fausses informations

, publié le vendredi 13 novembre 2020 à 15h08

"Hold-up", une vidéo dénonçant les mesures prises en France et dans le monde contre le Covid-19 et évoquant "une manipulation globale" autour de la pandémie, a été vue des centaines de milliers de fois depuis sa mise en ligne le 11 novembre. Cette vidéo déroule un argumentaire complotiste truffé d'au moins une trentaine de fausses affirmations, selon le travail de vérification de l'équipe AFP Factuel.

Financé par une cagnotte en ligne puis diffusé officiellement sur internet le mercredi 11 novembre, "Hold-up" rassemble une galaxie d'intervenants et d'experts en tout genre attaquant les mesures prises pour limiter la propagation du virus et va jusqu'à expliquer son apparition par un vaste complot mondial.

Depuis sa mise en ligne, cette vidéo de 2h40 a été partagée et mise en avant des milliers de fois sur les réseaux sociaux, notamment par des célébrités comme Sophie Marceau ou le rappeur Booba.

 


 

 



 




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Une publication partagée par Sophie Marceau (@sophiemarceau)

Imitant les codes de l'investigation journalistique, cette vidéo mêle les témoignages d'une trentaine d'intervenants variés, allant de chauffeurs de taxi anonymes à l'infectiologue controversé Christian Perronne.

Une courte biographie des principaux intervenants de la vidéo se trouve en bas de cet article.

Le producteur de "Hold-up" Christophe Cossé décrit le Covid-19 comme un "virus pas plus offensif qu'un autre Covid saisonnier" et fustige une "idéologie sanitaire autoritaire" qui veut "contraindre à une société de surveillance et de soumission", a-t-il détaillé dans une tribune publiée sur France Soir.

Dès le lendemain de la sortie de "Hold-up", plusieurs responsables politiques ont condamné la "propagande complotiste" de ce documentaire, qui entend mettre en cause "l'entreprise de manipulation globale" entourant la pandémie de Covid-19.

Le même jour, l'ancien ministre de la Santé, Philippe Douste-Blazy, intervenant dans "Hold-up", s'est déclaré sur RTL "scandalisé par presque tout ce qui est dit dans le film", dont il "se désolidarise".

S'il revient sur des événements bien réels survenus -comme la polémique autour d'une étude publiée dans la revue scientifique The Lancet concernant l'hydroxychloroquine et désavouée par ses propres auteurs-, le film "Hold-up" comporte au moins une trentaine de fausses informations, selon le travail de vérification de l'équipe AFP Factuel.

Des masques "nids à microbes" inutiles

Des intervenants s'appuient notamment sur des propos du gouvernement qui, dans un premier temps (1,2,3), avait estimé qu'il n'était pas nécessaire pour le grand public d'en porter, avant de changer de doctrine.

Selon Astrid Stuckelberger, présentée comme une docteure en médecine, "l'OMS ne dit pas que tout le monde doit mettre un masque". C'est faux. L'Organisation mondiale de la Santé préconise bien le port du masque pour le grand public dans une note diffusée en juin. 

La dermatologue Claude Veres affirme que les masques chirurgicaux ne "sont pas très protecteurs" et que les masques en coton deviennent des "nids à microbes en quelques heures", deux théories déjà contredites par des experts à l'AFP. 

Les masques chirurgicaux permettent de limiter la diffusion du virus, surtout en protégeant les autres de nos propres postillons, selon plusieurs experts interrogés depuis mars. De nombreux autres spécialistes ont assuré que les masques dits "grand public" n'étaient pas dangereux pour la santé, quand ils étaient portés correctement. 

La dangerosité, la nature et l'origine du virus

"Le propre d'un virus c'est de circuler, on ne peut pas l'empêcher de circuler. Il faut apprendre à cohabiter avec. On ne peut pas exterminer un virus", affirme dans "Hold-up" Jean-Dominique Michel, anthropologue de la Santé.

Cette affirmation est en partie erronée. Il est vrai que de nombreux virus, à l'instar de ceux responsables de la grippe, contraignent effectivement les populations à "vivre avec", et les autorités sanitaires doivent renouveler des campagnes de vaccination pour protéger la population des infections.

Emmanuel Macron a lui aussi d'ailleurs évoqué la nécessité de "vivre avec le virus", dans un discours à la Nation.

Toutefois, il existe un exemple célèbre de maladie contagieuse éradiquée : la variole. Maladie infectieuse transmissible causée par le virus variolique, et responsable de centaines de millions de morts selon les chiffres de l'OMS, elle a été déclarée officiellement éradiquée par l'organisation internationale, lors d'une cérémonie le 8 mai 1980. 

