Attention, cette vidéo d'une femme politique giflée provient de la série télévisée "Baron Noir"

Attention, cette vidéo d'une femme politique giflée provient de la série télévisée "Baron Noir"

publié le vendredi 18 juin 2021 à 17h45

Dans une vidéo vue plus de 254.000 fois depuis le 15 juin, une femme que les internautes présentent comme une députée française se fait gifler par un manifestant. "Encore une gifle" dans "la France de Macron", s'amuse l'auteur de la publication, en référence à celle reçue par le président français le 8 juin lors d’un déplacement dans le sud de la France. Mais attention: cette vidéo est en réalité extraite de la série française Baron Noir, produite par Canal+, et les personnages de la vidéo sont des acteurs. 

"Dictature dorendiste !" hurlent des manifestants dans une vidéo partagée plusieurs milliers de fois sur Facebook. Face à eux, une femme s'avance, l'air calme et assuré. Elle commence à échanger avec l'un des hommes qui lui font face : "expliquez-moi au moins pourquoi vous pensez que la France est une dictature", tente-t-elle. L'homme lui répond qu'elle est une "voleuse de pouvoir" et après quelques mots virulents, la gifle violemment.

Les internautes qui partagent cette vidéo affirment qu'il s'agit là d’une nouvelle "gifle", reçue par une "députée" française quelques jours après celle dont a été victime le président Emmanuel Macron en marge d'un déplacement dans le sud du pays. "C'est ça la France de Macron", insistent-ils.

Capture d'écran d'une publication Facebook, réalisée le 18 juin 2021

Cette vidéo a été partagée plus de 4.500 fois et cumule plus de 254.000 vues depuis le 15 juin (1, 2, 3). 

Un extrait d'une série politique française

Pourtant, cette vidéo ne montre pas une députée française se faisant gifler. En cherchant sur le moteur de recherches Google les mots scandés par les manifestants dans ces images ("dictature dorendiste"), on tombe sur plusieurs articles de médias français comme le Huffington Post ou le Parisien publiés le 8 ou le 9 juin, qui citent ces même termes. 

Tous font un parallèle entre la gifle reçue par le président français lors de son déplacement dans la Drôme (sud-est de la France) et la vidéo virale que nous vérifions… qui est en réalité "une scène de la série politique de Canal +" Baron Noir, comme l'explique le Huffington Post dans son article. 

Dans ces images tirées de la troisième saison de la série, un manifestant s'emporte contre la présidente française fictive Amélie Dorendeu, incarnée par Anna Mouglalis. Cette agression survient lors d'un bain de foule tumultueux avec des partisans de Christophe Mercier, un YouTubeur anti-système mis en scène par la série. 

Capture d'écran d'une vidéo Facebook, réalisée le 18 juin 2021

Il lui inflige peu après une claque retentissante, dans une scène qui ressemble très fortement - comme les médias français ne se sont pas privés de le faire remarquer - à celle qui a marqué le déplacement d’Emmanuel Macron à Tain-L'Hermitage.

Dans les deux cas, la scène s’ouvre sur des critiques à l’encontre du pouvoir en place, et se clôt sur l'agression de la personne représentant l'autorité de l'Etat. Dans les deux cas également, le président est mis en sécurité par les forces de l’ordre et son agresseur interpellé.

18 mois de prison, dont quatre fermes

Dans le cas de l'agression d’Emmanuel Macron, l’auteur de la gifle, Damien Tarel, a crié un slogan royaliste au moment de son geste: "Montjoie Saint-Denis". Placé en garde à vue, il a été jugé en comparution immédiate le 10 juin et condamné à 18 mois de prison dont quatre ferme, avec mandat de dépôt.

Lors de l’audience devant le tribunal correctionnel de Valence (Drôme), ce jeune homme de 28 ans a reconnu son ancrage à la droite du spectre politique, en assurant que son cri "Montjoie Saint-Denis" avait "fait référence au cri de ralliement historique des chevaliers français" mais aussi à "un slogan patriote". 

Jusque-là inconnu des services de la Justice, Damien Tarel s'est dit proche des gilets jaunes et assuré partager des "convictions politiques traditionnelles de droite ou d'ultradroite", selon le procureur de la République de Valence Alex Perrin.

Cette agression, relayée par les médias du monde entier (1, 2, 3, 4…), a suscité de nombreuses réactions dans le monde politique et a donné lieu à de multiples fausses nouvelles. Plusieurs d'entre elles ont depuis été vérifiées par l’AFP (1, 2, 3).

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