L'aéroport de Lyon, paralysé par la grève des agents de sûreté en décembre dernier
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Faut-il encadrer le droit de grève dans les aéroports ? Les députés débattaient mardi de la question. Ils planchent sur une proposition de loi d'Eric Diard (UMP). La majorité a déjà fait adopter le "service minimum" à la SNCF et la RATP, et souhaiterait en faire autant dans le transport aérien.
En réalité, le gouvernement n'a pas le droit de contraindre les entreprises de transports à assurer un service minimum, puisqu'elles n'ont pas une mission de service public. Mais le texte pose des conditions plus restrictives pour faire grève. Il faudra déposer une déclaration individuelle de participation 48 heures avant. Côté employeur, les prévisions de trafic devront être annoncées au moins 24 heures avant le début des perturbations.
Le secteur aérien "reste conflictuel", justifie Eric Diard, et "il suffit qu'une seule profession soit défaillante pour que toute la chaîne le soit". Et de rappeler les récents mouvements qui ont perturbé les aéroports, comme celui des agents de sûreté, en décembre.
La gauche et les syndicats sont contre ce projet, qu'ils assimilent à une entrave au droit de grève. Le député PS de Seine-Saint-Denis Daniel Goldberg dénonce "un cheval de Troie pour la mise à mal du droit de grève". Pour lui, le texte n'a "qu'une portée médiatique d'affichage préélectoral inapplicable dans les faits". Même son de cloche chez Pierre Gosnat, député PCF-Parti de gauche du Val-de-Marne, qui dénonce "une nouvelle entaille extrêmement grave au droit de grève", pour des "motifs électoralistes", et qui "va exacerber les tensions".
Le syndicat du personnel naviguant SNPNC-FO s'indigne aussi. "Le gouvernement, par cette fâcheuse initiative, cherche à contourner le droit de grève, explique sa présidente Fatiha Aggoune-Schneider au nouvelobs.com. Certes il n'attaque pas de façon frontale, mais cela revient au même. L'entreprise pourrait, puis qu'elle serait informée en amont, prévoir les ajustements nécessaires à son fonctionnement, ainsi la grève n'aurait aucun impact. Et les revendications ne seraient plus prise en compte."
Les voyageurs pourraient être moins hostiles au projet. Car la loi de 2007, qui a introduit le "service minimum" à la SNCF et la RATP, porte ses fruits. Désormais, les mouvements sociaux paralysent moins le trafic, selon Le Figaro. Avec l'obligation de se déclarer gréviste 48 heures à l'avance, les entreprises anticipent mieux les perturbations. Les usagers sont également mieux informés.
Dans les aéroports, ils devront bientôt prendre à nouveau leur mal en patience. Car les syndicats ont déposé un préavis de grève du 6 au 9 février.
Julie Coste / DioraNews (DioraNews)