Selon Luc Montagnier, virologue et prix Nobel de médecine décrié, "le virus se débarrasse des corps étrangers, il devient bien moins méchant" avec le temps.


Luc Montagnier lors d'une conférence sur la vaccination à Paris le 7 novembre 2017 (AFP / Stephane De Sakutin)

Il est tout à fait exact de dire que le virus change, car il subit des mutations. Est-ce qu'elles le rendent plus ou moins dangereux ? Pour l'instant, on ne le sait pas avec certitude. 

"Pour l'instant, on a l'impression que le virus est moins virulent car on teste plus, il y a donc moins d'hospitalisations et de décès par rapport au nombre de cas positifs (comparé au premier pic de l'épidémie en mars et avril, NDLR). Mais c'est un effet psychologique", expliquait le 30 septembre à l'AFP Frédéric Cotton, chef du service de chimie médicale au Laboratoire Hospitalier Universitaire de Bruxelles.

Le 12 octobre 2020, l'Inserm publiait un article dans lequel il rappelait que "dans tous les contextes épidémiques, par exemple lors des épidémies de grippe ou de polio, les mutations des virus responsables ont toujours fini par aboutir à une atténuation de leur virulence" et que "les virologues espèrent que ce sera aussi le cas pour l'épidémie de SARS-CoV-2".

Toutefois, l'Inserm explique dans ce même article que "plusieurs dizaines de mutations du SARS-CoV-2 ont déjà été décrites, sans que des conséquences sur l'épidémie aient été mises en évidence".

Ancien pharmacien, Jean-Bernard Fourtillan assure dans "Hold-up" qu'un brevet avait déjà été déposé sur "les tests pour détecter la maladie Covid-19, le 13 octobre 2015", une affirmation déjà infirmée par l'AFP. 

Comme indiqué sur le site de l'Office européen des brevets, ce brevet a été actualisé en 2020 par son inventeur pour adapter la technologie initialement brevetée (des techniques d'analyse de données biométriques) à la détection du nouveau coronavirus.

M. Fourtillan affirme ensuite que le virus "a été fabriqué par l'Institut Pasteur", une fausse information vérifiée par l'AFP à plusieurs reprises et démentie par l'Institut. 

Cette infox repose sur un brevet déposé par l'Institut en 2004, or celui-ci porte sur le code génétique d'un virus cousin mais différent du SARS-CoV-2. Début novembre, la justice a condamné un internaute ayant diffusé une fausse information similaire pour "diffamation".

Les tests RT-PCR

A la 9ème minute environ, il est affirmé que le nombre élevé de cas positifs en France s'explique par le nombre de "cycles d'amplification" utlisés par les tests RT-PCR pour détecter le Sars-Cov-2. Cette idée repose sur une inteprétation abusive de la notion de cycles et méconnaît les limites scientifiques de cet indicateur.

Elle suppose aussi qu'il existe des seuils connus et fixes nationaux qui seraient comparables d'un pays à l'autre. C'est erroné.

Ce qui est exact, c'est que pour pouvoir détecter même de petites quantités de virus, le test RT-PCR va amplifier son matériel génétique (l'ARN) un certain nombre de fois, à des températures différentes: ce sont les cycles d'amplification ("CT" selon l'acronyme anglais).

Pour autant c'est un indicateur incomplet, imparfait et qui ne peut pas être universel car il existe différentes techniques de RT-PCR, qui n'ont pas toutes besoin du même nombre de cycles pour détecter la même quantité de virus. 

La question des limites d'interprétation des valeurs CT a fait l'objet d'un article de l'AFP détaillé publié le 22 septembre. Il n'est pas possible de considérer que des valeurs de CT sont interprétables et comparables entre elles ni de généraliser des valeurs  CT maximales pratiquées dans un pays.

De la même manière, la production relaie l'affirmation selon laquelle ce système d'amplification entraîne la détection de "traces infinitésimales de n'importe quoi", comme une grippe ou un rhume.

Une affirmation erronée dont nous vous parlions déjà ici, en octobre 2020.

Autre déclaration contenue dans Hold-up : 95% des tests positifs détectés en Grande-Bretagne seraient des "faux positifs". C'est également erroné. L'idée similaire de 90% de "faux positifs en France" a été démystifiée par des experts dans cet article de l'AFP. 

