Les propos de Claude Guéant ont suscité un scandale sans précédent à l'Assemblée
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Le scandale prend un tour inédit dans l'histoire de la Ve République. Mardi, le gouvernement, et les députés UMP à sa suite, ont quitté l'Assemblée nationale avec fracas. A l'origine de ce coup d'éclat sans précédent, la réaction d'un député aux récents propos de Claude Guéant. Serge Letchimy, élu (apparenté PS) de Martinique, a comparé la sortie du ministre sur les "civilisations" à l'idéologie nazie. "M. Guéant, vous nous ramenez jour après jour à ces idéologies européennes qui ont donné naissance aux camps de concentration", a assené le député lors de la séance de questions au gouvernement. Cette déclaration a semé la pagaille dans les rangs de majorité et le président de l'Assemblée, Bernard Accoyer, a vainement tenté de ramener l'ordre, avant de devoir suspendre la séance.
François Fillon a été le premier à quitter l'hémicycle. Le Premier ministre exige désormais des excuses du groupe PS. Pour Claude Guéant, qui a réagi quelques minutes après l'incident, "les limites de l'inadmissible ont été dépassées". Il dénonce une "instrumentalisation de la Shoah".
Mais du côté de la gauche, pas question de s'excuser. Pour l'opposition, tout est de la faute du ministre de l'Intérieur, accusé d'entretenir un climat délétère à coups de petites phrases douteuses. François Hollande, interrogé au 20 Heures de France 2, reconnaît une "provocation" du député de Martinique. Mais explique que celui-ci s'est senti "blessé et humilié" par les propos de Claude Guéant. Le candidat accuse le ministre d'"entretenir les haines, les divisions et les passions". "Un ministre de l'Intérieur devrait mettre le pays en bon ordre, souligne François Hollande. Au lieu de cela, il vient attiser le feu".
Claude Guéant a mis le feu aux poudres, le week-end dernier, en affirmant que "toutes les civilisations ne se valent pas". Une idée assumée, depuis, par l'UMP. Nicolas Sarkozy lui-même défend le "bons sens" de son ministre.
Mais, à 75 jours de la présidentielle, et malgré la popularité de Marine Le Pen dans les sondages, la droite se défend toujours de chasser sur les terres du Front national.
Julie Coste / DioraNews (DioraNews)