Claude Guéant a persisté dimanche dans son jugement que "toutes les civilisations ne se valent pas"
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"Contrairement à ce que dit l'idéologie relativiste de gauche, pour nous, toutes les civilisations ne se valent pas". Les propos tenus par Claude Guéant samedi soir devant l'association d'étudiants de droite Uni ont déclenché une vive polémique. Le ministre de l'Intérieur a persisté dans son jugement dimanche sur RTL. "Je ne regrette pas" ces propos "mais je regrette que certains à gauche continuent à extraire des petites phrases de leur contexte et enlèvent ainsi à la dignité du débat démocratique".
Si Claude Guéant a assuré dimanche sur France Inter qu'il "ne vis(ait) aucune culture en particulier", il a pourtant choisi ses exemples dans l'Islam, évoquant les prières de rue et le voile intégral, des pratiques selon lui "gênant(es)" pour les Français. Le patron de la place Beauvau en a profité pour critiquer la complaisance des socialistes qui ont refusé de voter l'interdiction de ces pratiques. Et de poursuivre sur les civilisations : "Celles qui défendent l'humanité nous paraissent plus avancées que celles qui la nient", a-t-il argumenté, ajoutant : "celles qui défendent la liberté, l'égalité et la fraternité, nous paraissent supérieures à celles qui acceptent la tyrannie, la minorité des femmes, la haine sociale ou ethnique".
Aussitôt, Harlem Désir est monté au créneau. Le numéro 2 du PS y voit "la provocation pitoyable d'un ministre réduit à rabatteur de voix FN". Un porte-parole de François Hollande, Bernard Cazeneuve, a estimé que "théoriser le conflit des civilisations, c'est diviser et abaisser la République". Pour Ségolène Royal, ce sont "des propos obscurantistes et dangereux, parce que derrière le choc des civilisations, il y a la guerre". De son côté, SOS Racisme dit "espérer un démenti urgent" des propos. Enfin, le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples a lui "décerné le triple A de l'escalade xénophobe" au ministre qui a "théorisé sur l'inégalité des civilisations".
Dans la majorité au contraire, nombreux ministres ont apporté leur soutien. "Dire que le respect de la personne, dire que le refus de la violence, dire que le refus de la peine de mort par exemple hiérarchisent des comportements, des cultures, des civilisations me paraît d'une banalité totale", assure Gérard Longuet. François Baroin, lui, dénonce "une exploitation électorale des déclarations" de son collègue à Matignon, "un profond républicain". Ces derniers temps, Claude Guéant a suscité la controverse sur des sujets connexes, déclarant notamment en avril que l'augmentation du nombre de fidèles musulmans posait "problème", ou en mai que "les deux tiers des échecs scolaires, c'est l'échec d'enfants d'immigrés".