La Suède épargnée sans confinement

Les auteurs de cette vidéo comparent les pics de décès journaliers entre la France et la Suède, qui a mené une stratégie moins stricte que la plupart des pays européens face au coronavirus. Preuve selon les auteurs de l'inefficacité du confinement, la Suède comptait 115 morts par jour au plus fort de la crise mi-avril contre 1.483 en France.

Mais lorsque l'on rapporte ces chiffres à la population des deux pays, on s'aperçoit que les taux de mortalité sont assez proches et ce malgré une densité de population moindre en Suède, selon les données récoltées par l'AFP.

Le Portugal, qui possède une population comparable à celle de la Suède et qui a mis en place un confinement strict au printemps, a un taux de mortalité deux fois inférieur à celui de la Suède.


(Capture d'écran de la production "Hold-Up", réalisée le 12 novembre)

"Ce virus va jusqu'à faire construire des futurs camps d'internement au Canada", soutient également la voix off aux alentours des 11 minutes. Cette fausse rumeur avait déjà été vérifiée par l'AFP dans un article daté du 16 octobre.

Il s'agissait d'un dispositif de quarantaine prévu uniquement pour les voyageurs en provenance de l'étranger dans l'incapacité de s'isoler. "En général, ce sont des hôtels, donc je ne sais pas vraiment d'où provient la notion de camps d'internement", avait expliqué André Gagnon, un porte-parole de Santé Canada, l'agence publique en charge de la réponse à la pandémie.

Une intervenante de "Hold-up" affirme également que l'OMS a interdit les autopsies, ce qui est faux

Hydroxychloroquine, Lancet et Rivotril

De nombreux intervenants affirment que l'hydroxychloroquine est un traitement contre le Covid, affirmant que ce médicament promu par Didier Raoult a prouvé son efficacité.

C'est faux. Depuis le début de l'épidémie, le professeur Raoult a bien rendu publiques plusieurs études mais elles ont été largement critiquées en raison de leurs problèmes méthodologiques importants. 


Didier Raoult devant une commission au Sénat sur la gestion de la pandémie en France

Depuis, d'autres études - comme le vaste essai britannique Recovery, la française Hycovid, ou Solidarity, menée dans le monde par l'OMS - sont parvenues à la conclusion que l'hydroxychloroquine n'est pas efficace contre le Covid-19. 

En diffusant un graphique des résultats préliminaires de l'essai français Discovery, le narrateur de "Hold-up" affirme que ce test a été annulé "pour faire barrage à l'hydroxychloroquine, qui affichait les meilleurs résultats intermédiaires".

Cette intox avait déjà été vérifiée par l'AFP. Les premiers résultats ne montraient en réalité "aucun effet" du traitement à l'hydroxychloroquine sur la maladie, selon l'épidémiologiste Dominique Costagliola, membre du comité de décision de Discovery.

Fin mai, la revue médicale The Lancet a publié une étude concluant à l'inefficacité et même à la dangerosité du traitement à l'hydroxychloroquine. Fait rarissime, cette étude a été retirée par certains de ses auteurs la semaine suivante en raison de doutes sur la fiabilité et l'origine des données médicales des patients utilisées dans l'étude.

Dans "Hold-up", le professeur Christian Perronne affirme qu'en "Suisse, en Asie et en Amérique", "un pic de mortalité" est survenu "pendant 2-3 semaines" sous "l'effet Lancet, quand les gens ont arrêté de prescrire".

Ces propos sont infondés. Les chiffres officiels de la mortalité des pays et régions concernées, compilés chaque jour par l'AFP, ne montrent pas de pic tendanciel de mortalité sur cette période.

Un peu plus tard, le pharmacien Serge Rader affirme que les patients âgés atteints du Covid-19 reçoivent une "seringue de Rivotril pour les achever complètement alors qu'ils étaient en détresse respiratoire".

Cette interprétation est fausse. Le Rivotril n'est pas utilisé pour "achever" les malades ou les "euthanasier", comme l'évoquaient déjà des intox démenties par l'AFP en avril dernier.

Le complot mondial

"Comme par hasard il n'y a pas eu de grippe cette année", affirme Violaine Guérin, présentée comme endocrinologue et gynécologue.

C'est faux. Le bilan de la Saison 2019-2020 publié par Santé Publique France le 12 octobre 2020 fait état de 3 680 morts attribuables à la grippe entre octobre 2019 et mars 2020. L'Agence nationale de santé publique, qui admet que "le suivi des indicateurs de la surveillance de la grippe saisonnière a été perturbé par l'épidémie de COVID-19", a également relevé au moins "1,25 million de consultations pour syndrome grippal durant l'épidémie".

