Pétrole : coup d'envoi de l'IPO d'Aramco le 17 novembre

Pétrole : coup d'envoi de l'IPO d'Aramco le 17 novembre©Boursier.com

, publié le lundi 11 novembre 2019 à 22h02

Les cours de l'or noir ont reculé lundi, sur fond de doutes sur un accord commercial entre les Etats-Unis et la Chine. Les investisseurs attendent en outre de connaître les détails financiers de l'introduction en Bourse d'Aramco, le géant pétrolier saoudien, dont la souscription des titres va commencer le 17 novembre, en vue de sa cotation début décembre sur le Tadawul, la Bourse de Riyad.

Le cours du baril de brut léger américain (WTI) a cédé lundi 0,66% à 56,86$ sur le Nymex (contrat à terme de décembre), tandis que le Brent de la mer du Nord a lâché 0,53% à 62,18$ (contrat à terme de janvier). La semaine dernière, le WTI avait regagné 1,7% dans l'espoir d'un accord commercial rapide entre les Etats-Unis et la Chine.

Le doute s'est toutefois insinué en fin de semaine, des sources américaines évoquant un report jusqu'en décembre de la signature de l'accord, initialement attendue en novembre. En outre, Donald Trump a démenti jeudi que cet accord dit de "Phase 1" comprendrait un calendrier de retrait progressif des barrières douanières érigées depuis 16 mois entre les Etats-Unis et la Chine. Pékin avait précédemment affirmé que ces engagement figurerait dans le texte, ce qui avait rassuré les marchés financiers...

Donald Trump a remis la pression samedi, en affirmant que Washington ne signerait un accord avec la Chine qu'à la condition qu'il soit favorable aux Etats-Unis.

Pas encore de précisions sur le prix et nombre de titres Aramco vendus

Les investisseurs sont par ailleurs dans l'attente de l'introduction en Bourse d'Aramco, le géant saoudien, dont le document de base a été publié samedi en vue de sa cotation à la Bourse de Riyad en décembre. Le prospectus a indiqué que la réservation de titres Aramco commencera le 17 novembre pour s'achever le 4 décembre. Aramco déterminera une échelle de prix pour les actions le 17 novembre, et le prix final sera arrêté le 5 décembre, a précisé ce document de 658 pages.

En revanche, la compagnie d'Etat saoudienne n'a pas précisé quelle part du capital sera concernée par l'opération, qui s'annonce d'ores et déjà comme le plus importante de tous les temps. Selon la presse, l'Arabie saoudite espère ainsi lever de 20 à 40 milliards de dollars en plaçant en Bourse de Riyad 1% à 2% du capital de la compagnie pétrolière.

Aramco reconnaît que la demande pétrolière va reculer à long terme

Parmi les informations figurant dans le prospectus publié par Aramco, figure pour la première fois la reconnaissance que la demande mondiale de pétrole pourrait atteindre un sommet dans 20 ans avant de subir une lente érosion sous l'effet du développement d'autres sources d'énergie.

Aramco cite notamment un document du cabinet de consultants IHS Markit, qui prévoit un pic de la demande autour de 2035, et présente un graphique où la demande pétrolière mondiale est inférieure en 2045 à son niveau de 2040.

En février dernier, le patron d'Aramco, Amin Nasser, démentait encore tout risque concernant un baisse de la demande pétrolière, affirmant que ce type de prévision n'était "pas basé sur la logique et les faits" et qu'il relevait "essentiellement d'une réponse à la pression et au battage médiatique".

Un poids-lourd dont la valorisation est difficile

Aramco, qui produit environ 10% du pétrole mondial, est considérée comme le joyau économique du royaume saoudien, premier exportateur mondial de brut, et le pilier de sa stabilité économique et sociale. Le Prince héritier Mohamed ben Salmane compte sur le succès de l'introduction en Bourse pour assurer financer son ambitieux "Plan Vision 2030" de développement économique, destiné à rendre le royaume moins dépendant du pétrole dans les décennies à venir.

"MBS" espérait initialement voir Aramco valorisée 2.000 milliards de dollars, et comptait en vendre 5%, ce qui aurait rapporté quelque 100 Mds$. Cependant, les cours déprimés du pétrole et les soubresauts boursiers ont entraîné plusieurs reports de l'IPO depuis deux ans.

Désormais, les évaluations des banques internationales impliquées dans l'ouverture de capital, dévoilées récemment par 'Bloomberg', montrent qu'elles ont eu du mal à valoriser le géant pétrolier saoudien. Ainsi, BNP-Paribas valorise Aramco à 1.420 Mds$, Bank of America entre 1.200 et 2.270 Mds$, Goldman Sachs entre 1.600 et 2.300 Mds$ et HSBC entre 1.590 et 2.100 Mds$. Quoi qu'il en soit, Aramco devrait détenir la palme de la première valorisation mondiale devant l'Américain Apple, même si son flottant (le pourcentage de titres négociables en Bourse) sera très réduit par rapport à celui de la firme à la pomme.

La Chine pourrait investir 10 Mds$ dans Aramco

On ignore encore le degré d'appétit des grands investisseurs pour l'action Aramco. Parmi les plus réticents, figure le fonds souverain norvégien, le plus gros au monde, qui a annoncé son intention de ne pas investir dans Aramco.

En revanche, la Chine, premier importateur mondial de pétrole, pourrait placer dans l'opération jusqu'à 10 milliards de dollars par l'intermédiaire de fonds souverains et d'autres entreprises d'Etat, selon l'agence 'Bloomberg'.

En 2018, Aramco a réalisé un bénéfice net de 111,1 Mds$, ce qui constitue le plus important profit du monde. Toutefois, au cours des neuf premiers mois de 2019, son bénéfice net a reculé de 18% pour s'établir à 68,2 Mds$.

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