En Guinée, élection, tensions et désinformation

En Guinée, élection, tensions et désinformation

, publié le jeudi 29 octobre 2020 à 18h27

Du début de la campagne mi-septembre jusqu'aux violences post-électorales actuelles, le scrutin présidentiel du 18 octobre 2020 en Guinée a été marqué par de nombreuses publications fausses ou trompeuses sur les réseaux sociaux.

Lors de l'élection présidentielle du 18 octobre, le président Alpha Condé, élu en 2010 et réélu en 2015, briguait un troisième mandat contesté par son principal rival Cellou Dalein Diallo, le dirigeant de l'Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG). 

La nouvelle constitution adoptée en 2016 limite en effet à deux le nombre de mandats présidentiels. Néanmoins, le Conseil constitutionnel a validé la candidature du président sortant, estimant que les compteurs avaient été remis à zéro lors de l'entrée en vigueur de ce dernier texte.

Dès le lendemain de l'élection, des troubles ont éclaté.

Ils ont redoublé le 24 octobre lorsqu'Alpha Condé a été déclaré vainqueur de la présidentielle avec 59,49% des voix, selon les résultats provisoires annoncés par la Commission électorale nationale indépendante (Céni).

Ces violences ont fait 21 morts, dont des membres des forces de l'ordre, selon le gouvernement. L'opposition dénonce, elle, une "répression sanglante" ayant tué au moins 27 personnes.

Retour sur cette élection à travers huit infox vérifiées par l'AFP.

 

LA CAMPAGNE

Fin septembre, des internautes ont massivement partagé des photos censées montrer des "émissaires" du principal rival d'Alpha Condé, Cellou Dalein Diallo, en train de détruire une route. Il s'agissait en réalité d'images de manifestants en colère en Afrique du Sud. 



Des partisans de Cellou Dalein Diallo ont fait circuler début octobre la photo d'une immense foule le long d'une large avenue, prétendant qu'il s'agissait d'un rassemblement en soutien à leur candidat. La photo date en fait de novembre 2016 et a été prise pendant le "Grand Magal", une célébration religieuse à Touba, au Sénégal.



A la veille du scrutin, les détracteurs d'Alpha Condé ont partagé une photo du président sortant, âgé de 82 ans, en affirmant qu'il s'était effondré pendant son meeting de fin de campagne. C'est faux: le chef du Rassemblement du peuple de Guinée (RPG) s'était tout simplement appuyé sur un de ses aides pour descendre d'une estrade.



 

LE JOUR DE L'ELECTION

Des photos de cartes d'électeurs jetées au sol, partagées plusieurs centaines de fois le jour du scrutin présidentiel, prouvaient selon des internautes qu'une "fraude massive" était en cours dans un fief de l'opposition. Les clichés montraient en fait des cartes électorales ivoiriennes. 



 

LES VIOLENCES POST-ELECTORALES

Après l'élection, trois photos différentes de corps sans vie ont circulé sur la Toile. Les internautes qui les partageaient ont expliqué qu'il s'agissait de victimes des violences qui avaient redoublé après le scrutin. Or tous ces clichés ont été sortis de leurs contextes respectifs: deux d'entres elles ont été prises en 2017 et 2018 au Nigeria, et l'autre en République démocratique du Congo (RDC) en juillet 2020.



Plusieurs internautes ont partagé, neuf jours après le scrutin, une vidéo de ce qu'ils affirmaient être une manifestation réprimée par les forces de l'ordre. La vidéo en question a bien été prise en Guinée mais remonte à début 2007, avant l'arrivée au pouvoir d'Alpha Condé, lorsque qu'une grève générale avat agité le pays.



 

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