Dans un passage où est évoqué le rôle des médias dans la couverture de l'épidémie, le narrateur de "Hold-up" épingle l'AFP et affirme que son PDG, Fabrice Fries, a été "camarade de promo" du président de la République Emmanuel Macron à l'Ecole Nationale d'Administration (ENA). C'est faux : les deux hommes ont été diplômés à 18 ans d'écart, Fabrice Fries en 1986 et l'actuel président en 2004.

A la fin de la vidéo, le narrateur décrit également l'existence d'"un plan global" appelé "Great Reset" ("Grande Réinitialisation", en français), créé par "une élite mondiale (...) qui veut soumettre l'humanité" et qui serait dirigé par des personnes finançant le Forum Économique Mondial de Davos. 

Le Forum Économique Mondial a bien lancé un projet appelé "Great Reset". Néanmoins, il ne s'agit pas d'un projet secret, mais le nom d'une initiative facilement trouvable sur le site du Forum Économique Mondial. 

"Il s'agit d'un engagement à construire ensemble une économie plus juste et plus durable après la crise sanitaire", a expliqué à l'AFP le 13 novembre 2020 Yann Zopf, du Forum Économique Mondial, "mais en aucun cas cela doit être compris comme un 'reset' de l'humanité ou les peuples comme c'est interprété dans cette production et dans beaucoup d'autres théories de complot". 

Les principaux intervenants dans "Hold-up" : 

Xavier Azalbert : propriétaire du site francesoir.fr. Autrefois un des plus grands quotidiens français, dans les années 50, France Soir assure aujourd'hui faire "le pari partagé d'un journalisme moderne, collaboratif et de qualité", mais ne comprend aucun journaliste dans son équipe. Depuis le début de la pandémie, le site s'est signalé par des articles extrêmement critiques sur la gestion de la pandémie par les autorités et l'ensemble des chercheurs mettant en cause l'efficacité de l'hydroxychoroquine.

Pierre Barnérias : réalisateur de "Hold-up", il est le propriétaire de la chaîne YouTube Thana TV. A l'origine consacrée à "l'au-delà", celle-ci est devenue presque toute entière consacrée au Covid-19 depuis le printemps. Toutes les vidéos qui sont publiées à ce sujet vont dans le sens des arguments développés dans "Hold-up". 

Luigi Cavanna : chef du service d'oncologie et d'hématologie de l'hôpital de Piacenza, en Italie. Partisan du traitement des malades du Covid-19 avec l'hydroxychloroquine, le magazine Time lui a notamment consacré un portrait en avril dernier. 

Jean-Bernard Fourtillan : pharmacien et professeur agrégé de chimie thérapeutique. Il est à la retraite depuis 2008 et ne figure plus sur la liste de l'Ordre des Médecins. Il est proche du Pr Henri Joyeux, célèbre militant anti-vaccins, et a lui-même tenu des propos soutenant ces positions. Tous deux ont fondé le "Fonds Josefa" qui prône le traitement de maladies neurologiques - comme Alzheimer ou Parkinson -  par la "valentonine", présentée comme une "hormone" dont il revendique la "découverte". En 2019, il avait mené illégalement avec sept autres médecins un essai clinique sur au moins 350 malades de Parkinson ou d'Alzheimer dans une abbaye près de Poitiers, une "atteinte grave au code de la santé publique et au code pénal" pour l'Agence du médicament (ANSM). Il avait été placé en garde à vue dans cette affaire qui est toujours en cours d'instruction. Début 2020, il a par ailleurs affirmé au magazine Capital que "l'objectif de cette fausse pandémie (de SARS-CoV-2, NDLR) est de vacciner la population mondiale avec un vaccin contre le Covid-19 extrêmement dangereux, qui est le fruit d'une manipulation génétique du Sars-CoV-2". 

Violaine Guérin : endocrinologue, elle est cofondatrice de "Laissons les médecins prescrire", collectif de praticiens plaidant pour la liberté de prescrire l'hydroxychloroquine. Ce collectif avait notamment fait scandale en septembre en louant de supposés travaux de recherche du médecin d'Auschwitz, Josef Mengele.

