François Hollande a jugé la hausse de la TVA "inopportune, injuste, infondée et improvisée"
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Une hausse de la TVA "inopportune, injuste, infondée et improvisée". C'est en ces termes que François Hollande a jugé lundi l'annonce faite la veille par le président. Nicolas Sarkozy a confirmé une hausse de 1,6 point de la TVA de 19,6% à 21,2% (sauf pour les produits de première nécessité), et de 2 points de la CSG sur les produits financiers. "Ça fait beaucoup", a déclaré le candidat PS à l'Elysée lors d'une conférence de presse à Brest, confirmant que s'il remportait l'élection présidentielle, il "demanderait au Parlement de l'annuler".
Cette hausse doit financer la baisse des charges patronales. Objectif : alléger le coût du travail pour les employeurs, améliorer la compétitivité des entreprises donc relancer la croissance et l'emploi. "Augmenter la TVA d'1,6 point ne changera rien à l'état de notre économie, mais affaiblira encore la croissance et sera une mesure injuste de plus", a prononcé François Hollande lors d'un discours devant 2 000 personnes, où il a attaqué frontalement le chef de l'Etat. Le député corrézien a jugé cette hausse de TVA "inopportune au moment même où la croissance se ralentit, de l'aveu même du Premier ministre" qui table désormais sur une hausse de 0,5% du PIB en 2012, au lieu du 1% prévu initialement.
François Hollande a également qualifié la hausse d'"improvisée", car "la hausse est décidée tout de suite mais appliquée au mois d'octobre". S'il n'y a "aucune répercussion sur les prix", comme l'a affirmé le président, "alors, pourquoi renvoyer ça au mois d'octobre?", s'est-il interrogé. "La TVA baisse pour la restauration, elle augmente pour tous les Français. Il y a une perte de temps pour la banque publique d'investissements, et que dire des allègements fiscaux et de tous les prélèvements fiscaux qui s'abattent sur les Français".
Au lendemain de l'intervention présidentielle, qui a réuni 16,5 millions de téléspectateurs sur six chaînes, le Parti socialiste a tiré à boulets rouges. Martine Aubry a expliqué lundi qu'elle avait trouvé Nicolas Sarkozy "un peu perdu" "crispé" et "fébrile" lors de son intervention télévisée. La Première secrétaire du PS a critiqué des mesures prises "dans l'improvisation". Dans son sillage, l'ex-Premier ministre Laurent Fabius a dénoncé lundi sur Europe 1 la hausse de la TVA, rebaptisée "TVA Sarkozy" et jugée "injuste, inefficace et peu démocratique".
A l'opposé, Alain Juppé a estimé lundi à Bordeaux que Nicolas Sarkozy a été "à la fois cohérent et audacieux". Concernant la hausse de la TVA, si le ministre des Affaires étrangères a reconnu que "cette mesure est impopulaire", il a en revanche indiqué que "c'est un atout considérable à l'exportation [...] c'est une mesure très puissante et cela joue en revanche en sens inverse à l'importation, cette mesure est favorable à l'emploi car elle soutient la compétitivité des produits français sur les marchés européens et bien au-delà".