Alexandra Henrion-Caude : généticienne réputée, ex-directrice de recherche à l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) - institution qui a depuis pris ses distances -, elle s'est en particulier distinguée dans une vidéo virale diffusée par la chaîne YouTube Planetes360 (et non sur la chaîne d'extrême-droite TV Libertés à qui elle a également donné une interview) où elle assure que les tests PCR permettraient d'atteindre un "lieu qui permettrait de passer des nanoparticules, des nouveaux modes de thérapie directement au niveau du cerveau".

Jean-Dominique Michel : il se présente comme "anthropologue de la santé" sur son blog. Sur profil LinkedIn, il détaille avoir été diplômé, pêle-mêle, de l'Université de Montréal, de la formation Esclarmonde (qui promeut la naturopathie), d'une académie de "psycho-physique" à Londres, d'instituts de coaching et d'une université américaine. Il a donné de nombreuses interviews dans lesquelles il critique les faits présentés par les scientifiques et minimise la pandémie. Son expertise dans le domaine de l'anthropologie de la santé a été remise en question.

Luc Montagnier : il a dirigé, de 1972 à 2000, l'unité d'oncologie virale de l'Institut Pasteur. En 2008, ses travaux sur la découverte du virus du sida en 1983, ont été récompensés par le prix Nobel de médecine, qu'il partage avec le Pr. Françoise Barré-Sinoussi. Mais il a aussi été moqué par la communauté scientifique en défendant des théories comme l'émission d'ondes électromagnétiques par l'ADN ou la papaye comme remède à certaines maladies. Plusieurs médias ont ces dernières années consacré des articles à son parcours, qualifié de "lent naufrage scientifique" en 2017 par Le Figaro, tandis que Le Monde détaillait dans ce portrait de 2018 ses prises de position "radicales" qui ont fait de lui un "paria".

Christian Perronne : infectiologue, chef de service à l'hôpital Raymond-Poincaré de Garches. Il est notamment connu pour ses travaux sur la maladie de Lyme (transmise par les tiques). Il est controversé dans le milieu médical, faisant partie de la minorité de médecins qui croient à l'existence d'une forme chronique de cette maladie, ce qui n'est scientifiquement pas établi. Depuis le début de la pandémie, il est invité régulièrement par des radios et TV où il multiplie les déclarations fausses ou trompeuses.

Serge Rader : ancien pharmacien connu pour ses positions anti-vaccins, il avait notamment assuré en avril que des personnes âgées étaient « achevées » faute de places dans les hôpitaux. Une interprétation, fausse, sur les modalités de délivrance du médicament Rivotril. 

Astrid Stuckelberger : scientifique et chercheuse rattachée à l'université de médecine de Genève. Elle se décrit sur son propre site comme "experte internationalement reconnue" spécialisée dans le "vieillissement et les technologies anti-âge, l'innovation et le bien-être". Elle est listée comme formatrice sur le site Escarlmonde, un organisme formant à la naturopathie. Sur son compte Twitter, elle plébiscite le "succès" d'un traitement à base d'hydroxychloroquine contre le Covid-19. 

Pascal Trotta : ex-interne des hôpitaux de Paris, il se présente sur son site comme radiologue, homéopathe, nutritionniste et acupuncteur auriculaire. Il a notamment été épinglé par l'Unadfi (Union Nationale des Associations de Défense des Familles et de l'Individu victimes de sectes) pour avoir diffusé au début de la pandémie une vidéo sur YouTube vantant sans preuves scientifiques les vertus médicinales de l'ail et de l'oignon pour lutter contre le Covid-19.

Claude Veres : dermatologue et vénérologue à Paris. Elle est signataire aux côtés de figures controversées comme Laurent Toubiana ou Christian Perronne d'une tribune critiquant "la dérive de la politique sanitaire du gouvernement français". Celle-ci aurait été  "censurée" selon leurs auteurs par certains médias mais publiée par le site France Soir. Ce texte de septembre 2020 affirme notamment que la perspective d'une "deuxième vague" de la pandémie est une "théorie catastrophique" et une "aberration épidémiologique".

Martine Wonner : médecin psychiatre, députée du Bas-Rhin, élue sous l'étiquette LREM. Elle a été exclue du groupe de la majorité présidentielle après avoir voté contre la stratégie de déconfinement. A l'assemblée nationale, plusieurs de ses affirmations sur la pandémie se sont révélées erronées.

Julie Charpentrat, Marie Genries, Marion Lefèvre, Sami Acef, François d'Astier, Robin Legrand, Thomas Saint-Cricq, Grégoire Lemarchand et Pauline Talagrand ont participé à la rédaction du dossier sur "Hold-Up"

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